Bon. Comment dire.
A en croire la jaquette du DVD, "Kinshasa is calling" et en plus elle nous appelle pour voir le "Meilleur film africain de l'année des MTV Awards". Je suis franchement pas experte en cinéma africain, mais disons que l'absence d'une réelle industrie cinématographique dans l'ensemble de ces pays est directement responsable de la qualité des films produits. Alors c'est pas la peine de me citer District 9 ou Highjack stories qui sont des cas vraiment à part (car sud-africains) ou encore les quelques réalisateurs dont on entend parler une fois par an (Mahamat Saleh Haroun, Abderrahmane Sissako...). Faut le dire, généralement, un film tourné et produit en Afrique, ça donne encore de nos jours ça ou bien ça, enfin bref, vous m'avez comprise.
Du coup, oui, Viva Riva! peut concourir dans la catégorie du meilleur film africain de l'année. La photo est franchement pas dégueu, super colorée et certains pourront éventuellement y trouver une ressemblance avec La cité de Dieu, genre au niveau du crépi décrépit...
Et alors donc, de quoi s'agit-il ? D'une histoire d'amour sur fond de Kinshasa en proie à une pénurie d'essence, de mafieux angolais qui recherchent notre héros, Riva, jeune beau gosse avec une espèce de tête ronde à la Usher, pas mal de cran et beaucoup d'assurance (qu'il tire des liasses de billets qu'il a gagnées en rapportant de l'essence d'Angola, justement). Il tombe amoureux d'une belle métisse aux cheveux rouges, qui sort avec le loubard local. Va y avoir de l'action. Voilà le film est terminé.
Sérieux, l'intrigue est super fine et les personnages pas très creusés. On y retrouve comme souvent le bolosse de service, le meilleur ami de Riva, qui met sa chemise saumon et sa cravate pour aller voir les putes, y a aussi un méchant qui se prend pour Snoop Dogg. Ah si quand même, il faut dire que les scènes de cul sont plutôt créatives : elles sont peu nombreuses mais toujours réussies (c'est pas une blague).
Le film ne durait qu'1h38, mais on a presque réussi à s'ennuyer. Pourtant c'était pas à défaut de gags sur les fonctionnaires corrompus, la pénurie de taxis et les imbéciles en tout genre.
Allez, j'irai tout de même pas jusqu'au Tib en berne, je mets un Juste tib pour l'effort.
Tib est une contrepitrerie. Tib-O-Rama est un cinéblog, écrit par une cinétibe peu avertie qui défend ou dégomme les films qu'elle croise. Souvent sans arguments, d'ailleurs...
1 mai 2012
29 avril 2012
2 days in New York - Julie Delpy - 2012
Tout le monde n'aime pas Julie Delpy. Et je peux le comprendre. Elle a quand même un léger petit côté égocentrico-hystérique qui peut faire peur. Mais on est tous un peu comme ça dans le fond, alors c'est pas moi qui vais lui en vouloir.Two days in New York suit Two days in Paris, Marion a quitté Jack pour se recaser avec Mingus (Chris Rock, qui, même s'il a porté des chemises ringardes en soie pendant ses one man shows des années 80 ne doit surtout pas être confondu avec Chris Tucker, qui lui est Le ringard absolu). Et le pauvre mingus va prendre en pleine face la famille française de sa dulcinée, venue leur rendre visite.
Le papa (Albert Delpy) en franchouillard crado, anarchiste et lubrique, la sœur Rose (Alexia Landeau) en pédopsychiatre gaffeuse, tarée et donneuse de leçons, accompagnée de son insupportable/excellent copain ringard, bête et tellement désolé de n'être ni noir ni américain. L'arrivée de tout ce petit monde va créer l'effervescence.
Dans ce film, la comparaison avec Woody Allen est plutôt facile, mais en même temps assez évidente : le réalisateur/personnage principal est pris dans un tourbillon de pensées, de conversations, de scènes loufoques... à Paris, cette touche 'Delpy' était déjà présente mais perso, j'avais jamais fait le rapprochement, par contre dans un appartement new-yorkais, là ça saute aux yeux.
Ce qui m'a particulièrement plus, au-delà du fait que le film est en soi assez rafraichissant, drôle et bien rythmé (sauf la dernière 1/2 heure), c'est la manière dont cette famille de gros casse-couilles fait trembler la petite cellule du couple, jusque là soudée. Mingus est moralement exigent et Marion met quelques unes de ses valeurs en sourdine, le temps de la visite, histoire de contenter tout le monde. Du coup, ça clashe et l'histoire sort un peu du simple portrait d'une famille Groseille sympatoche.
Moi je dis youpi !
28 avril 2012
I wish - Hirokazu Kore-Eda - 2012
Autant annoncer de suite la couleur, ce film n'a à mon avis pas grand intérêt en termes stylistique ou scénaristique. Disons cependant qu'il est plus intéressant d'un point de vue sociétal. C'est un peu comme mater un documentaire sur le Japon contemporain, quoi. On y voit le quotidien d'un couple séparé, chacun ayant la charge d'un de leurs deux garçons. Enfin c'est plutôt le quotidien des gosses qu'on voit. Et il faut le dire, ils sont trop mignons et jouent vraiment bien, à la différence de certains...
Les deux frères, Goichi et Ryoonosuke, souffrent un peu de l'éloignement, mais chacun a choisi la parent avec lequel il voulait vivre. Ils se passent des coups de fil en sortant de la piscine municipale tout en bouffant des glaces. Goichi le bouboule vit pépèrement avec sa mère chez ses grands-parents tandis que Ryoonosuke vit chez son père, le beatnik rockeur pas capable de faire une lessive.
Outre l'histoire un peu cucu du Shinkansen qui réaliserait les rêves, I wish est surtout l'occasion pour nous spectateurs occidentaux de zyeuter un peu plus dans la société japonaise, la banale, celle où les mecs chelous déguisés en poupées, les yakuzas, la technologie et autres centrales radioactives n'ont pas trop de raison d'être visibles.
On y découvre la vie dans une petite province calme du pays, parmi des papis pâtissiers qui veulent se faire un peu de beurre pour l'arrivée du TGV. Tout tourne autour de la famille, visiblement un thème récurrent chez Kore-Eda, qui avait sorti Still walking en 2008. Ce joli film traitait lui aussi des liens de famille et de l'évolution de chacun de ses membres, de la tradition culinaire et des traditions culturelles japonaises en général.
En bref, c'est un petit film gentil. Si vous devez choisir, regardez plutôt Still walking.
Les deux frères, Goichi et Ryoonosuke, souffrent un peu de l'éloignement, mais chacun a choisi la parent avec lequel il voulait vivre. Ils se passent des coups de fil en sortant de la piscine municipale tout en bouffant des glaces. Goichi le bouboule vit pépèrement avec sa mère chez ses grands-parents tandis que Ryoonosuke vit chez son père, le beatnik rockeur pas capable de faire une lessive.
Outre l'histoire un peu cucu du Shinkansen qui réaliserait les rêves, I wish est surtout l'occasion pour nous spectateurs occidentaux de zyeuter un peu plus dans la société japonaise, la banale, celle où les mecs chelous déguisés en poupées, les yakuzas, la technologie et autres centrales radioactives n'ont pas trop de raison d'être visibles.
On y découvre la vie dans une petite province calme du pays, parmi des papis pâtissiers qui veulent se faire un peu de beurre pour l'arrivée du TGV. Tout tourne autour de la famille, visiblement un thème récurrent chez Kore-Eda, qui avait sorti Still walking en 2008. Ce joli film traitait lui aussi des liens de famille et de l'évolution de chacun de ses membres, de la tradition culinaire et des traditions culturelles japonaises en général.
En bref, c'est un petit film gentil. Si vous devez choisir, regardez plutôt Still walking.
16 avril 2012
My week with Marilyn - Simon Curtis - 2012
My week with Marilyn raconte une semaine de la vie de Marilyn Monroe et de son coup de cœur du moment, le futur documentariste Colin Clark, à l'époque 3e assistant sur un film qu'elle tournait en Angleterre. Le présent film est une adaptation du bouquin de Clark, dans lequel il racontait cette aventure avec la superstar de l'époque. Voilà pour le scénario.
Côté réalisateur, Simon Curtis a, d'après mes tablettes, une filmographie pleine de séries TV et de téléfilms, et disons que ça se ressent. Le film ici présent est loin d'être raté, disons qu'il est très explicatif et démonstratif, propret, tiède, sans plus, moué. Oui, les années 60 c'est super à la mode en ce moment, mais ça suffit pas. La réalisation, c'est torché, misons plutôt sur les personnages, Simon !
Et là, heureusement que le casting met un peu d'étoiles dans les yeux, parce que sinon j'aurais frôlé l'ennui. Le choix des acteurs est à base de rosbif, vu que ledit film de Laurence Olivier, Le prince et la danseuse, était tourné en Angleterre. On va même y retrouver la meuf d'Harry Potter qui n'était pas à son avantage et... aurait dû rester à Poudlard.
Les deux acteurs principaux tiennent le film. Point barre. Y a aussi Kenneth Branagh en Laurence Olivier mais bon, heu, moué, bof.
On a d'un côté le pimpant, fringant, croquant Eddie Redmayne. Putain quel charme. Who putain, pourtant les peaux laiteuses, c'est pas mon rayon. Vous l'avez peut-être chopé sur Canal dans les Piliers de la terre (où il était question de bâtir des cathédrales et d'un clergé véreux et cupide). Il y jouait un fils de sorcière à la tête de feu. Et d'ailleurs My week with Marilyn est l'un de ses rares rôles dans un costume moderne (sans cotte de maille, j'entends). Le Moyen-Age faut croire que ça colle à la peau. Ou alors, c'est qu'il a une pure tête de mec du moyen-age, je sais pas...
De l'autre côté, c'est Michelle Williams qui incarne Marilyn. Ivre ou défoncée aux calmants, yeux de biche, sourire ingénu, tout y passe, on retrouve bien la star. Dans sa jeunesse, Michmich est allée à l'école de Dawson's Creek, puis elle a joué la femme éperdue dans Le secret de Brokeback Mountain (y avait de quoi !), et après aussi dans Shutter Island, bref, c'était une gentille abonnée aux seconds rôles de pleurnicharde.
Attention, minute féministe ! En même temps, tout le monde sait bien que les femmes sont les seconds rôles de la vie, hein...
Oui bon, et donc tout ça pour dire, comme on est tombé d'accord avec ma bande du ciné, c'était pas le film de l'année, mais c'était quand même sympa.
