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4 juin 2012

De rouille et d'os - Jacques Audiard - 2012

Je suis allée voir De rouille et d'os comme un zombie irait boire un verre de sang au cou d'une jeune vierge. Des raisons extérieures à mon agenda m'avaient contrainte à attendre deux semaines et c'était déjà trop.
Toute frétillante, je comptais fondre pour une belle histoire d'amour, une qui serait pas recouverte de miel et de glaçage mais plutôt de tripes entortillées (et encore frétillantes). Une histoire d'amour à la sauce Audiard, sliourp, un festin s'annonçait. Sauf que ces cons de journalistes à Cannes ont tout misé sur l'histoire d'amour avec deux acteurs top glamour, alors que c'est un peu plus compliqué que ça... Et j'étais pas au courant, alors j'ai un peu lâché mon verre d'hémoglobine sur le fauteuil du MK2 Quai de Loire.
C'est emmerdant d'être déçu dans un tel cas. Parce que le film est vraiment bon, tout est bien ficelé, la réalisation est belle et intelligente, les personnages bien travaillés et bien interprétés (sauf quand même parfois Mathias Schoenhaert, je sais pas si c'est à cause de son accent belge, mais ça passait pas toujours à mes oreilles).
C'est un peu plus compliqué que ça, parce que j'ai eu l'impression que De rouille et d'os tournait surtout autour du personnage d'Ali, autour duquel gravitent les autres personnages. Son histoire avec Stéphanie est centrale, oui, mais sa vie de paumé, son hobby castagneur, son gosse et sa manière d'envisager la vie forment toute la carcasse du film. Ali est interprété par Mathias Schoenhaert, vu précédemment dans Bullhead, et c'est effectivement un acteur à suivre. La comédienne principale, Mariard Cotillon, est quant à elle une jeune inconnue. Vu qu'elle a pas de jambes, je vois pas comment elle pourrait faire carrière...

De toute façon, si vous ne l'avez pas vu, allez-y et profitez-en pour (re)voir Un prophète, De battre mon coeur s'est arrêté, ou Sur mes lèvres pour les plus récents. Sinon vous avez surement déjà tout lu et tout entendu sur ce film, pour une étude intelligente et approfondie, c'est pas ici.

3 mars 2012

Le territoire des loups - Joe Carnahan - 2012

Un bon film !! Ca y est !! J'ai enfin vu un bon film !! Putain que ça fait du bien.

Dans "The Grey" (titre original), tout part d'un scénario relativement simple : un groupe d'hommes livrés à eux-mêmes dans un milieu hostile (la montagne, un paquebot...) et/ou face à un animal sauvage (requin, piranha, zombie, anaconda, choisissez votre phobie !), ici en l'occurrence le loup. Le groupe perd des têtes tout au long du film et on se doute bien dès le départ qu'au final il en restera pas énormément. Déjà vu.

Sauf que comme dirait mon oreillette, y a pas de mauvais scénarios, y a que des mauvais traitements. Et il faut dire que cette phrase s'applique parfaitement au Territoire des loups. Le scénario est simple, mais la réalisation parfaite, précise, efficace, rythmée, donne tout son souffle à l'histoire et tient le spectateur en haleine pendant presque deux heures. J'entendais régulièrement les gens exprimer leur soulagement après le véritable stress engendré par certaines scènes, cette espèce de rire nerveux qu'on lâche pour libérer une pression. Je l'ai moi-même lâché ce rire, j'avais des impatiences dans les jambes, je serrais les mains, j'ai vécu le film, il m'a emportée en Alaska, aux côtés de John Ottway (interprété par le parfait Liam Neeson sur les épaules duquel repose quand même tout le film, à ne pas confondre avec Leslie Nielsen, please).

Alaska, sur une site de forage pétrolier enneigé et glacial. Tout commence par une présentation rapide mais super efficace du personnage principal. Solitaire, mélancolique, meurtri, profondément triste. J'ai accroché dès le début. Tout s'est réchauffé.
Il est employé à sniper les loups qui peuvent se jeter sur les travailleurs, ça tombe bien, il va devoir les affronter à mains nues pendant plusieurs jours. Car l'avion qui devait ramener un tas d'employés à la civilisation se crashe en pleine toundra et il ne reste déjà plus que sept mecs en lice.
Mais revenons un instant sur la scène du crash. La scène du crash quoi !!
D'une intensité et d'une concision rares, pas d'explosions à tout va, pas d'hystérie, pas de plans superflus, une force et une efficacité qui m'ont soulevé le cœur, même les fauteuils de la salle retenaient leur souffle. Dans les 20 premières minutes du film, on a déjà ressenti plus de choses dans sa carcasse qu'en 20 films français (et bim).

Et c'est pareil tout le reste du film, les loups attaquent, encerclent, hurlent, se font oublier le temps de creuser les personnages, puis reviennent soudain. La nature en rajoute une couche, le groupe se délite, l'homme fait face à sa vulnérabilité physique comme mentale et se questionne, interroge sa foi, sa vie, ce qui le meut, la nécessité (ou non) de sa survie en somme. La religion est rapidement abordée, la famille et l'amour, bien qu'esquissés tout du long, prennent toute leur ampleur dans la scène finale (où j'ai failli chialer).

Effi-ca-ci-té, je vous dis. Ça fait du bien.


19 décembre 2011

Carnage - Roman Polanski - 2011

Comme vous l'avez sans doute déjà entendu à la télé (celle qui nous sert sa bouillie de chat), le dernier film de Roman Polanski adapte sur grand-écran la pièce de Yasmina Reza Le dieu du carnage. Tourné dans un appartement très new-yorkais, Carnage est en réalité un enfant de Bry-sur-Marne et ses studios. On pourra donc déjà saluer la prouesse du chef décorateur Dean Tavoularis (Apocalypse Now, Le Parrain, Bonnie & Clyde) pour son fond vert aux fenêtres (tenu par des stagiaires de 3e du collège Ricky Martin) et pour cette ambiance si arty/bobo/newyorkais qu'est l'appartement de Michael et Pénélope Longstreet.