Côté réalisateur, Simon Curtis a, d'après mes tablettes, une filmographie pleine de séries TV et de téléfilms, et disons que ça se ressent. Le film ici présent est loin d'être raté, disons qu'il est très explicatif et démonstratif, propret, tiède, sans plus, moué. Oui, les années 60 c'est super à la mode en ce moment, mais ça suffit pas. La réalisation, c'est torché, misons plutôt sur les personnages, Simon !
Et là, heureusement que le casting met un peu d'étoiles dans les yeux, parce que sinon j'aurais frôlé l'ennui. Le choix des acteurs est à base de rosbif, vu que ledit film de Laurence Olivier, Le prince et la danseuse, était tourné en Angleterre. On va même y retrouver la meuf d'Harry Potter qui n'était pas à son avantage et... aurait dû rester à Poudlard.
Les deux acteurs principaux tiennent le film. Point barre. Y a aussi Kenneth Branagh en Laurence Olivier mais bon, heu, moué, bof.
On a d'un côté le pimpant, fringant, croquant Eddie Redmayne. Putain quel charme. Who putain, pourtant les peaux laiteuses, c'est pas mon rayon. Vous l'avez peut-être chopé sur Canal dans les Piliers de la terre (où il était question de bâtir des cathédrales et d'un clergé véreux et cupide). Il y jouait un fils de sorcière à la tête de feu. Et d'ailleurs My week with Marilyn est l'un de ses rares rôles dans un costume moderne (sans cotte de maille, j'entends). Le Moyen-Age faut croire que ça colle à la peau. Ou alors, c'est qu'il a une pure tête de mec du moyen-age, je sais pas...
De l'autre côté, c'est Michelle Williams qui incarne Marilyn. Ivre ou défoncée aux calmants, yeux de biche, sourire ingénu, tout y passe, on retrouve bien la star. Dans sa jeunesse, Michmich est allée à l'école de Dawson's Creek, puis elle a joué la femme éperdue dans Le secret de Brokeback Mountain (y avait de quoi !), et après aussi dans Shutter Island, bref, c'était une gentille abonnée aux seconds rôles de pleurnicharde.
Attention, minute féministe ! En même temps, tout le monde sait bien que les femmes sont les seconds rôles de la vie, hein...
Oui bon, et donc tout ça pour dire, comme on est tombé d'accord avec ma bande du ciné, c'était pas le film de l'année, mais c'était quand même sympa.
3 mars 2012
Le territoire des loups - Joe Carnahan - 2012
Un bon film !! Ca y est !! J'ai enfin vu un bon film !! Putain que ça fait du bien.
Dans "The Grey" (titre original), tout part d'un scénario relativement simple : un groupe d'hommes livrés à eux-mêmes dans un milieu hostile (la montagne, un paquebot...) et/ou face à un animal sauvage (requin, piranha, zombie, anaconda, choisissez votre phobie !), ici en l'occurrence le loup. Le groupe perd des têtes tout au long du film et on se doute bien dès le départ qu'au final il en restera pas énormément. Déjà vu.
Sauf que comme dirait mon oreillette, y a pas de mauvais scénarios, y a que des mauvais traitements. Et il faut dire que cette phrase s'applique parfaitement au Territoire des loups. Le scénario est simple, mais la réalisation parfaite, précise, efficace, rythmée, donne tout son souffle à l'histoire et tient le spectateur en haleine pendant presque deux heures. J'entendais régulièrement les gens exprimer leur soulagement après le véritable stress engendré par certaines scènes, cette espèce de rire nerveux qu'on lâche pour libérer une pression. Je l'ai moi-même lâché ce rire, j'avais des impatiences dans les jambes, je serrais les mains, j'ai vécu le film, il m'a emportée en Alaska, aux côtés de John Ottway (interprété par le parfait Liam Neeson sur les épaules duquel repose quand même tout le film, à ne pas confondre avec Leslie Nielsen, please).
Alaska, sur une site de forage pétrolier enneigé et glacial. Tout commence par une présentation rapide mais super efficace du personnage principal. Solitaire, mélancolique, meurtri, profondément triste. J'ai accroché dès le début. Tout s'est réchauffé.
Il est employé à sniper les loups qui peuvent se jeter sur les travailleurs, ça tombe bien, il va devoir les affronter à mains nues pendant plusieurs jours. Car l'avion qui devait ramener un tas d'employés à la civilisation se crashe en pleine toundra et il ne reste déjà plus que sept mecs en lice.
Mais revenons un instant sur la scène du crash. La scène du crash quoi !!
D'une intensité et d'une concision rares, pas d'explosions à tout va, pas d'hystérie, pas de plans superflus, une force et une efficacité qui m'ont soulevé le cœur, même les fauteuils de la salle retenaient leur souffle. Dans les 20 premières minutes du film, on a déjà ressenti plus de choses dans sa carcasse qu'en 20 films français (et bim).
Et c'est pareil tout le reste du film, les loups attaquent, encerclent, hurlent, se font oublier le temps de creuser les personnages, puis reviennent soudain. La nature en rajoute une couche, le groupe se délite, l'homme fait face à sa vulnérabilité physique comme mentale et se questionne, interroge sa foi, sa vie, ce qui le meut, la nécessité (ou non) de sa survie en somme. La religion est rapidement abordée, la famille et l'amour, bien qu'esquissés tout du long, prennent toute leur ampleur dans la scène finale (où j'ai failli chialer).
Effi-ca-ci-té, je vous dis. Ça fait du bien.
Dans "The Grey" (titre original), tout part d'un scénario relativement simple : un groupe d'hommes livrés à eux-mêmes dans un milieu hostile (la montagne, un paquebot...) et/ou face à un animal sauvage (requin, piranha, zombie, anaconda, choisissez votre phobie !), ici en l'occurrence le loup. Le groupe perd des têtes tout au long du film et on se doute bien dès le départ qu'au final il en restera pas énormément. Déjà vu.
Sauf que comme dirait mon oreillette, y a pas de mauvais scénarios, y a que des mauvais traitements. Et il faut dire que cette phrase s'applique parfaitement au Territoire des loups. Le scénario est simple, mais la réalisation parfaite, précise, efficace, rythmée, donne tout son souffle à l'histoire et tient le spectateur en haleine pendant presque deux heures. J'entendais régulièrement les gens exprimer leur soulagement après le véritable stress engendré par certaines scènes, cette espèce de rire nerveux qu'on lâche pour libérer une pression. Je l'ai moi-même lâché ce rire, j'avais des impatiences dans les jambes, je serrais les mains, j'ai vécu le film, il m'a emportée en Alaska, aux côtés de John Ottway (interprété par le parfait Liam Neeson sur les épaules duquel repose quand même tout le film, à ne pas confondre avec Leslie Nielsen, please).
Alaska, sur une site de forage pétrolier enneigé et glacial. Tout commence par une présentation rapide mais super efficace du personnage principal. Solitaire, mélancolique, meurtri, profondément triste. J'ai accroché dès le début. Tout s'est réchauffé.
Il est employé à sniper les loups qui peuvent se jeter sur les travailleurs, ça tombe bien, il va devoir les affronter à mains nues pendant plusieurs jours. Car l'avion qui devait ramener un tas d'employés à la civilisation se crashe en pleine toundra et il ne reste déjà plus que sept mecs en lice.
Mais revenons un instant sur la scène du crash. La scène du crash quoi !!
D'une intensité et d'une concision rares, pas d'explosions à tout va, pas d'hystérie, pas de plans superflus, une force et une efficacité qui m'ont soulevé le cœur, même les fauteuils de la salle retenaient leur souffle. Dans les 20 premières minutes du film, on a déjà ressenti plus de choses dans sa carcasse qu'en 20 films français (et bim).
Et c'est pareil tout le reste du film, les loups attaquent, encerclent, hurlent, se font oublier le temps de creuser les personnages, puis reviennent soudain. La nature en rajoute une couche, le groupe se délite, l'homme fait face à sa vulnérabilité physique comme mentale et se questionne, interroge sa foi, sa vie, ce qui le meut, la nécessité (ou non) de sa survie en somme. La religion est rapidement abordée, la famille et l'amour, bien qu'esquissés tout du long, prennent toute leur ampleur dans la scène finale (où j'ai failli chialer).
Effi-ca-ci-té, je vous dis. Ça fait du bien.
1 mars 2012
Bullhead - 2012 - Michael R. Roskam
Ce film était en compétition aux Oscars dans la catégorie Meilleur film en langue
étrangère. Il y côtoyait d'ailleurs La guerre est déclarée (heureusement
que Tib-O-Rama était en sommeil lors de sa sortie, sinon y aurait
encore du vomi et de la salive plein le blog), Omar m'a tuer ou Une séparation (la vainqueur).
Fin de la parenthèse glamour, mettez votre smoking au placard et enfilez vos bottes.
Rundskop est un film belge, issu de la branche flamande de la famille, donc pas de sympathiques gaufrrres, pas de frrrites, pas de Une fouè au portillon. De ce côté, on va plutôt trouver des putes dans des boites rouges et du bœuf aux hormones.
Pour ce qui est de l'ambiance visuelle, il suffit de regarder la page des photos du film sur Imdb et vous aurez immédiatement le cafard. Si j'en crois les films des frères Dardenne et le fait de n'avoir jamais mis le pied en Belgique, je commence à me dire que le soleil n'y brille simplement jamais et que le Plat pays n'a juste pas encore accès à la couleur. Tout ça pour dire que la photo est franchement beige/grise avec une pointe de verni mat et désaturé, le tout aidant à sentir la chape de merde que le héros porte sur ses épaules.
A travers un portrait de l'élevage intensif et de la mafia des hormones locale, plutôt tentaculaire et bien installée, le réalisateur aborde en parallèle le besoin vital de faire partie de la communauté des Hommes. Aimer et être aimé, comme tout un chacun. Ce qui est d'autant plus difficile quand on est Jacky Vanmarsenille, le personnage principal, un gros balèze qui a subi un épisode plus que traumatique dans son enfance et se shoote à la testostérone pour ne pas avoir l'air d'une anguille. Comme il élève lui-même des vaches à viande de manière peu naturelle, comme le faisait déjà son père, disons que c'est une sorte d'Obélix tombé dans la marmite aux hormones. Jacky est un inadapté, il a l’œil torve, le nez pété, le torse gonflé, il bouillonne de violence comme une vieille cocotte minute pleine de waterzooï. C'est bien ça qui nous le rend si attachant, quand-même, il faut le dire.