Entre la cuisine, le bureau, la salle de bain et le palier, mais surtout dans le salon des Longstreet, Carnage est un huis-clos pas étouffant pour un sous entre quatre adultes propres sur eux. Pas étouffant et même balayé par une brise très fraîche pour tout vous dire, puisque très rythmé grâce à une mise en scène vive et proche du théâtre, où il faut bien occuper la scène pour pas endormir ses spectateurs.

Non seulement le film aborde une situation que l'on a tous, de près ou de loin, déjà vécue, mais en plus elle est interprétée par quatre EXCELLENTS comédiens, portés par un scénario aux petits oignons. Ou comment envoyer valser les convenances, la bienséance et la retenue que nous impose la vie en société, dès que l'humain est piqué au vif par des attaques personnelles ou réagit de manière épidermique face à la mauvaise foi, la cruauté, l'injustice, la certitude d'être dans son bon droit et j'en passe...

Jodie Foster joue donc la pimbêche frigide, tragédienne et faussement humaniste, qui intellectualise et amplifie tout, première avocate de la résolution des problèmes par le dialogue. Son mari un brin castré et pendu au téléphone avec sa mère est incarné par John C. Reilly (avec sa tête d'Ecossais et ses cheveux de mouton).
Dans l'autre coin du ring, Nancy et Alan Cowen interprétés par la délicieuse Kate Winslet, type bourgeoise guindée et vite piquée au vif et son tendre époux Christopher Waltz qui n'en a rien à battre de cette rencontre au sommet. Pendu à son portable pour régler un problème d'ordre professionnel, ses coups de fil créent des pauses et ajoutent ainsi au rythme du film puisque les adultes polis attendent la fin de sa conversation pour reprendre la leur et l'y impliquer.

A mesure qu'avance le film, la déchéance physique des personnages et la disparition progressive des convenances permet d'autant plus l’identification du spectateur et sa participation au pugilat. Les alliances se font et se défont et reforment de nouveaux couples tout le long du film, au fil de règlement de comptes personnels divers et variés.

Un vrai régal quoi.



21 novembre 2011

L'ordre et la morale - Mathieu Kassovitz - 2011

Attention, boule puante !

Dans "Ce soir ou jamais", Mathieu Kassovitz était venu il y a quelques semaines défendre bec et ongles son film, face aux protagonistes (cette fois en chair et en os) de L'ordre et la morale et aux côtés de Philippe Legorjus, commandant du GIGN, qu'il incarne à l'écran.

La mauvaise foi des puissants papis d'une autre ère y était déjà flagrante (au final, Chirac qui feint la démence pour échapper à son procès le prouve tout aussi bien) et le peu de temps dont disposaient Kassovitz et Legorjus pour se défendre engendre un peu de frustration. Bref, toujours est-il qu'on n'est jamais si bien renseigné que par soi-même et que voir le film, ça aide à se faire une idée (hein, monsieur Pons ?).

Les faits : en 1988, un groupe d'indépendantistes Kanaks décide d'investir pacifiquement une gendarmerie. Après la mort de quatre gendarmes, les indépendantistes sont contraints de conduire les otages dans une grotte. De son côté, la France vit l'entre deux tours de l'élection présidentielle opposant le président Mitterrand à son premier ministre de cohabitation Jaques Chirac.


Plus de 20 ans après la prise d'otages de la grotte d'Ouvéa, en Nouvelle-Calédonie, Mathieu Kassovitz aborde ce sujet à contrepied de la version officielle. Que l'on prenne cette version pour parole d'évangile, tout simplement parce qu'elle est très crédible, ou que l'on craigne un parti-pris aveuglé par l'antigouvernementalisme notoire du réalisateur, finalement peu importe.
Dans tous les cas, le film est déjà une réussite visuelle grâce à une mise en scène forte et intelligente. Les scènes de l'introduction et du récit de la prise d'otages sont d'une efficacité et d'une puissance redoutables. Kassovitz n'y met pas de chichi, juste des bonnes idées, au service de la narration et de l'émotion.
L'ordre et la morale constitue en soi une preuve flagrante que le cinéma français (l'autre, celui dont on nous abreuve le reste de l'année) manque de souffle, d'inspiration et d'ambition. J'ai longtemps rechigné à chier sur le cinéma hexagonal, mais là je dois avouer que la différence est flagrante. C'est un peu comme bouffer du Mcdo pendant des années et finir par se faire un burger maison : c'est une révélation.

Vient ensuite la partie "ces gens qui nous gouvernent, quelle belle bande d'enculés" à laquelle j'adhère totalement. Et c'est cette prise de position qui donne tout son souffle au film, qui le rend tellement humain.
Du début à la fin, Kassovitz-Legorjus n'aura de cesse d’œuvrer pour une solution pacifique. Chargé de négocier la libération des otages et d'éviter le bain de sang, Legorjus se heurte à l'aveuglement des politiques qui veulent sauver leur peau dans l'élection présidentielle et à l'entêtement des militaires qui ne se sont pas engagés pour fraterniser... La volonté naturelle de préserver la vie est broyée par la grosse machine politique. Ça foutrait presque la gerbe si ce n'était pas déjà notre quotidien.
Au XXe siècle, l'humanisme n'est plus aux commandes. Seul compte le pouvoir. Au détriment du reste, de l'Homme, de la paix et grâce à l'appui de la violence.

Le seul petit bémol, ce sont des rôles parfois un peu mal joués à mon goût et des scène d'engueulades souvent poussives...

Bref, courrez vite au cinéma.

27 mars 2011

127 heures - Danny Boyle - 2011

Moi, voir un film sur un mec qui s'auto-mutile ? Alors ça, zamais ! Déjà que j'ai gravement souffert pour les ongles de Nathalie Portman dans Black Swan, que j'ai refusé d'aller voir Burried par peur de la suffocation, là c'était juste pas possible.
Bon bah finalement j'ai accepté, parce que c'était la pénurie de films cette semaine là et parce qu'au final, l'histoire de ce mec, Aron Ralston, m'avait toujours fascinée au plus haut point.
Le postulat de départ est simple : on a un mec, seul, entre deux parois rocheuses, pendant plusieurs jours (127 heures, faites le compte vous-même, j'ai fais un bac L). Comment faire un film là-dessus ? Ou plutôt comment réussir un film là-dessus ?
Ça faisait bien longtemps qu'un film aussi simple, frais et vrai ne m'avait autant enthousiasmée, à tel point que je pourrais presque retourner le voir quelques jours après l'avoir digéré. Ce qui fait de ce film un si bon film tient je pense d'une part à la prouesse technique de tenir le spectateur éveillé sur un scénario si "mince" et d'autre part (mais qui au final nourrit la première) à la performance ou disons plutôt à l'apparente facilité et fraicheur de James Franco.
Pas une goutte de pathos (sauf peut-être l'espèce de vision gnan-gnan blonde de la fin... dans laquelle on se laisse prendre volontiers, vu l'heure et demie que l'on vient de passer), une pointe d'humour, une BO au poil, un rythme parfaitement maîtrisé et des trésors d'idées pour faire passer la pilule d'un mec au fond du gouffre. Le film surprend déjà sur ce postulat, tout le monde s'attend à 1h30 de boucherie et de douleur et au final on ne comptera que 5 minutes d'automutilation. Au lieu de ça on se retrouve face à l'introspection d'un mec qui à "le mental". Chose évidente quand on y pense, toujours est-il qu'il faut savoir le faire et le duo de scénaristes Boyle-Beaufoy réussit dans la simplicité la plus évidente en prenant un parti simple : se dire que quand tu fais une connerie, tu reviens en arrière et penses à tes conneries. Ajoutez à cela des oppositions foule/désert, nature belle/cruelle, individualisme/solidarité... vous obtenez le plus surprenant des feel-good movie (genre généralement prévisible et cul-cul au possible).
Et James Franco, JAMES FRANCO !!! Les oscars ne se sont vraiment pas trompés en le faisant figurer dans la liste des nominés de 2011. Voilà pour 127 heures.

11 février 2011

Memories of murder - Bong Joon-ho - 2003

http://koreanfilm.org/memories5.jpgAu rayon polar, le pays du matin calme n'a rien a envier aux français et encore moins aux ricains. Au contraire, la Corée propose et Memories of murder (avec un titre comme ça, y a de quoi se demander si on parle de la Corée du Nord ou du Sud) donne le ton. Second film d'un des nombreux 1er de la classe coréens, M.O.M (pour faire court) est un film de genre singulier ou se mêlent habilement meurtres glauques, poésie paysagère, critique politique et humour de manga.

Si j'ai bien compris, on est en 1986, à l'époque où nous faisions des châteaux de sable pendant que nos papas grillaient des saucisses en moule bite. Un petit village coréen est alors frappé par un tueur en série, vicieux et lubrique. C'est souvent l'image que l'on se fait des serial killers, mais aussi parallèlement des Japonais, eux aussi aficionados de petites culottes et autres sous-vêtements féminins. Mais revenons-en à l'histoire. Les flics du village sont submergés par leur amateurisme (aveux par la torture, perte de preuves et fausses pistes à répétition) et la capitale leur envoie donc du renfort, en la personne d'un flic à peine plus doué, mais au moins plus intègre. Rien de très original, hein ? (T'en vois beaucoup des film avec des flics foireux ?...) (bah oui, ne serait-ce que dans la monumentale série The Wire, l'équipe de bras cassés met beaucoup de temps à briller par ses écoutes !) ( On n'a pas vu la même série; tu confonds une hiérarchie qui fait ralenti le travail avec des bras cassés, les quelques éléments feignants ont vite sauté, passons).

Effectivement, sauf que là où les amerloques nous auraient collé cinq courses poursuites, trois fusillades et un renfort de trente voitures de police et le FBI au cul dans la scène finale, là où les camemberts nous auraient foutu Olivier Marchal en veste kaki qui essaie de faire comme il peut pour convaincre le tueur de lâcher sa dernière proie avant de la tuer, parce qu'il n'a justement que Julie Lescaut comme renfort et qu'elle est tombée pendant la scène de la course poursuite (reprenons donc le tout début de la phrase maintenant) et bien Bong Joon-ho lui, surprend et offre une ultime faiblesse à ses personnages.

Sans être haletant ou rempli de suspense ("la vérité est ailleurs..."), M.O.M sait très bien où taper pour captiver le spectateur, et ce n'est sûrement pas dans le spectaculaire. Oh oui ! Mamie va pouvoir regarder ce film sans risquer l'arrêt cardiaque. La réalisation offre des images léchées mais sans surenchère de mouvements de caméra frénétiques. Chacune des scènes est rythmée comme un Tex Avery, offrant un retournement de situation qui nous plonge tantôt dans l'humour, tantôt dans le tragique. Bong Joon-Ho ne blâme pas ici ses personnages mais plutôt leur condition. Plus tard, on retrouvera l'influence de ce film sur le cinéma américain et notamment avec Zodiac (de David Fincher) qui en est un très bonne exemple.

9 février 2011

L.A Confidential - Curtis Hanson - 1997

http://blogs.amctv.com/movie-blog/la-confidential-pearce560.jpg
AÏE AÏE AÏE, voilà une équipe qui fait très très mal. Le cast : Kevin Spacey, Russel Crowe, Guy Pearce (Memento), Kim "putaintuvieillis" Bassinger, Dany de Vito et blablabla. Le crew : James Elroy (l'adapté), Brian Helgeland (l'adaptateur, also known for Payback, Mystic River, Man on Fire...), Jerry Goldsmith (au clavier, comme pour Rambo, Gremlins, Total Recall, Basic Instinct...), Dante Spinotti (aux lights , comme dans Mindhunter, Le dernier des Mohicans, HEAT, Public Enemies, oui ! C'est le chef op' de Michael Mann) et pour réaliser Curtis Hanson (8 mile), on aurait pu trouver mieux comme réal' mais c'est déjà pas mal. Au final, 9 nominations aux Oscars et seulement 2 récompenses, merde ! Ils sont tombés la même année que Titanic (tudhhudhhhuuuu dhudhudhuuu dhûûûû) (11 Oscars, le record). Bon sinon c'est très bien tout ça, mais le film, que dit-il ?