Au final, si le film équilibre plutôt bien les deux trames de l'histoire (embrouille de mafieux/trajectoire du gentil golgoth entrainé malgré lui dans leur spirale infernale), le tout reste quand même plombant et pas très joli.
Tout ce que je dirai, c'est que c'était mieux que la bande-annonce ne me le laissait penser...
Fin de la parenthèse glamour, mettez votre smoking au placard et enfilez vos bottes.
Rundskop est un film belge, issu de la branche flamande de la famille, donc pas de sympathiques gaufrrres, pas de frrrites, pas de Une fouè au portillon. De ce côté, on va plutôt trouver des putes dans des boites rouges et du bœuf aux hormones.
Pour ce qui est de l'ambiance visuelle, il suffit de regarder la page des photos du film sur Imdb et vous aurez immédiatement le cafard. Si j'en crois les films des frères Dardenne et le fait de n'avoir jamais mis le pied en Belgique, je commence à me dire que le soleil n'y brille simplement jamais et que le Plat pays n'a juste pas encore accès à la couleur. Tout ça pour dire que la photo est franchement beige/grise avec une pointe de verni mat et désaturé, le tout aidant à sentir la chape de merde que le héros porte sur ses épaules.
A travers un portrait de l'élevage intensif et de la mafia des hormones locale, plutôt tentaculaire et bien installée, le réalisateur aborde en parallèle le besoin vital de faire partie de la communauté des Hommes. Aimer et être aimé, comme tout un chacun. Ce qui est d'autant plus difficile quand on est Jacky Vanmarsenille, le personnage principal, un gros balèze qui a subi un épisode plus que traumatique dans son enfance et se shoote à la testostérone pour ne pas avoir l'air d'une anguille. Comme il élève lui-même des vaches à viande de manière peu naturelle, comme le faisait déjà son père, disons que c'est une sorte d'Obélix tombé dans la marmite aux hormones. Jacky est un inadapté, il a l’œil torve, le nez pété, le torse gonflé, il bouillonne de violence comme une vieille cocotte minute pleine de waterzooï. C'est bien ça qui nous le rend si attachant, quand-même, il faut le dire.
Au final, si le film équilibre plutôt bien les deux trames de l'histoire (embrouille de mafieux/trajectoire du gentil golgoth entrainé malgré lui dans leur spirale infernale), le tout reste quand même plombant et pas très joli.
Tout ce que je dirai, c'est que c'était mieux que la bande-annonce ne me le laissait penser...
21 février 2012
La Taupe - Tomas Alfredson - 2012
J'ai rarement vu un film vu un dimanche ressembler autant lui-même à un dimanche (en Allemagne avec un Derick à la téloche).
Me suis fait chier.
Je sais pas si c'est l'image poussiéreuse jaunie spéciale années 70 ou si c'est les pattes d'eph et les coupes de merde desdites années qui m'ont plongée dans une douce léthargie (sans parler de mon voisin de chambrée qui a carrément récupéré de sa courte nuit dans les fauteuils du MK2) mais, maintenant, c'est sûr, la Guerre froide m'a tuer.
Un petit résumé du film pour ceux qui aimeraient tout de même le voir vu la pub qu'on lui fait autour de la prestation de Gary Oldman.
La patron du MI6 (John Hurt, à ne pas confondre avec Gandalf qui lui ressemble grââve) se fait virer après une petite boucherie dans un pays de l'Est. Son fidèle bras droit, Georges Smiley (Gary Oldman) est cependant réembauché par le Prime Minister qui pense que René la Taupe a creusé des galeries sous les locaux des services secrets de sa Majesté. Smiley mettra 2h à débusquer la taupe, mais il finira par l'emporter, après plusieurs revirements de situation et grâce à l'arrivée de Ricky Tarr, joué par un Tom Hardy peu mis en valeur en termes capillaires. Mais Tom, je te le pardonne, parce que d'une part c'est la faute à la costumière et puis en plus je t'aime bien.
J'en ai déjà bien assez dit.
A plus, ma tib !
Me suis fait chier.
Je sais pas si c'est l'image poussiéreuse jaunie spéciale années 70 ou si c'est les pattes d'eph et les coupes de merde desdites années qui m'ont plongée dans une douce léthargie (sans parler de mon voisin de chambrée qui a carrément récupéré de sa courte nuit dans les fauteuils du MK2) mais, maintenant, c'est sûr, la Guerre froide m'a tuer.
Un petit résumé du film pour ceux qui aimeraient tout de même le voir vu la pub qu'on lui fait autour de la prestation de Gary Oldman.
La patron du MI6 (John Hurt, à ne pas confondre avec Gandalf qui lui ressemble grââve) se fait virer après une petite boucherie dans un pays de l'Est. Son fidèle bras droit, Georges Smiley (Gary Oldman) est cependant réembauché par le Prime Minister qui pense que René la Taupe a creusé des galeries sous les locaux des services secrets de sa Majesté. Smiley mettra 2h à débusquer la taupe, mais il finira par l'emporter, après plusieurs revirements de situation et grâce à l'arrivée de Ricky Tarr, joué par un Tom Hardy peu mis en valeur en termes capillaires. Mais Tom, je te le pardonne, parce que d'une part c'est la faute à la costumière et puis en plus je t'aime bien.
J'en ai déjà bien assez dit.
A plus, ma tib !
14 février 2012
J. Edgar - Clint Eastwood - 2012
Je ne peux pas dire que je connaissais la vie de l'homme sur le bout des doigts, ce serait mentir, et le mensonge, c'est très mal... donc on va se fier à la version de Clint sur ce coup.
John Edgar Hoover est donc l'inventeur du premier aspirateur à sac, nan c'est une mauvaise blague destinée aux anglophones...
John Edgar Hoover a été le directeur du FBI pendant 6 présidents américains (Kennedy compris), il menait une petite vie tranquille aux côtés de sa mère, il n'avait ni femme ni enfants, pour cause d'homosexualité sous-jacente et détestait les communistes par-dessus tout.
Mû par la volonté de bouter ces cocos hors des États-Unis d'Amérique ainsi que de défendre la veuve et l'orphelin des bandits à mitraillettes qui sévissaient à l'époque, le modèle d'intégrité J.E. Hoover savait aussi poser des micros pour faire chanter les hauts dignitaires adultères, déformer la vérité, ranger sa parole derrière sa cravate et monter des coups tordus en partant du principe que la fin justifie toujours les moyens.
Les Américains doivent donc à Hoover la création et la pérennité du FBI en instaurant à coups d'inscriptions dans la loi le port d'arme pour les agents, la centralisation des fichiers d'identité fédéraux ou la naissance de la police scientifique (sans lui, point de NCIS, CSI, Julie Lescaut et autres Cold Case).
Le décor est planté. Grosse pièce, quoi.
Pour les nécessités du scénario proposant un aller retour entre les années 60 où Hoover rédige ses mémoires et le passé, de ses débuts au département de la justice (dans les années 20) et sa montée en grade, les personnages principaux ont été vieillis (+ 40 ans). Naomie Watts, la fidèle secrétaire, s'en sort plutôt bien pendant que Di Caprio se retrouve tout bouffi et Armie Hammer complètement engoncé dans sa cagoule en plastoc (avec supplément taches de vieillesse à gogo). J'ai pas du tout accroché, je dirais même que j'attendais impatiemment la fin de ces passages là pour retrouver les agents pimpants et fringants se faire tailler des costards en laine.
La relation amoureuse de Hoover avec son numéro 2, Clyde Tolson, est assez subtilement abordée, l'histoire est vraiment jolie et la prestation de Armie Hammer (qui jouait les cyborgs jumeaux Winklevoss dans The Social Network) n'y est pas pour rien (en même temps, je suis pas sure d'être totalement objective, vu le capital sympathie que je concède à cet acteur).
Et donc au final, bah je me suis fait un peu chier... Vu le nombre de fois où on a tenté d'aller le voir (genre 4, toujours soldées par un échec aux motifs divers), c'est quand même ballot.
La photo sépia est belle et léchée, mais si l'étoffe du personnage a de quoi capter l'attention, la réalisation reste à mon goût un peu trop pépère et académique.
Au suivant !
John Edgar Hoover est donc l'inventeur du premier aspirateur à sac, nan c'est une mauvaise blague destinée aux anglophones...
John Edgar Hoover a été le directeur du FBI pendant 6 présidents américains (Kennedy compris), il menait une petite vie tranquille aux côtés de sa mère, il n'avait ni femme ni enfants, pour cause d'homosexualité sous-jacente et détestait les communistes par-dessus tout.
Mû par la volonté de bouter ces cocos hors des États-Unis d'Amérique ainsi que de défendre la veuve et l'orphelin des bandits à mitraillettes qui sévissaient à l'époque, le modèle d'intégrité J.E. Hoover savait aussi poser des micros pour faire chanter les hauts dignitaires adultères, déformer la vérité, ranger sa parole derrière sa cravate et monter des coups tordus en partant du principe que la fin justifie toujours les moyens.
Les Américains doivent donc à Hoover la création et la pérennité du FBI en instaurant à coups d'inscriptions dans la loi le port d'arme pour les agents, la centralisation des fichiers d'identité fédéraux ou la naissance de la police scientifique (sans lui, point de NCIS, CSI, Julie Lescaut et autres Cold Case).
Le décor est planté. Grosse pièce, quoi.
Pour les nécessités du scénario proposant un aller retour entre les années 60 où Hoover rédige ses mémoires et le passé, de ses débuts au département de la justice (dans les années 20) et sa montée en grade, les personnages principaux ont été vieillis (+ 40 ans). Naomie Watts, la fidèle secrétaire, s'en sort plutôt bien pendant que Di Caprio se retrouve tout bouffi et Armie Hammer complètement engoncé dans sa cagoule en plastoc (avec supplément taches de vieillesse à gogo). J'ai pas du tout accroché, je dirais même que j'attendais impatiemment la fin de ces passages là pour retrouver les agents pimpants et fringants se faire tailler des costards en laine.
La relation amoureuse de Hoover avec son numéro 2, Clyde Tolson, est assez subtilement abordée, l'histoire est vraiment jolie et la prestation de Armie Hammer (qui jouait les cyborgs jumeaux Winklevoss dans The Social Network) n'y est pas pour rien (en même temps, je suis pas sure d'être totalement objective, vu le capital sympathie que je concède à cet acteur).
Et donc au final, bah je me suis fait un peu chier... Vu le nombre de fois où on a tenté d'aller le voir (genre 4, toujours soldées par un échec aux motifs divers), c'est quand même ballot.
La photo sépia est belle et léchée, mais si l'étoffe du personnage a de quoi capter l'attention, la réalisation reste à mon goût un peu trop pépère et académique.
Au suivant !
13 février 2012
Point Break - Kathryn Bigelow - 1991
J'ai pas pu résister. D'habitude je cherche des photos qui ont un minimum de classe, d'esthétisme, loin des photos promo ou de l'affiche qu'on voit et revoit partout. Mais là j'ai pas pu résister à vous mettre le minois de Patrick Swayze, tout juste trentenaire, le cheveux fou et blondi par le soleil, le sel et l'aventure... Ho quel bonheur (même si parfois j'avoue, il ressemble à Merry le hobbit du Seigneur des anneaux).
Bon, passons au film.
Wikipedia le pitche de la manière suivante : Johnny Utah, ancien joueur universitaire de football américain, a dû faire une croix sur sa carrière sportive suite à une blessure. Désormais agent du FBI, on le charge d'enquêter sur le gang des « anciens présidents », auteur de vingt-huit braquages de banques. Son équipier, Angelo Pappas, a une théorie : pour lui, tout porte à croire que les braqueurs sont une bande de surfeurs. Johnny infiltre alors leur milieu, se lie d'amitié avec la jolie Tyler, et découvre le mystique Bodhi.
Je n'ai rien à rajouter et je préfère gagner du temps en copiant-collant pour ainsi continuer de regarder Bodhi qui me fait les yeux doux, là en haut à gauche.
Pour la petite histoire (qu'on m'a soufflé dans l'oreillette pendant la projection sur le canapé), James Cameron aurait offert le scénario du film à son ex-femme (la réalisatrice, Kathryn Bigelow, également réalisatrice du très bon Démineurs, sorti en 2010 et récompensé aux Oscars), en cadeau de divorce, genre, tiens chérie desfois que tu t'ennuies, j'ai retapé un scénario que j'ai acheté à un gratte-papier, t'as qu'à la réaliser...
J'avais pas revu ce film depuis sa diffusion sur Canal +, aux alentours de 1992 j'imagine (j'avais donc 11 ans ! rho merde) et je l'avais déjà beaucoup aimé, à l'époque où je ne saisissais les choses qu'en surface. J'aimais le clin d’œil politique (les masques des présidents m'avaient beaucoup marquée) et son esprit libertaire à base de jeunes surfeurs épris de nature et d'adrénaline. Aujourd'hui, j'aime toujours autant ce film où la violence est rare, où les scènes s'enchainent à un rythme idéal, où les poursuites sont belles et bien mises en scène, sans parler d'acteurs dans la fleur de l'âge et d'un petit fond d'humanisme et de rapport à la nature bien pensé.
Le braqueur suit coûte que coûte son idéal de vie, sa quête ultime, intègre et fidèle à ses convictions tandis que le policier effectue grâce au braqueur un parcours initiatique le faisant passer de jeune homme à homme tout court. Tout ça sur fond d'histoire d'amour, hein, c'est quand même le moteur de toute chose.
Voyez ou revoyez ce film, chères tibs cinéphiles !!
Bon, passons au film.
Wikipedia le pitche de la manière suivante : Johnny Utah, ancien joueur universitaire de football américain, a dû faire une croix sur sa carrière sportive suite à une blessure. Désormais agent du FBI, on le charge d'enquêter sur le gang des « anciens présidents », auteur de vingt-huit braquages de banques. Son équipier, Angelo Pappas, a une théorie : pour lui, tout porte à croire que les braqueurs sont une bande de surfeurs. Johnny infiltre alors leur milieu, se lie d'amitié avec la jolie Tyler, et découvre le mystique Bodhi.
Je n'ai rien à rajouter et je préfère gagner du temps en copiant-collant pour ainsi continuer de regarder Bodhi qui me fait les yeux doux, là en haut à gauche.
Pour la petite histoire (qu'on m'a soufflé dans l'oreillette pendant la projection sur le canapé), James Cameron aurait offert le scénario du film à son ex-femme (la réalisatrice, Kathryn Bigelow, également réalisatrice du très bon Démineurs, sorti en 2010 et récompensé aux Oscars), en cadeau de divorce, genre, tiens chérie desfois que tu t'ennuies, j'ai retapé un scénario que j'ai acheté à un gratte-papier, t'as qu'à la réaliser...
J'avais pas revu ce film depuis sa diffusion sur Canal +, aux alentours de 1992 j'imagine (j'avais donc 11 ans ! rho merde) et je l'avais déjà beaucoup aimé, à l'époque où je ne saisissais les choses qu'en surface. J'aimais le clin d’œil politique (les masques des présidents m'avaient beaucoup marquée) et son esprit libertaire à base de jeunes surfeurs épris de nature et d'adrénaline. Aujourd'hui, j'aime toujours autant ce film où la violence est rare, où les scènes s'enchainent à un rythme idéal, où les poursuites sont belles et bien mises en scène, sans parler d'acteurs dans la fleur de l'âge et d'un petit fond d'humanisme et de rapport à la nature bien pensé.
Le braqueur suit coûte que coûte son idéal de vie, sa quête ultime, intègre et fidèle à ses convictions tandis que le policier effectue grâce au braqueur un parcours initiatique le faisant passer de jeune homme à homme tout court. Tout ça sur fond d'histoire d'amour, hein, c'est quand même le moteur de toute chose.
Voyez ou revoyez ce film, chères tibs cinéphiles !!
4 février 2012
Detachment - Tony Kaye - 2012
Comment dire... Je me suis pas franchement ennuyée (idem pour mon acolyte qui n'est pourtant pas du genre à supporter ce genre de facéties) parce que le sujet du film, ses acteurs et son rythme sont plutôt bons. Mais j'ai rarement vu de film aussi prétentieux en termes de mise en scène et de réalisation. Ça gâche tellement tout putain ! Unbelibobeul.
Rien que par exemple la scène de la photo là, les deux personnages se retrouvent, discutent et finissent pas sortir du cadre, vers la gauche et la caméra zoom où ? sur le mur... Mais c'est quoi cette idée pourrie ? C'était trop moche !
Et encore je parle pas des flous/net/flou, des fausses interviews de profs et du journal d'Adrian Brody face caméra, on dirait qu'il nous parle en live de son placard genre éclairé à la bougie, des inserts de photos en noir et blanc (censées être celles de la petite élève grosse qui est mal dans sa peau à cause que son papa comprend pas sa fibre artistique) qui ne servent à rien et n'ont aucun intérêt esthétique... Bref, j'ai des idées de mise en scène pas top et je les mets toutes dans mon film, comme ça en vrac et en plus je me regarde filmer quoi ! Pour la dernière partie, on dirait quasi du Valérie Donzelli.
Du coup pour ce qui est du sujet, c'est l'histoire d'un prof de littérature remplaçant en (ce qu'on appellerait nous) ZEP, en banlieue de New York. Célibataire et Saint-Bernard au bon cœur, il n'aime pas la société de Big Brother dans laquelle il vit et essaie d'en faire prendre conscience à ses petits élèves l'espace d'un mois de cours. Son papi perd un peu la boule et est à l'hospice.
Ce professeur, Henry Barthes (à prononcer Barce, mais on a bien compris qu'il était à deux doigts de s'appeler Roland), est interprété par Adrian Brody. Beaucoup disent qu'il n'a pas été aussi 'magistral' depuis Le Pianiste... Hum, entre nous, l'envergure des deux films rend toute comparaison impossible (le contexte, le sujet et le traitement du Pianiste sont déjà de qualité 1000 fois supérieure à Detachment), donc heu, perso je dirais qu'il est égal à lui même et qu'il a bien la gueule de l'emploi avec sa tête de teckel dépressif (mais je l'aime beaucoup, hein, c'est pas contre lui).
A travers le portrait du lycée dans sa globalité (encadrants, élèves, parents et état) et du professeur dans sa vie à l'extérieur (fricotage avec Christina Hendricks, sauvetage de bébé pute - un mélange rapide de Jodie Foster version Taxi Driver et Nathalie Portman version Léon), le réalisateur aborde des thèmes dans l'air du temps et relativement intéressants. Violence familiale (pédophilie, maltraitance physique et morale), relation de l'état/élèves/parents/profs à l'institution école et formatage imposé par la société sont les principaux.
A la différence d'Esprits Rebelles (souvenez-vous du tube de Coolio sur fond de clip avec Michelle Pfeiffer), le but du jeu n'est pas ici de remettre les élèves dans le droit chemin à la fin du film, mais plutôt de se débrouiller pour leur faire entendre un bout de message sous le gros tas de merde qui recouvre tout et tout le monde.
JE N'AI TOUJOURS PAS VU DE BON FILM
Rien que par exemple la scène de la photo là, les deux personnages se retrouvent, discutent et finissent pas sortir du cadre, vers la gauche et la caméra zoom où ? sur le mur... Mais c'est quoi cette idée pourrie ? C'était trop moche !
Et encore je parle pas des flous/net/flou, des fausses interviews de profs et du journal d'Adrian Brody face caméra, on dirait qu'il nous parle en live de son placard genre éclairé à la bougie, des inserts de photos en noir et blanc (censées être celles de la petite élève grosse qui est mal dans sa peau à cause que son papa comprend pas sa fibre artistique) qui ne servent à rien et n'ont aucun intérêt esthétique... Bref, j'ai des idées de mise en scène pas top et je les mets toutes dans mon film, comme ça en vrac et en plus je me regarde filmer quoi ! Pour la dernière partie, on dirait quasi du Valérie Donzelli.
Du coup pour ce qui est du sujet, c'est l'histoire d'un prof de littérature remplaçant en (ce qu'on appellerait nous) ZEP, en banlieue de New York. Célibataire et Saint-Bernard au bon cœur, il n'aime pas la société de Big Brother dans laquelle il vit et essaie d'en faire prendre conscience à ses petits élèves l'espace d'un mois de cours. Son papi perd un peu la boule et est à l'hospice.
Ce professeur, Henry Barthes (à prononcer Barce, mais on a bien compris qu'il était à deux doigts de s'appeler Roland), est interprété par Adrian Brody. Beaucoup disent qu'il n'a pas été aussi 'magistral' depuis Le Pianiste... Hum, entre nous, l'envergure des deux films rend toute comparaison impossible (le contexte, le sujet et le traitement du Pianiste sont déjà de qualité 1000 fois supérieure à Detachment), donc heu, perso je dirais qu'il est égal à lui même et qu'il a bien la gueule de l'emploi avec sa tête de teckel dépressif (mais je l'aime beaucoup, hein, c'est pas contre lui).