Il dit que c'est pas possible d'interroger une blonde pulpeuse sans succomber à ses charmes ?
Il dit que les années 50 et L.A. c'est trop classe comme contexte ?
Il dit que derrière trois nègres se cache une conspiration des francs-maçons ?
Pas tout fait, mais en tout cas, le film nous dit très bien qu'on va se faire mener par le bout du nez jusqu'à la scène finale, où tout le monde meurt dans d'atroces souffrances, nan c'est pas vrai.
Il s'agit en effet de l'enquête de trois policiers de choc, le vendu de mèche avec la presse, le cogneur, qui défend plus la veuve que l'orphelin et le petit fils à papa qui vendrait sa chemise pour la loi et l'ordre (et surtout grimper dans la hiérarchie), tous issus de branches différentes de la police. A chaque parcours sa destinée. Mais quand ces trois flics plus ou moins verreux finissent par comprendre que l'enquête qu'ils viennent de conclure sent le pipi, un sursaut d'honneur et l'envie d'être de "GOOD POLICE" les replongent dans l'enquête.

Un film noir dans la plus pure tradition de l'âge d'or hollywoodien (les 50's justement). On retrouve surtout l'esprit d'Ellroy : l'odeur des bas-fonds, les crimes racistes et les faits divers, la corruption et le charme dans tous ce qu'il a de tordu. L.A Confidential est donc la meilleure adaptation d'Ellroy (il le dit lui même, pour une fois). Bref, un sans faute à voire et revoir etc.

25 janvier 2011

Menace 2 society - Albert et Allen Hughes - 1993

Pour ceux qui ne seraient pas nés au début des années 80, oui, vous, les vieux, les frippés, les gaufrés, Menace II Society est un film, disons... de genre. Quartier chaud de L.A., violence urbaine, BO west coast et des tas de noirs aux pantalons qui tombent. Quand on regarde ça ado, on se dit "waouh, la grosse claque dans ma gueule ! On élargit son vocabulaire d'argot English grâce au nombre incalculable de "Bitch" et "Nigga". Après un Scarface et ses "fuck" à tire larigot, à 15 berges on se prend pour un caïd. Un film avec du rap, des mecs qui se canardent, ça parle de drogue, c'est un truc de ouf !" et quand on a 30 piges, on se dit "Mais tiens au fait, ça parlait de quoi dans le fond ce film ?" Même si ce n'est pas une référence en soi, le Festival de Cannes, où il avait été repéré, avait à l'époque salué la prouesse de ses deux réalisateurs de 21 ans.

Pour resituer l'action, Caine, jeune lycéen, vient d'avoir son bac et se demande ce qu'il va en faire. Parents morts des travers de la rue, seuls les grands-parents et deux amis (un futur Malcolm X et un joueur de foot, les seules voies possibles ?) le poussent à poursuivre les études. Le temps d'un été, Caine va devoir faire un choix : trainer dehors et vivre la vie presque obligée de son quartier (deal, règlements de compte et violence gratuite) ou faire le réel effort de se couper d'un milieu mortifère et prendre son destin à deux mains. Et puis il y a une petite minette, Ronnie, mi inaccessible, mi salvatrice (Jada Pinket à l'époque où sa pince à épiler ne s'approchait pas de ses sourcils), nana du mentor de Caine, en tôle. Celle-ci lui propose de la suivre et vivre ailleurs. Caine a donc l'embarras du choix. Telle un chant de sirène, la violence et la drogue sont les tentations les plus fortes, celles qui vont le charmer les premières. "On n'échappe pas à son environnement" pourrait être le pitch (la petite phrase d'accroche des affiches de film) du 1er long des "Hughes Brothers". Caine n'a effectivement "qu'à se baisser" en sortant de chez lui. Seringue, "gros fer" (voitures de luxe), junkie, armes à feu et filles faciles, Caine s'essaye à la vie de dealer, beeper en poche (90's oblige, nous avions bien nos Alphapage, Tatoo, Tam-Tam et autres Kobby...).

Tremplin vers une carrière d'acteur pour bon nombre de rappeur U.S (The murder was the case: the movie avec Snoop Doggy Dogg, alors qu'est-ce qu'on attend?), les G-movies ont, comme beaucoup de genres, laissé apparaitre un tas de nanars, pour la plupart disponibles chez nous en "direct to vidéo" pour combler la fascination des fans hardcore de G-funk. C'était l'occasion pour les boutonneux (parle pour toi) que nous étions de découvrir la "street life" comptée par nos rappeurs préférés. Il y avait Original Gangsta (Pam Grier), Above the Rim (Gangball, avec 2pac, dans votre VidéoFutur de l'époque), Sunset Park (connu pour sa B.O immense), Poetic justice (pour les fleurs bleues), The Substitute (avec Tom Berenger, repenti depuis) et son clone féminin Dangerous Mind (Esprits rebelles, sur lequel Coolio nous faisait hocher la tête avec son Gangsta's Paradise, et dont Michel Pfeiffer ne s'est jamais remise) ou encore New Jack City de Mario Van Peebles avec Westley Snipes et Ice-T. Film phare des G-movies qui ont pullulé pendant les années 90, à l'instar de Boyz in The Hood qui révéla John Singleton (Il fait quoi maintenant ?...), Menace 2 Society frappe pour son portrait encore vrai aujourd'hui (voir pire) de la "Ghettoyouth attitude" comme le disent les casquettes vertes des tours HLM. Par exemple, O-dog reste un personnage culte (voir la scène du burger) malgré le surjeu de Larenz Tate. Les femmes, le machisme et la fierté masculine, l'amitié "virile", la mentale, tous les détails de la vie de voyous, de gangster même, sont présents. Le film frappe au visage comme un coup droit "d'Iron Mike" Tyson car dans les gangs de L.A, contrairement aux Affranchis et autres mafias comme on les connait, pour la moindre broutille tout prend une dimension paroxysmique. Le moindre mot de trop, le moindre pas hors des clous se paie cher et sur la place publique. Pour grandir, on doit écraser les autres, si possible en toute impunité et de manière désinvolte, au risque de ce faire écraser soi-même.