A travers le portrait du lycée dans sa globalité (encadrants, élèves, parents et état) et du professeur dans sa vie à l'extérieur (fricotage avec Christina Hendricks, sauvetage de bébé pute - un mélange rapide de Jodie Foster version Taxi Driver et Nathalie Portman version Léon), le réalisateur aborde des thèmes dans l'air du temps et relativement intéressants. Violence familiale (pédophilie, maltraitance physique et morale), relation de l'état/élèves/parents/profs à l'institution école et formatage imposé par la société sont les principaux.
A la différence d'Esprits Rebelles (souvenez-vous du tube de Coolio sur fond de clip avec Michelle Pfeiffer), le but du jeu n'est pas ici de remettre les élèves dans le droit chemin à la fin du film, mais plutôt de se débrouiller pour leur faire entendre un bout de message sous le gros tas de merde qui recouvre tout et tout le monde.
JE N'AI TOUJOURS PAS VU DE BON FILM
30 janvier 2012
Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres - Guy Ritchie - 2012
Elle est belle la manouche, hein ? Vous la trouverez dans une roulotte cosy du Belleville de la fin 1800...
Samedi soir en 2e partie de soirée sur mon grand écran préféré du quai de Loire, la séance pour Hoover était complète. Nom d'une tib !
Puisqu'il s'agissait d'une sortie familiale à 4 en forme de 2♂ x 2♀ avec une moyenne d'âge de 35 ans, une absence de programmation alléchante et un quotient de concession proche de 0, on a tous finis par s'installer devant Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres, choix ô combien consensuel et à fortiori mal inspiré.
Bien mal nous en a pris, putain que c'était moisi !!
D'abord pourquoi un sous-titre "Jeu d'ombres" ? Aucune, mais vraiment pas l'ombre d'une idée sur la question.
Pourquoi Robert Downey Junior et Judd Law ? Parce qu'ils étaient là dans le premier chapitre, sinon je vois pas trop.
Pourquoi ma voisine s'est endormie ? Parce que le film n'a pas vraiment de rythme, aucun scénario, des scènes prétexte (un train, un bar, un marché, une roulotte, une usine, des nazis) qui s'enchainent et vraiment aucune trame plausible.
Guy Ritchie y fait des images bien léchées et des jolis ralentis, mais ça tombe grâââââave à plat.
JE VEUX VOIR UN BON FILM !
Samedi soir en 2e partie de soirée sur mon grand écran préféré du quai de Loire, la séance pour Hoover était complète. Nom d'une tib !
Puisqu'il s'agissait d'une sortie familiale à 4 en forme de 2♂ x 2♀ avec une moyenne d'âge de 35 ans, une absence de programmation alléchante et un quotient de concession proche de 0, on a tous finis par s'installer devant Sherlock Holmes 2 : Jeu d'ombres, choix ô combien consensuel et à fortiori mal inspiré.
Bien mal nous en a pris, putain que c'était moisi !!
D'abord pourquoi un sous-titre "Jeu d'ombres" ? Aucune, mais vraiment pas l'ombre d'une idée sur la question.
Pourquoi Robert Downey Junior et Judd Law ? Parce qu'ils étaient là dans le premier chapitre, sinon je vois pas trop.
Pourquoi ma voisine s'est endormie ? Parce que le film n'a pas vraiment de rythme, aucun scénario, des scènes prétexte (un train, un bar, un marché, une roulotte, une usine, des nazis) qui s'enchainent et vraiment aucune trame plausible.
Guy Ritchie y fait des images bien léchées et des jolis ralentis, mais ça tombe grâââââave à plat.
JE VEUX VOIR UN BON FILM !
28 janvier 2012
L'amour dure trois ans - Frederic Beigbeder - 2012
Pas grand chose à dire sur la première réalisation filmique de Frédéric Beigbeder. C'est sympa mais c'est quand même un peu bof quoi...
Il a invité tous ses amis, tout le monde semble y prendre part avec beaucoup de plaisir. Chacun joue presque sa propre vie (ou du moins celle que l'on s'imagine d'eux) et joue dans son registre habituel. Hum.
Frédérique Bel est toujours aussi pas top, à mon sens, comme souvent : trop jouer la blonde, ça finit par coller au train (c'est un peu comme loucher par grand vent, ça reste). Joneystar qui lui a le vent grave en poupe en ce moment était quand même mieux dans Polisse. Certes là il revenait de vacances et était tellement bronzé qu'il en avait les cheveux roux et du coup il avait pas cette gueule de déterré et ce teint approximatif qu'on lui connaît si bien, je disais donc, certes il était bronzé, certes il jouait le pote vanneur et carrément queutard, mais il avait quand-même l'air un peu coincé du cul parfois. Il s'agit peut-être d'un problème de direction d'acteurs. Cette dernière phrase ne s'applique pas à Gaspard Proust, qui n'est juste pas fait pour le cinéma (à mon humble avis), même si au final son jeu collait plutôt bien à cette espèce d'étrange volonté de semblant d'ombre de cinéma Nouvelle Vague...
A part ça, j'ai trouvé la scène des coupes de fouffes (photo ci-contre) plutôt sympa, ça m'a rappelé un peu quand je me lançais les mêmes paris, mais dans ma tête, dans le sauna du Club Med Gym de Nation.
En fait tout le film est à l'image de cette scène, un peu potache, sympatoche, mais au final on ne sort jamais vraiment de ce sentiment et c'est un peu dommage. Tout le long ça sent l'univers de Beigbeder. Comme je le dis souvent, on n'a jamais demandé à Renoir de faire du Van Gogh, certes, mais l'omniprésence de l'univers Beigbederien, si en plus on a son clone sous le nez pendant 1h30, m'a au final un peu glonflée.
C'est dit, maintenant, je veux voir un vrai bon film.
Il a invité tous ses amis, tout le monde semble y prendre part avec beaucoup de plaisir. Chacun joue presque sa propre vie (ou du moins celle que l'on s'imagine d'eux) et joue dans son registre habituel. Hum.
Frédérique Bel est toujours aussi pas top, à mon sens, comme souvent : trop jouer la blonde, ça finit par coller au train (c'est un peu comme loucher par grand vent, ça reste). Joneystar qui lui a le vent grave en poupe en ce moment était quand même mieux dans Polisse. Certes là il revenait de vacances et était tellement bronzé qu'il en avait les cheveux roux et du coup il avait pas cette gueule de déterré et ce teint approximatif qu'on lui connaît si bien, je disais donc, certes il était bronzé, certes il jouait le pote vanneur et carrément queutard, mais il avait quand-même l'air un peu coincé du cul parfois. Il s'agit peut-être d'un problème de direction d'acteurs. Cette dernière phrase ne s'applique pas à Gaspard Proust, qui n'est juste pas fait pour le cinéma (à mon humble avis), même si au final son jeu collait plutôt bien à cette espèce d'étrange volonté de semblant d'ombre de cinéma Nouvelle Vague...
A part ça, j'ai trouvé la scène des coupes de fouffes (photo ci-contre) plutôt sympa, ça m'a rappelé un peu quand je me lançais les mêmes paris, mais dans ma tête, dans le sauna du Club Med Gym de Nation.
En fait tout le film est à l'image de cette scène, un peu potache, sympatoche, mais au final on ne sort jamais vraiment de ce sentiment et c'est un peu dommage. Tout le long ça sent l'univers de Beigbeder. Comme je le dis souvent, on n'a jamais demandé à Renoir de faire du Van Gogh, certes, mais l'omniprésence de l'univers Beigbederien, si en plus on a son clone sous le nez pendant 1h30, m'a au final un peu glonflée.
C'est dit, maintenant, je veux voir un vrai bon film.
23 janvier 2012
Millenium - David Fincher - 2012
Grüt.
Stieg Larsson avait pondu son thriller en 2005 et l'avait décliné sur trois tommes en déclenchant la folle passion des lecteurs endormis, remisant pour quelques temps Happy Rotter au placard à balais.
Niels Arden Oplev, dont le précédent film intitulé Drømmen (2006) (ou l'histoire d'un mec qui voudrait drommir pendant un voyage en Suède mais il peut pas à cause du jour interminable), avait adapté l'histoire en long métrage en 2009 et après en série (2010). Si vous voulez savoir pourquoi, demandez à la personne à côté de vous, à Wikipédia ou à votre voisin, mais ne me regardez pas comme ça avec vos yeux de merlan frit.
En 2012 arrivent les amerloques et leur sacro-sainte manie de reprendre les films européens pour les refaire à leur sauce en se disant que ce sera forcément mieux (j'ai pas vu le film suédois, donc le débat n'est pas là, parce que si ça se trouve le Millenium américain est objectivement quand-même 100 fois mieux que le Millenium suédois... ou pas).
Le réalisateur en question n'est autre que David Fincher, un jeune réalisateur montant, habitué des festivals intimistes où il a récolté quelques prix misérables pour des films (vus par 3 pélos) intitulés par exemple Seven, Fight Club ou The Social Network (budget d'environ 300 euros pour les trois films réunis, avec une prime sanouich pour les figurants).
Bon, blague à part, tout le monde aura donc compris, casting aidant (Daniel Craig / Rooney Mara), que ce nouveau Millenium va drainer du monde en salles. Effectivement, y avait la queue quai de Loire, mais la salle était appropriée.
En fin de séance, je me suis dit (et l'écho de ce que j'ai dit est passé par la bouche de mon accompagnateur qui confirmait mon ressenti), je me suis pas fait chier, mais c'est pas non plus le film de l'année.
Ceux qui ont lu les bouquins seront peut-être un peu blasés, ou alors juste contents d'avoir vu le livre autrement que dans leur tête, ceux qui auront vu le premier film pourront faire une comparaison séquençage à l'appui et ceux qui ne connaissaient pas l'histoire se diront qu'ils auraient mieux fait de lire les bouquins quand on leur a prêté au lieu de bouffer des cacahuètes devant la télé. Parce que côté scénario, cette histoire tient carrément la route, les personnages sont attachants, la trame policière est super bien menée, c'est juste super bien écrit. Côté réalisation, c'est propre, concis, rythmé, mais rien de plus.
A bien y réfléchir, des films simplement propres, concis, rythmés avec un bon scénario, au final, on en voit pas si souvent que ça...
Stieg Larsson avait pondu son thriller en 2005 et l'avait décliné sur trois tommes en déclenchant la folle passion des lecteurs endormis, remisant pour quelques temps Happy Rotter au placard à balais.