C'est peut-être aussi le sort réservé aux Frères Hughes une fois arrivés à Hollywood sur le piédestal cannois. Avec leur jeune âge, les frangins n'ont pas tant brillé par la suite, malgré des projets alléchants (From Hell , adapté du roman graphique d'Allan Moore, rien que ça). Il faudra attendre 2010 et Le livre d'Eli pour les retrouver en forme. Maintenant que le tour de chauffe est fait on a hâte de voir la suite.

5 janvier 2011

Faites le mur - Banksy - 2010

A la base,  Exit through the gift shop (titre ô combien plus évocateur du contenu que sa version française : Faites le mur) est un documentaire sur le Street Art. Inutile de vous rappeler (phrase purement rhétorique pour introduire le fait qu'on va quand-même le faire) que le Street Art rassemble aussi bien le graff à la bombe ou au pochoir, que le collage ou l'installation et tout ça sous la bannière de la gratuité et de l'illégalité (malgré la beauté ou l'intérêt culturel et agitateur évident de nombre de ces œuvres).
Dans tout ce bazar, il y a un grand nom, Banksy, auteur de pochoirs inspirés sur le mur de Gaza, artiste ayant remplacé des albums de paris Hilton par des copies presque conformes, et ici, réalisateur du documentaire. Réalisateur, instigateur, manipulateur ? Le terme reste à préciser, puisque son film soulève mille et une questions.
Tout commence par un plan sur Bansky, visage dans l'ombre, nous expliquant qu'il nous emmène à la rencontre de Thierry Guetta, un hurluberlu (dont l'accent français est à trancher au couteau) qui passe sa vie à filmer les autres. Le Street Art et quelques uns de ses grands acteurs en toile de fond, le film suit l'itinéraire de ce Guetta, du moment où il commence à côtoyer le milieu jusqu'à son expo pharaonique à L.A. C'est un portrait qu'aucun Street Artist ne voudra cautionner, puisque Guetta fait l'impasse sur tout : sur la création, le travail, l'implication personnelle, la recherche, la lente construction d'une identité artistique. En sortant du film, on se dit, mais merde, il est sympatoche, mais il est quand-même abusé ce Thierry Guetta ! Pour couronner le tout, les œuvres du Street Artist autoproclamé se vendent plusieurs milliers de dollars, la critique s'enflamme, le public se rue.

Brûler toutes les étapes nécessaires à l'éclosion d'un artiste (voire d'une identité, d'une patte...) pour atteindre directement gloire et reconnaissance, jeter l'art de rue en pâture aux spéculateurs et collectionneurs, c'est bien là le mal de notre société, et sans doute celui que Banksy et ses acolytes ont voulu mettre en avant. Reste à savoir maintenant quel est le vrai du faux, face à ce docu qui mène le spectateur par le bout du nez : tous les personnages, Banksy le premier, sont-ils complices de Guetta ? Son expo, le docu sont-ils en eux-mêmes une œuvre de Street Art, qui dénonce, qui malmène, qui interroge ? On aimerait bien croire que oui !

Mais qui est ce Thierry Guetta? Un Français, aux favoris qui font pâlir de jalousie un Wolverine métrosexuel, installé à L.A qui a fait son beurre en revendant des fringues nases (de son propre aveu) aux bobos locaux (Hipsters). Comme expliqué plus haut, il est devenu vidéaste amateur, véritable témoin du Street Art avec ses milliers d'heures de rushs dont il ne fait rien. D'après ses dires, Banksy le pousse à en faire un film et Thierry finit par prouver qu'il est un excellent monteur de bande annonce d'1h30, mais pas pour autant réalisateur. Toujours d'après le film, étant frustré du film de Thierry, Banksy le poussa gentiment à devenir Street Artist. Pendant ce temps, Banksy récupère tout les rushs de Thierry pour en faire le film qui nous est projeté. Pourquoi répéter "d'après le film" ? Simplement car Thierry "Mr Brainwash" Guetta a tout d'un "fake", d'un personnage fictif, mais le mystère reste entier. Son expo à bien eu lieu, il a bel et bien fait la pochette d'un best-of de Madonna, il donne des interviews où il la fait à l'envers aux journalistes, etc. En gros, Mr Brainwash semble tellement se moquer de l'establishment (qui le met sur un piédestal), il est tellement "bigger than life" qu'on soupçonne Banksy de nous faire un happening, une œuvre éphémère, ou tout ce que voudront bien inventer les "spécialistes" de l'art, qui se trouvent être les premier bernés.

Exit through the gift shop ose finalement poser la question de "est-ce que des Thierry Guetta-like sont des artistes ?" à une époque où la pensée unique tenterait d'élargir cette définition à tous les wannabe nouvelle star, acteurs et autres Shirley et Dino... Comme si on pouvait comparer Mozart à Nolwenn Leroy ou Picasso au coup de crayon d'un gosse de 4 ans...