Niels Arden Oplev, dont le précédent film intitulé Drømmen (2006) (ou l'histoire d'un mec qui voudrait drommir pendant un voyage en Suède mais il peut pas à cause du jour interminable), avait adapté l'histoire en long métrage en 2009 et après en série (2010). Si vous voulez savoir pourquoi, demandez à la personne à côté de vous, à Wikipédia ou à votre voisin, mais ne me regardez pas comme ça avec vos yeux de merlan frit.
En 2012 arrivent les amerloques et leur sacro-sainte manie de reprendre les films européens pour les refaire à leur sauce en se disant que ce sera forcément mieux (j'ai pas vu le film suédois, donc le débat n'est pas là, parce que si ça se trouve le Millenium américain est objectivement quand-même 100 fois mieux que le Millenium suédois... ou pas).
Le réalisateur en question n'est autre que David Fincher, un jeune réalisateur montant, habitué des festivals intimistes où il a récolté quelques prix misérables pour des films (vus par 3 pélos) intitulés par exemple Seven, Fight Club ou The Social Network (budget d'environ 300 euros pour les trois films réunis, avec une prime sanouich pour les figurants).
Bon, blague à part, tout le monde aura donc compris, casting aidant (Daniel Craig / Rooney Mara), que ce nouveau Millenium va drainer du monde en salles. Effectivement, y avait la queue quai de Loire, mais la salle était appropriée.
En fin de séance, je me suis dit (et l'écho de ce que j'ai dit est passé par la bouche de mon accompagnateur qui confirmait mon ressenti), je me suis pas fait chier, mais c'est pas non plus le film de l'année.
Ceux qui ont lu les bouquins seront peut-être un peu blasés, ou alors juste contents d'avoir vu le livre autrement que dans leur tête, ceux qui auront vu le premier film pourront faire une comparaison séquençage à l'appui et ceux qui ne connaissaient pas l'histoire se diront qu'ils auraient mieux fait de lire les bouquins quand on leur a prêté au lieu de bouffer des cacahuètes devant la télé. Parce que côté scénario, cette histoire tient carrément la route, les personnages sont attachants, la trame policière est super bien menée, c'est juste super bien écrit. Côté réalisation, c'est propre, concis, rythmé, mais rien de plus.
A bien y réfléchir, des films simplement propres, concis, rythmés avec un bon scénario, au final, on en voit pas si souvent que ça...
22 décembre 2011
A dangerous method - David Cronenberg - 2011
Après La Mouche, A History of violence et les Promesses de l'ombre (pour ne citer que les plus connus), on pensait avoir une idée claire de l'univers de Cronenberg et de la qualité de ses films. Sauf que comme tout humain qui se respecte, personne n'est jamais tout blanc, ou tout noir, ou toujours le même, et un beau jour, on se réveille en se disant, tiens, si je changeais de registre pour voir ! C'est ce même sentiment qui vous a un jour poussé(e) à acheter une paire de Doc Marteens alors que vous avez toujours porté des AirMax (ou l'inverse) et à vous en mordre les doigts une fois dans la cour de récré.
Si on retrouve certains ingrédients récurrents des recettes à la Cronenberg (photo léchée, mise en scène maîtrisée, efficace et casting au poil, sans oublier la présence de Viggo Mortensen, petit chouchou du réalisateur, et pour cause !) le scénario est pour une fois un peu plus linéaire, classique, j'irai même jusqu'à dire plan-plan, voilà, c'est lâché.
A Dangerous Method traite des relations houleuses entre Sigmund Freud et son "disciple" Karl Jung, à l'époque où la psychanalyse européenne n'en est encore qu'à ses balbutiements. Chacun conçoit le monde et les névroses humaines selon des filtres différents et la confrontation de leurs personnalités fait des étincelles. L'opposition Freud-Jung est abordée en filigrane ou en parallèle à la relation amoureuse et adultérine qu'entretient le probe Jung avec sa patiente Sabina Spielrein, violentée par son papa et jouée par Keira Knightley. Une fois les crises passées et la thérapie entamée, Keira se décrispe, arrête de singer le Gollum du Seigneur des Anneaux et finit par faire chavirer le cœur protestant de son thérapeute. Du coup sa femme est vénère et lui fait ses yeux de Chat Potté.
Tout ça pour dire que malgré un thème vraiment intéressant, des personnages plutôt grandioses, des robes romantiques et faciles à porter qui donnent envie de retourner 100 ans en arrière, quitte à mourir de la tuberculose et des acteurs renversants (à nouveau Michael Fassbender, méconnaissable, qui a décidément le vent en poupe et Cassel qui apparaît sous les traits peu flatteurs d'Otto Gross), bein j'ai franchement pas été emballée. Ça arrive. C'est dommage.
19 décembre 2011
Carnage - Roman Polanski - 2011
Comme vous l'avez sans doute déjà entendu à la télé (celle qui nous sert sa bouillie de chat), le dernier film de Roman Polanski adapte sur grand-écran la
pièce de Yasmina Reza Le dieu du carnage. Tourné dans un appartement très new-yorkais, Carnage est en réalité un enfant de Bry-sur-Marne et ses studios. On pourra donc déjà saluer la prouesse du chef décorateur Dean Tavoularis (Apocalypse Now, Le Parrain, Bonnie & Clyde) pour son fond vert aux fenêtres (tenu par des stagiaires de 3e du collège Ricky Martin) et pour cette ambiance si arty/bobo/newyorkais qu'est l'appartement de Michael et Pénélope Longstreet.
Entre la cuisine, le bureau, la salle de bain et le palier, mais surtout dans le salon des Longstreet, Carnage est un huis-clos pas étouffant pour un sous entre quatre adultes propres sur eux. Pas étouffant et même balayé par une brise très fraîche pour tout vous dire, puisque très rythmé grâce à une mise en scène vive et proche du théâtre, où il faut bien occuper la scène pour pas endormir ses spectateurs.
Non seulement le film aborde une situation que l'on a tous, de près ou de loin, déjà vécue, mais en plus elle est interprétée par quatre EXCELLENTS comédiens, portés par un scénario aux petits oignons. Ou comment envoyer valser les convenances, la bienséance et la retenue que nous impose la vie en société, dès que l'humain est piqué au vif par des attaques personnelles ou réagit de manière épidermique face à la mauvaise foi, la cruauté, l'injustice, la certitude d'être dans son bon droit et j'en passe...
Jodie Foster joue donc la pimbêche frigide, tragédienne et faussement humaniste, qui intellectualise et amplifie tout, première avocate de la résolution des problèmes par le dialogue. Son mari un brin castré et pendu au téléphone avec sa mère est incarné par John C. Reilly (avec sa tête d'Ecossais et ses cheveux de mouton).
Dans l'autre coin du ring, Nancy et Alan Cowen interprétés par la délicieuse Kate Winslet, type bourgeoise guindée et vite piquée au vif et son tendre époux Christopher Waltz qui n'en a rien à battre de cette rencontre au sommet. Pendu à son portable pour régler un problème d'ordre professionnel, ses coups de fil créent des pauses et ajoutent ainsi au rythme du film puisque les adultes polis attendent la fin de sa conversation pour reprendre la leur et l'y impliquer.
A mesure qu'avance le film, la déchéance physique des personnages et la disparition progressive des convenances permet d'autant plus l’identification du spectateur et sa participation au pugilat. Les alliances se font et se défont et reforment de nouveaux couples tout le long du film, au fil de règlement de comptes personnels divers et variés.
Un vrai régal quoi.
15 décembre 2011
Shame - Steve McQueen - 2011
L'acteur américain Steve McQueen est mort en 1980. Il s'est réincarné en réalisateur noir et dodu. Bon. Steve McQueen 2.0 fait un film et prend pour acteur principal Michael Fassbender, la réincarnation de Rainer Werner Fassbinder, le réalisateur allemand mort en 1982. Si les deux étaient morts plus tôt, on aurait presque pu y croire...
Trêve de plaisanterie, alors il est comment ce Shame ?
Bah il part d'une bonne idée mais il m'a laissée comme un petit goût d'inachevé et comme des fourmis au cul. Si à ça on ajoute la dame malade qui se raclait 3 kg de mucus toutes les 3 minutes deux rangs devant, ça fait long la séance...
Brandon Sullivan vit à New York, il mate des vidéos pornos au petit-déjeuner comme au travail, invite des putes chez lui, multiplie les conquêtes et les regards lubriques dans le métro. Sa queue, c'est son GPS, quoi.
Brandon Sullivan a des petits airs de Patrick Bateman (le héros d'American Pshycho) la boucherie en moins : beau gosse irrésistible, un peu maniaque, imberbe et sportif, il bosse en costard cintré dans une grosse boite et sort boire des verres et rencontrer ses coups d'un soir. Bon. Mais encore ?
Brandon Sullivan est accro au sexe comme on peut l'être au jeu ou à l'alcool. Si l'addiction semble peu perturber sa vie, cette dernière a tout de même comme un petit goût merdique. Il vit seul, bouffe des restes de chinois (la cuisine, pas la personne), subit sa sœur (Carey Mulligan) pot de colle et paumée avec qui il a une relation un peu tendancieuse, se fait mettre à l'amende par son boss et perd sa trique devant une femme dont il pourrait tomber amoureux (la jolie fille de la photo, là).
Ce beau film à l'image léchée est plutôt agréable à regarder, il est centré sur l'humain et la difficulté d'assumer ses pulsions, mais bon... ça reste malheureusement un peu chiant quoi.
Trêve de plaisanterie, alors il est comment ce Shame ?
Bah il part d'une bonne idée mais il m'a laissée comme un petit goût d'inachevé et comme des fourmis au cul. Si à ça on ajoute la dame malade qui se raclait 3 kg de mucus toutes les 3 minutes deux rangs devant, ça fait long la séance...
Brandon Sullivan vit à New York, il mate des vidéos pornos au petit-déjeuner comme au travail, invite des putes chez lui, multiplie les conquêtes et les regards lubriques dans le métro. Sa queue, c'est son GPS, quoi.
Brandon Sullivan a des petits airs de Patrick Bateman (le héros d'American Pshycho) la boucherie en moins : beau gosse irrésistible, un peu maniaque, imberbe et sportif, il bosse en costard cintré dans une grosse boite et sort boire des verres et rencontrer ses coups d'un soir. Bon. Mais encore ?