9 novembre 2010

The Social Network - David Fincher - 2010

Pourquoi The Social Network n'est-il pas un College movie comme les autres ? Sur le papier, ce film retrace la naissance du désormais inévitable Facebook et de son créateur, Mark Zuckerberg. La naissance du colosse s'étant passée dans la douleur, avec plusieurs demandes de paternité au compteur, il y avait certes de quoi nourrir un scénario de long. Bon.
Le college movie est souvent un prétexte (cours, campus, ambiance estudiantine et sentiments adolescents) pour porter à l'écran des jeunes, sans parents dans les pattes, des fêtes sans fin (chouette, des nibards...), des histoires salaces, un joli cadre verdoyant (parce que le college movie à la fac de Nanterre, ça passerait vachement moins bien)... enfin tout ce qui faut pour faire un film agréable à regarder pour les mangeurs de pop corn. On y retrouve les pom-pom girls, les capitaines d'équipe de foot, les membres de l'administration coincés du cul et conservateurs, les geeks, les intellos, les cools et des scénarios tous identiques.
Oui, mais donc ? Pourquoi The Social Network n'est-il pas un College movie comme les autres ?
Parce que le personnage principal (très justement interprété par Jesse Eisenbergest) est à la limite du sociopathe, geek jusqu'au bout des lignes de code et profondément brillant, même si toute l'histoire nait finalement d'une simple déception amoureuse. Penchant plus du côté mon ordi c'est tellement ma vie que je porte que des claquettes de piscine, que du côté, j'ai des lunettes, t'as pas le droit de m'taper l'antihéros nous fait osciller entre la pitié pour une petite bête informatique et le rejet d'un être dépourvu de sentiments. Le capitaine de l'équipe de foot c'est un cyborg sous la forme de jumeaux tellement wasp que c'en est pas possible, les pom-pom girls, des asiates hystéros. Bref, des clichés pris à contrepied dans un film parfaitement rythmé, sans grand parti pris esthétique (Quoi mais t'es aveugle, c'est une photo dans la pure lignée de Se7en et Fight Club), mais on lui pardonne. Un portrait tellement juste d'une société en pleine mutation.

De l'avis de certains, David Fincher se serait assagi. Moins d'effets spéciaux dit-on, moins de caméras qui font la pirouette (cf. Fight Club et Panic Room) et un propos moins outrancier dans ses 3 derniers films. Depuis Zodiac, il serait donc devenu beaucoup plus classique et moins démonstratif. Je ne suis pas de cet avis pour une raison simple, c'est que, dans ses films, les effets spéciaux servent une histoire et non l'inverse. Imaginez Benjamin Button avec des ralentis et des caméras qui traversent les objets, pour nous parler d'une histoire d'amour d'un homme qui traverse le temps en sens inverse... où est l'intérêt. Chaque film à son sujet et le traitement qui lui convient et Fincher le sais très bien. En revanche les effets spéciaux sont omniprésents dans Zodiac (le San Francisco des années 70 refait par CGI -computer-generated image-), Benjamin Button (Brad Pitt vieilli et lifté à souhait) et The Social Network n'échappe pas non plus aux Special FX (l'acteur Armie Hammer est numériquement dédoublé en jumeaux Winklevoss). D'autre part les personnages des films de Fincher sont toujours des prisonniers de leurs obsessions et Fincher leur réserve toujours un traitement peu optimiste (David Mills dans Se7en, Jack dans Fight Club, Robert Graysmith dans Zodiac ou encore le fatalisme de Benjamin Button). Ici on le sait avant d'entrer en salle, Mark Zuckerberg n'a pas que des amis grâce à Facebook, mais le petit génie de Harvard suscite l'intérêt de Fincher pour son potentiel tragique et le bouleversement sociétal qu'a provoqué le plus jeune milliardaire au monde (mais Justin Bieber bosse dur pour le dépasser, il a déjà commander 4 caisses de gloss). Après Fight Club et ses hommes émasculés des 90's, Fincher scanne la geek generation des années 2000. Articulé par des dialogues rapides et incisifs, la structure de The Social Network rappelle un chat (miaou ?). Les échanges ne se font qu'en champ/contre-champ, chacun son cadre/chacun sa fenêtre. Zuckerberg ne sait discuter qu'à la porte (de sa chambre, comme de sa maison), il ne voit le monde qu'au travers de sa fenêtre, toujours derrière un filtre et Fincher poursuit ce parti pris dans sa réalisation. La narration est parfaitement maitrisée, croisant le récit à la fac avec les 2 procès contre Zuckerberg sans aucune répétition. Le rythme frénétique, où toutes les scènes se répondent les unes aux autres comme dans un dialogue (ça dépend avec qui le dialogue, moi j'connais des gens qui mettent des putain de disquettes) (traditionnellement les scènes s'enchainent), nous ramènent donc à l'idée de bouleversement dans les rapports "sociaux" d'un point de vue cinématographique. C'est donc Zuckerberg vs Winklevoss, geek vs  wasp, auteurs (classiques) Vs réalisateurs (modernes, façon Fincher donc, ou Danny Boyle, Quentin Tarantino, un faux amis des auteurs, Jan Kounen et consorts) (heu, j'aimerais bien savoir pourquoi tu mets pas Max Pécas ?).