Brandon Sullivan est accro au sexe comme on peut l'être au jeu ou à l'alcool. Si l'addiction semble peu perturber sa vie, cette dernière a tout de même comme un petit goût merdique. Il vit seul, bouffe des restes de chinois (la cuisine, pas la personne), subit sa sœur (Carey Mulligan) pot de colle et paumée avec qui il a une relation un peu tendancieuse, se fait mettre à l'amende par son boss et perd sa trique devant une femme dont il pourrait tomber amoureux (la jolie fille de la photo, là).
Ce beau film à l'image léchée est plutôt agréable à regarder, il est centré sur l'humain et la difficulté d'assumer ses pulsions, mais bon... ça reste malheureusement un peu chiant quoi.
7 décembre 2011
Les Adoptés - Mélanie Laurent - 2011
La veille du jour où j'ai vu ce film j'étais en soirée mondaine dans la capitale et une poignée de personnes me soutenaient, à coup de yeux rouleurs, que Mélanie Laurent, dans la vie, elle a tendance à se prendre pour une princesse. Bah j'ai presque failli les croire en voyant le premier tiers des Adoptés. Dès le début, j'ai senti comme une vieille odeur de "La guerre est déclarée", dans le genre film bien pensant où la vie de bobo c'est trop cool et où on profite de l'exposition pour balancer toutes ses références culturelles et montrer combien on est cool et cultivé dans des ambiances intimistes.
Et puis peu à peu, on se laisse finalement glisser dans une histoire d'amour, toute fraiche et simple et intelligente et heureuse, du genre de celles dont on aimerait être les héros (mais tout le monde sait que dans la vraie vie c'est pas possible, parce que y a toujours une vieille histoire de vaisselle ou de couche moisie qui ressurgit). Denis Ménochet (Monsieur LaPadite, le papa de Mélanie dans Inglorious Basterds) est charmant et Marie Denarnaud, à croquer.
Au même moment, on commence aussi à se dire qu'une réelle prise de position artistique s'installe : des clairs obscurs élaborent une ambiance de peinture flamande, les plans sont pensés et esthétiques, l'univers est globalement beau et travaillé. Putain, ça change ! Enfin une réalisatrice qui n'oublie pas qu'elle fait du cinéma.
Du coup les deux autres tiers du films passent comme des lettres à la poste, l'amour tourne au drame total et on surprendra quelques spectateurs à s'essuyer les joues en se relevant. Le morceau du générique est hypnotique et signé Syd Matters. Si on mélange tout ça, on reste un peu collé à son siège une fois le film terminé, la boule à la gorge, en se disant que c'est plutôt une réussite, bah oui.
Big up au petit garçon, qui joue comme un pied, heu non comme un... enfant (regards éperdus à maman à côté de la caméra), mais quand même des fois il s'en sort pas si mal.
Et comme disait justement ma copine de séance : "Quand même entre traiter l'adoption et le coma, faudrait choisir..."
Cordialement
Et puis peu à peu, on se laisse finalement glisser dans une histoire d'amour, toute fraiche et simple et intelligente et heureuse, du genre de celles dont on aimerait être les héros (mais tout le monde sait que dans la vraie vie c'est pas possible, parce que y a toujours une vieille histoire de vaisselle ou de couche moisie qui ressurgit). Denis Ménochet (Monsieur LaPadite, le papa de Mélanie dans Inglorious Basterds) est charmant et Marie Denarnaud, à croquer.
Au même moment, on commence aussi à se dire qu'une réelle prise de position artistique s'installe : des clairs obscurs élaborent une ambiance de peinture flamande, les plans sont pensés et esthétiques, l'univers est globalement beau et travaillé. Putain, ça change ! Enfin une réalisatrice qui n'oublie pas qu'elle fait du cinéma.
Du coup les deux autres tiers du films passent comme des lettres à la poste, l'amour tourne au drame total et on surprendra quelques spectateurs à s'essuyer les joues en se relevant. Le morceau du générique est hypnotique et signé Syd Matters. Si on mélange tout ça, on reste un peu collé à son siège une fois le film terminé, la boule à la gorge, en se disant que c'est plutôt une réussite, bah oui.
Big up au petit garçon, qui joue comme un pied, heu non comme un... enfant (regards éperdus à maman à côté de la caméra), mais quand même des fois il s'en sort pas si mal.
Et comme disait justement ma copine de séance : "Quand même entre traiter l'adoption et le coma, faudrait choisir..."
Cordialement
5 décembre 2011
Les Lyonnais - Olivier Marchal - 2011
Voici un film sur des bandits qui braquent soit des Crédit Lyonnais, soit des Bouchons lyonnais. Nan, c'est pas vrai.C'est plutôt l'histoire d'une véritable équipe de bandits, Le gang des Lyonnais, ayant vidé quelques coffres de banques dans les années 70 et qui foutait grave les boules à la police, qui arrivait jamais à les pincer.
Le héros de l'histoire c'est Edmond Vidal (magistralement interprété par Gérard Lanvin), un beau gitan sexagénaire poivre et sel (nan, disons poivre et neige, la coiffeuse ayant un poil abusé sur la mèche blanche) avec un bouc taillé au cordeau, tout plein d'intégrité, de valeurs familiales, de respect de la parole donnée, un mec sévèrement burné, quoi.
Le film fait des allers-retours entre sa vie actuelle de retraité du crime vivant dans une villa de nabab et sa jeunesse, où il rencontre Serge Suttel (Tchéky Karyo) et avec lequel il va "tomber", pour une blagouse avec un cageot de cerises. On y voit les deux compères et leur clan gravir peu à peu les échelons du crime local et kiffer la vie de rêve dans leur roulotte. Le problème, c'est que Suttel part en cavale au moment où les autres tombent et qu'il refait surface 20 ans après. Mais il se fait choper (rho le con) et son clan va devoir arrêter de danser le flamenco de la talonnette pour le faire sortir de taule et bon, grosso modo, ça fout un peu le bordel.
Ceux qui aiment les films de gangsters seront donc servis, et ceux qui n'aiment pas trop ça, aussi. Pour ma part, j'ai détesté la fille qui arrêtait pas de fouiller dans son sac derrière moi avec ses boucles d'oreilles musicales, mais sinon j'ai plutôt apprécié le film (j'ai pas regardé la montre).
Le récit est centré sur les deux hommes et l'évolution de leur relation, y a pas ou peu de courses poursuites et des affrontements qui ne prennent pas trois plombes. Le film m'a paru bien rythmé, bien équilibré, insistant sur le côté humain, relationnel des personnages (trahison, force des liens familiaux ou d'amitié et difficulté à les garder en tête quand on évolue dans le grand banditisme ou qu'on tente de raccrocher).
En plus Marchal brosse un portrait qui sonne (putain, un portrait qui sonne, la double métaphore, n'importe quoi !!) plutôt juste de "La belle époque du banditisme", tendance c'était mieux avant parce qu'on avait des valeurs, une seule parole, les flics payaient des entrecôtes aux bandits, c'était la bonne époque quoi ! Les gitans y portaient des pattes d'eph et des moustaches de papa portugais (cf photo).
26 novembre 2011
In time (Time out) - Andrew Niccol - 2011
Commençons par le commencement : c'est pas trop absurde d'adapter le titre original In time en Time out ? Si on considère que les Français manient moyennement l'anglais et n'aiment pas spécialement la VO, dans tous les cas ils ne voient pas la différence. D'un point de vue linguistique, c'est vrai que Time out colle mieux à l'idée du scénario, mais de quel droit on change les titres ? Dans ce cas là renommons Les petits mouchoirs en Les bobos à la plage et 127 heures en Éboulis mortels.
Sinon pour ce qui est du film, bah, on a eu ce qu'on attendait.
Sur le papier, Andrew Niccol est le scénariste du Truman show et réalisateur de Bienvenue à Gattaca, autant dire que c'est plutôt la classe quoi. Bien que la bande-annonce ne sente d'emblée pas le chef-d’œuvre, le postulat de base d'une nouvelle uchronie était alléchant :
Dans un monde ultra-libéral ou l'argent est en fait du temps de vie, les riches vivent retranchés de peur qu'on ne les braque (il suffit de se serrer la pince pour voir ses secondes transférées au mec d'en face). On arrête de vieillir à l'âge de 25 ans, majorité à partir de laquelle on peut commencer à échanger, gagner, dépenser son temps et après laquelle il ne reste théoriquement plus qu'une année en stock (enfin surtout pour les pauvres). Chacun porte un compteur phosphorescent sur le bras, ça brille dans la nuit, un peu comme ce portable si utile quand tu as besoin de faire pipi dans la forêt, tiens d'ailleurs le portable n'existe pas dans ce monde.
Comme souvent dans les films du genre, l'époque est difficilement identifiable, ici légèrement rétro (voitures, téléphones et méchantes brutes entre T-Birds de Grease et Sharks de West Side Story), mais moderne dans les vêtements, la conception et la gestion planétaire de la nouvelle richesse, le temps (évolution et transferts à l'échelle mondiale), pas du tout futuriste, mi-figue mi-raisin quoi, Niccol n'a pas voulu se mouiller. Ou peut-être qu'il n'a pas eu le budget, toute les subventions étant passées dans la luxueuse villa des Weis et du coup y avait plus que 12 dollars pour le reste des décors...
Dans le 'ghetto', la population vit au jour le jour, soumise à un travail aliénant, grosses usines et uniformes rappelant très vaguement d'autres grands frères plus ambitieux (Soleil vert ou l'indétrônable Brazil).
L'avantage de mettre au scénario qu'on arrête de vieillir à 25 ans (mais pourquoi ??), c'est aussi de pouvoir se goinfrer avec toutes les nouvelles têtes à la mode. Justin Timberlake porte un rôle qui lui va bien et qu'il joue correctement, on aurait alors pu s'attendre à voir son complice de Disney Ryan Gosling qui a tellement le vent en poupe en ce moment, mais non, on y verra plutôt Vincent Kartheiser et son insupportable petite bouche rubiconde et humide, à l'identique de son rôle de Prout Campbell dans Mad Men, ou le Robert Fischer d'Inception, alias Cillian Murphy. Y a aussi une fille avec des yeux globuleux, Amanda Seyfried (blop, blop, bulle).
Et sinon dans le fond ? Dans le fond, ce film américain hautement socialiste (oui, c'est possible !) fait l'apologie de la redistribution des richesses et de la mixité sociale, les capitalistes manquent d'humanité et rien de mieux que de sortir avec une racaille pour comprendre c'est quoi la vie en vrai : tout est question de choix, ne pas profiter de son temps de peur de risquer sa vie ou courir follement après pour voir un nouveau jour, même pourri, se lever sur son ghetto.
C'est donc l'amour et l'humain qui gagnent dans ce film plein de bons sentiments. Houuu aux chiottes les méchants capitalistes. On s'est pas fait chier parce que le concept est intéressant, mais c'était tout juste (parce que les prises de position sont un poil molles) !
P.S. : merci au réalisateur de ne pas avoir fait tomber la fille lors des courses poursuites, ça change. Quelles cruches ces filles.
Sinon pour ce qui est du film, bah, on a eu ce qu'on attendait.
Sur le papier, Andrew Niccol est le scénariste du Truman show et réalisateur de Bienvenue à Gattaca, autant dire que c'est plutôt la classe quoi. Bien que la bande-annonce ne sente d'emblée pas le chef-d’œuvre, le postulat de base d'une nouvelle uchronie était alléchant :
Dans un monde ultra-libéral ou l'argent est en fait du temps de vie, les riches vivent retranchés de peur qu'on ne les braque (il suffit de se serrer la pince pour voir ses secondes transférées au mec d'en face). On arrête de vieillir à l'âge de 25 ans, majorité à partir de laquelle on peut commencer à échanger, gagner, dépenser son temps et après laquelle il ne reste théoriquement plus qu'une année en stock (enfin surtout pour les pauvres). Chacun porte un compteur phosphorescent sur le bras, ça brille dans la nuit, un peu comme ce portable si utile quand tu as besoin de faire pipi dans la forêt, tiens d'ailleurs le portable n'existe pas dans ce monde.
Comme souvent dans les films du genre, l'époque est difficilement identifiable, ici légèrement rétro (voitures, téléphones et méchantes brutes entre T-Birds de Grease et Sharks de West Side Story), mais moderne dans les vêtements, la conception et la gestion planétaire de la nouvelle richesse, le temps (évolution et transferts à l'échelle mondiale), pas du tout futuriste, mi-figue mi-raisin quoi, Niccol n'a pas voulu se mouiller. Ou peut-être qu'il n'a pas eu le budget, toute les subventions étant passées dans la luxueuse villa des Weis et du coup y avait plus que 12 dollars pour le reste des décors...
Dans le 'ghetto', la population vit au jour le jour, soumise à un travail aliénant, grosses usines et uniformes rappelant très vaguement d'autres grands frères plus ambitieux (Soleil vert ou l'indétrônable Brazil).
L'avantage de mettre au scénario qu'on arrête de vieillir à 25 ans (mais pourquoi ??), c'est aussi de pouvoir se goinfrer avec toutes les nouvelles têtes à la mode. Justin Timberlake porte un rôle qui lui va bien et qu'il joue correctement, on aurait alors pu s'attendre à voir son complice de Disney Ryan Gosling qui a tellement le vent en poupe en ce moment, mais non, on y verra plutôt Vincent Kartheiser et son insupportable petite bouche rubiconde et humide, à l'identique de son rôle de Prout Campbell dans Mad Men, ou le Robert Fischer d'Inception, alias Cillian Murphy. Y a aussi une fille avec des yeux globuleux, Amanda Seyfried (blop, blop, bulle).
Et sinon dans le fond ? Dans le fond, ce film américain hautement socialiste (oui, c'est possible !) fait l'apologie de la redistribution des richesses et de la mixité sociale, les capitalistes manquent d'humanité et rien de mieux que de sortir avec une racaille pour comprendre c'est quoi la vie en vrai : tout est question de choix, ne pas profiter de son temps de peur de risquer sa vie ou courir follement après pour voir un nouveau jour, même pourri, se lever sur son ghetto.
C'est donc l'amour et l'humain qui gagnent dans ce film plein de bons sentiments. Houuu aux chiottes les méchants capitalistes. On s'est pas fait chier parce que le concept est intéressant, mais c'était tout juste (parce que les prises de position sont un poil molles) !
P.S. : merci au réalisateur de ne pas avoir fait tomber la fille lors des courses poursuites, ça change. Quelles cruches ces filles.
21 novembre 2011
L'ordre et la morale - Mathieu Kassovitz - 2011
Attention, boule puante !
Dans "Ce soir ou jamais", Mathieu Kassovitz était venu il y a quelques semaines défendre bec et ongles son film, face aux protagonistes (cette fois en chair et en os) de L'ordre et la morale et aux côtés de Philippe Legorjus, commandant du GIGN, qu'il incarne à l'écran.
La mauvaise foi des puissants papis d'une autre ère y était déjà flagrante (au final, Chirac qui feint la démence pour échapper à son procès le prouve tout aussi bien) et le peu de temps dont disposaient Kassovitz et Legorjus pour se défendre engendre un peu de frustration. Bref, toujours est-il qu'on n'est jamais si bien renseigné que par soi-même et que voir le film, ça aide à se faire une idée (hein, monsieur Pons ?).
Les faits : en 1988, un groupe d'indépendantistes Kanaks décide d'investir pacifiquement une gendarmerie. Après la mort de quatre gendarmes, les indépendantistes sont contraints de conduire les otages dans une grotte. De son côté, la France vit l'entre deux tours de l'élection présidentielle opposant le président Mitterrand à son premier ministre de cohabitation Jaques Chirac.
Plus de 20 ans après la prise d'otages de la grotte d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, Mathieu Kassovitz aborde ce sujet à contrepied de la version officielle. Que l'on prenne cette version pour parole d'évangile, tout simplement parce qu'elle est très crédible, ou que l'on craigne un parti-pris aveuglé par l'antigouvernementalisme notoire du réalisateur, finalement peu importe.
Dans tous les cas, le film est déjà une réussite visuelle grâce à une mise en scène forte et intelligente. Les scènes de l'introduction et du récit de la prise d'otages sont d'une efficacité et d'une puissance redoutables. Kassovitz n'y met pas de chichi, juste des bonnes idées, au service de la narration et de l'émotion.
L'ordre et la morale constitue en soi une preuve flagrante que le cinéma français (l'autre, celui dont on nous abreuve le reste de l'année) manque de souffle, d'inspiration et d'ambition. J'ai longtemps rechigné à chier sur le cinéma hexagonal, mais là je dois avouer que la différence est flagrante. C'est un peu comme bouffer du Mcdo pendant des années et finir par se faire un burger maison : c'est une révélation.
Vient ensuite la partie "ces gens qui nous gouvernent, quelle belle bande d'enculés" à laquelle j'adhère totalement. Et c'est cette prise de position qui donne tout son souffle au film, qui le rend tellement humain.
Du début à la fin, Kassovitz-Legorjus n'aura de cesse d’œuvrer pour une solution pacifique. Chargé de négocier la libération des otages et d'éviter le bain de sang, Legorjus se heurte à l'aveuglement des politiques qui veulent sauver leur peau dans l'élection présidentielle et à l'entêtement des militaires qui ne se sont pas engagés pour fraterniser... La volonté naturelle de préserver la vie est broyée par la grosse machine politique. Ça foutrait presque la gerbe si ce n'était pas déjà notre quotidien.
Au XXe siècle, l'humanisme n'est plus aux commandes. Seul compte le pouvoir. Au détriment du reste, de l'Homme, de la paix et grâce à l'appui de la violence.
Le seul petit bémol, ce sont des rôles parfois un peu mal joués à mon goût et des scène d'engueulades souvent poussives...
Bref, courrez vite au cinéma.
Dans "Ce soir ou jamais", Mathieu Kassovitz était venu il y a quelques semaines défendre bec et ongles son film, face aux protagonistes (cette fois en chair et en os) de L'ordre et la morale et aux côtés de Philippe Legorjus, commandant du GIGN, qu'il incarne à l'écran.
La mauvaise foi des puissants papis d'une autre ère y était déjà flagrante (au final, Chirac qui feint la démence pour échapper à son procès le prouve tout aussi bien) et le peu de temps dont disposaient Kassovitz et Legorjus pour se défendre engendre un peu de frustration. Bref, toujours est-il qu'on n'est jamais si bien renseigné que par soi-même et que voir le film, ça aide à se faire une idée (hein, monsieur Pons ?).
Les faits : en 1988, un groupe d'indépendantistes Kanaks décide d'investir pacifiquement une gendarmerie. Après la mort de quatre gendarmes, les indépendantistes sont contraints de conduire les otages dans une grotte. De son côté, la France vit l'entre deux tours de l'élection présidentielle opposant le président Mitterrand à son premier ministre de cohabitation Jaques Chirac.
Plus de 20 ans après la prise d'otages de la grotte d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, Mathieu Kassovitz aborde ce sujet à contrepied de la version officielle. Que l'on prenne cette version pour parole d'évangile, tout simplement parce qu'elle est très crédible, ou que l'on craigne un parti-pris aveuglé par l'antigouvernementalisme notoire du réalisateur, finalement peu importe.
Dans tous les cas, le film est déjà une réussite visuelle grâce à une mise en scène forte et intelligente. Les scènes de l'introduction et du récit de la prise d'otages sont d'une efficacité et d'une puissance redoutables. Kassovitz n'y met pas de chichi, juste des bonnes idées, au service de la narration et de l'émotion.
L'ordre et la morale constitue en soi une preuve flagrante que le cinéma français (l'autre, celui dont on nous abreuve le reste de l'année) manque de souffle, d'inspiration et d'ambition. J'ai longtemps rechigné à chier sur le cinéma hexagonal, mais là je dois avouer que la différence est flagrante. C'est un peu comme bouffer du Mcdo pendant des années et finir par se faire un burger maison : c'est une révélation.
Vient ensuite la partie "ces gens qui nous gouvernent, quelle belle bande d'enculés" à laquelle j'adhère totalement. Et c'est cette prise de position qui donne tout son souffle au film, qui le rend tellement humain.
Du début à la fin, Kassovitz-Legorjus n'aura de cesse d’œuvrer pour une solution pacifique. Chargé de négocier la libération des otages et d'éviter le bain de sang, Legorjus se heurte à l'aveuglement des politiques qui veulent sauver leur peau dans l'élection présidentielle et à l'entêtement des militaires qui ne se sont pas engagés pour fraterniser... La volonté naturelle de préserver la vie est broyée par la grosse machine politique. Ça foutrait presque la gerbe si ce n'était pas déjà notre quotidien.
Au XXe siècle, l'humanisme n'est plus aux commandes. Seul compte le pouvoir. Au détriment du reste, de l'Homme, de la paix et grâce à l'appui de la violence.
Le seul petit bémol, ce sont des rôles parfois un peu mal joués à mon goût et des scène d'engueulades souvent poussives...
Bref, courrez vite au cinéma.
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