Comme son nom l'indique, The Social Network n'est ni un biopic' sur Facebook, ni sur son co-créateur ;  c'est avant tout un film sur les rapports humains et les réseaux professionnels qui se font dès l'université (faudrait imaginer le même film sur la Fémis) (oh ! ça dénonce ! CNC, en***és !). Aujourd'hui tout le monde veut être "famous", veut être vu, joignable, en gros connecté avec le monde (merci Bill Gates). Ce qui n'est absolument pas le cas de Mark Zuckerberg, sociopathe (attention, tu reprends mes mots là...) confirmé (dans le film en tous cas), qui dès la scène d'ouverture fait preuve d'un malaise certain et d'un manque de confiance en lui dans un lieu de rencontre comme un pub. Il finira par se faire larguer et fuira dans sa chambre, traversant le campus tête baissée et au pas de course, sans saluer qui que ce soit. Arrivé dans sa chambre, son premier geste est d'allumer son ordinateur, puis accompagné d'une bière fraiche il retrouve ses aises devant son blog où il lâche tout son venin sur sa nouvelle ex'. C'est pas le genre de N*E*R*D* que l'on apprécie donc. Lorsque les autres étudiants font la fête, Zuckerberg, lui, fait de la programmation. Envieux des membres des Final Clubs qui se font livrer des nanas par bus (confirmé par Nathalie Portman, ex d'Harvard et consultante sur le scénario du film), Zuckerberg prend sa revanche en créant Facemash (site de vote de la plus bonne des plus bonnes filles d'Harvard). Avec 22 000 connections en 2h, il suscite l'intérêt de toute l'université et c'est là que les choses changent pour Mark. Fini le temps où l'on admirait les beaux blonds aryens champions olympiques et héritiers de très grosses fortunes. Aujourd'hui le geek fait des ravages et les wasp s'en prennent plein la tête à l'image des frères Winklevoss qui ne gagneront plus rien sur le plan sportif, comme sur le plan "réseau". Symbole absolu de la vielle garde conservatrice américaine, les jumeaux vont se retrouver face aux barrières qu'ils voulaient établir pour leur site HarvardConnect ("transformé" en Facebook par Zuckerberg, je mets des guillemets pour éviter le procès). Les clubs privés, les passe-droits de fils de..., le réseaux de papa tout ça c'est fini, mais les jumeaux ne l'ont toujours pas compris (la page facebook de Tyler Winklevoss, le vrai, n'est pas ouverte à "l'ajout" d'amis, c'est select) (ah ouais, carrément comme celle d'Elyzabeth II !).

Le paradoxe, qui fait toute la force du film, c'est que ce réseaux ouvert nait de la volonté du type le plus introverti de Facebook. Convaincu de son potentiel et du futur succès de son site, Zuckerberg avance tel un rouleau compresseur que rien n'arrête. "Marche ou crève" devient son adage et son meilleur ami, 'Wardo Saverin en paye les pots cassés. Trop naïf, 'Wardo est justement trop attiré par cette vie de privilèges, celle des Winklevoss, il rentre dans une confrérie et en accepte le bizutage, se case avec la première groupie et vend son site à l'ancienne en allant chercher des annonceurs pour les bannières du site. Zuckerberg trouve un écho chez Sean Parker (il est à Mark ce que Tyler Durden est à Jack), co-créateur de Napster, devenu une rock star du web fauché et parano. Mais les dérapages de son nouvel acolyte vont encore isoler Mark. Trônant seul, au sommet de sa tour de verre, avec une cravate qui lui va si mal, son meilleur ami c'est son site.

Portrait d'un cas (à part), comme Jack dans Fight Club, à qui Fincher ne cesse de donner des échos (Zuckerberg va en RDV en pyjama peignoir claquettes), The Social Network nous renvoie une certaine image de nous-même. Nous, membres du premier réseau social en ligne au monde, sommes les semblables des membres du projet chaos d'un certain Tyler Durden.

En tout cas ce que j'ai le plus apprécié, c'est que Tati Bambou s'est concentré sur le film pendant TOUTE sa durée ! Dans les sales obscures, son intérêt tactile et vocal pour moi grandit généralement à mesure de son ennui (Venus Noire m'a mis K.O d'ennui je me suis juste agité quand tu m'as demandé de quitter la salle en plein film).

1 novembre 2010

Total Recall - Paul Verhoeven - 1990


Un bon matin, on se réveille la tête dans le cul, comme après un bon cauchemar. Le son des marteaux piqueurs du chantier d'à côté  vous ramène à la bonne réalité du quotidien. Celle où l'on aime se rappeler devant son bol,et les infos du matin, la chance que l'on a de vivre en France. Ben oui, la télé est là pour nous rappeler qu'être Français ce n'est pas comme être Chinois, Afghan ou autochtone de RDC (d'où des rebelles sanguinaires viennent défiler pour notre fête de la prise de la Bastille). La France est un pays sécurisé : sécu, retraite, allocation chômage, caméras de surveillance, CRS pour nous débarrasser des casseurs et des clandé' puis la bombe atomique pour dissuader les vils dictateurs de nous envahir. Après un rêve désagréable, il est donc plus rassurant de retrouver celui (ou celle) qui nous est cher, au chaud chez soi, dans son bon pays. Après son bol, on quitte son domicile pour aller travailler et en chemin on ne manque pas de se faire harceler par la pub. On en retient le nouveau morceau de la pub Rekall, agence de voyage imaginaire, directement repris d'un célèbre morceau. Arrivé au boulot, on s'aperçoit que ça fait 6 mois que l'on gaspille son énergie à régler des problèmes pour lesquels on paie des gens pour le faire à sa place mais bon... On est en France, pays tellement sécurisé que les gens s'en foutent de faire leur boulot, ils seront payés pareil. Au final, on se dit qu'il nous faut des vacances. Mais ça coûte trop cher. Puis l'assurance n'a toujours pas remboursé l'avance sur réparation d'il y a deux mois. Heureusement Rekall à la solution qu'il vous faut. Pour quelques billets, achetez-vous des souvenirs de vacances (à défaut de voyager soit-même) et avec l'option Photochiotte Premium +, on vous laissera même un lien vers vos photos pour les ajouter vous-même sur Facebook. Vous pourrez montrer à vos amis virtuels vos super souvenirs fictifs. Vous savez que chez Rekall il y a des risques de finir lobotomisé mais bon à cette heure-ci on est prêt à tout pour se changer les idées. Surtout maintenant que l'on doit avoir peur de mourir d'un attentat. Ben ouais, le chef des terroristes martiens a décider de pointer son nez pour nous faire peur. Vous savez, ces barbus aux mœurs étranges (à ce qu'il parait ils se marient à 4 femmes et font des centaines d'enfants par foyer). "Oh nooooon, je venais de retrouver espoir, ma station essence vient juste de rouvrir..." s'exclame Douglas Quaid, le héros du film traité en filigrane.

Donc ce brave Douggie tente sa chance chez Rekall et veut se la jouer Agent Double en vacances sur Mars pour aller péter la gueule à ces connards de terroristes. Oui, à la différence de beaucoup de Français, Douggie est un patriote va-t-en-guerre, mais il ne le dit qu'au moment du vote. Pour preuve, sa femme est blonde aux yeux bleus, elle ne s'appelle pas Marine,  mais bon... Dans le fond Douggie n'aime pas les blondes il préfère les brunes athlétiques aux trais latins et c'est pour rejoindre l'une d'entre elles qu'il "se casse sur Mars" (cf. VF du film, souvenir d'enfance ; aujourd'hui les gosses ont Franklin la tortue, moi j'avais Terminator, San-Goku et Douglas Quaid, bref). Finalement, il a quelque chose de sympathique celui-là.

20 ans quasiment jour pour jour (le film est sorti en France le 17 octobre 1990), on a parfois l'impression de se réveiller dans un roman de Philip K. Dick. Blade Runner nous parlait de futurs rapports de force entre les USA et la Chine. La tendance à dépister la délinquance à la naissance de Sarko nous rappelle Minority Report (cela-dit Brice Hortefeux nous l'a mise avec EDWIGE 2.0) et aujourd'hui Total Recall enfonce le clou, aujourd'hui l'hyperréalité est omniprésente. Sarko en est le plus pur fruit. Incarnation à la française de Scarface, se voulant être l'ami des stars de cinéma (de Tom Cruise à Christian Clavier... c'est de mieux en mieux), il arrive surtout à nous proposer un premier (espérons dernier) mandat digne des pires cauchemars de science fiction. "Les français" l'ont élu pour qu'il devienne le héros de notre république "en berne". Nous, les spectateurs de ses exploits au 20h comme sur le web. Éjecté de l'Ena (à défaut du gêne de la délinquance, il parvient néanmoins à prouver que l'échec scolaire est héréditaire), arriviste reconnu, diplomate hors pair surtout dans le 93, comme dans un jeu de télé-réalité nous avons voté pour le pire candidat. Notre Michael Vendetta de l'Élysée a ce point commun avec Douglas Quaid, il vit son rêve, lui. Réveillons-le. Avec une bonne lobotomie, lorsqu'il se demandera s'il rêve avant d'embrasser Carla à la fin du film, il aura le dos tourné et ne verra plus qu'une belle image blanche.

21 octobre 2010

La mouche - David Cronenberg - 1986

La mouche ! Quel titre étrange pour un film, ça pourrait-être une comédie (pour les adeptes de l'église de scatologie) (ou aussi pour les gens un peu soupe au lait). Mais non ! Il s'agit de Science-Fiction, d'un remake même (The Fly de Kurt Neumann, 1958) et à l'époque les remake savaient être meilleurs que leur modèle. Le couplet du film que vous devez découvrir me fatigue d'avance et la plupart d'entre nous l'ont déjà vu, en plus. C'est un chef-d'œuvre, un classique du genre, et blablabla.

Pour faire court, THE FLY (c'est plus sympa en V.O (Fly Robin fly, up, up to the sky !)) c'est l'histoire de Seth Brundle, Jeff Goldblum à la vie (qui a une sacrée tête de tib dans le film), un petit génie de la science qui entre deux branlettes (tout ça parce qu'il dit ne pas avoir de vie, c'est peut-être un ermite qui a fait vœu de chasteté pour servir le Dieu Science...) s'est mis en tête de créer un téléporteur. Avec toute l'arrogance d'un jeune premier, il parle trop de ses travaux à une journaliste avec qui il finit par s'acoquiner (rho le con, il avait même pas remarqué qu'il parlait à Geena Davis encore fraîche !!). Un soir de déprime ("la salope est allée voir son ex", dit Seth), après une bonne cuite, le savant fou se dit qu'il va utiliser lui-même sa machine. Comme la mouche, en train de bouffer le pâté de 8 jours qui traine, aime bien Seth, elle décide de l'accompagner en scred dans le téléporteur. Seulement, l'ordi est programmé pour ne téléporter "qu'une personne à la fois" (comme les fonctionnaires, c'est une machine française), et il décide donc de fusionner Seth et la mouche. GRÂCE A LA FORCE DE LEURS POUVOIRS CONJUGUES, VOICI LE CAPITAINE PLANET !... ou plutôt BRUNDLEMOUCHE (so ridiculous comme nom de projet, quoi).

D'ordinaire, les héros sont couplés à des bébêtes plus glamour : Batman (une chauve souris c'est moche, mais Bruce dans son latex... hmmmm! oui surtout quand c'est George clowny Clooney qui le joue), Spider-man (c'est toujours mieux qu'une mouche et ça tricote des toiles), Wolverine (le glouton en Anglais... dans les Comics en VF on l'appelait Serval de mon temps, c'était plus sympa ; moué, je suis pas sûre)... Bon ok en fait les héros en collants ne sont pas toujours inspirés par des animaux qui ont la classe, bien au contraire (et encore, t'as oublié les Tortues Ninja). David Cronenberg s'en est bien rendu compte, lui, et il a assumé à 200% le statut de son Seth "la Mouche" Brundle. Prétexte idéal pour traiter un thème cher à ce cher David : la chair.
De Rage aux Promesses de l'ombre (son prochain film racontera le cas d'une patiente hystérique de Carl Jung, ce dernier s'opposant à la psychanalyse de Freud, son mentor. Histoire moins viscérale de prime abord), Cronenberg n'a pas cessé de nous fasciner à propos de nos entrailles (perso, je les aime bien où elles sont et moins à l'écran). Pourquoi ? Pff ! J'm'en fous moi, j'suis qu'une pauvre tib qui regarde des films avec de l'hémoglobine et des effet spéciaux signés par des maîtres pour briller dans mes dîner entre amis. Plus sérieusement. La vie a ses secrets et ses mystères que la chair recèle au plus profond de l'atome... ZZZZZZzzzzzzzZZZZZ Où en étais-je ? (hé, mais tu me l'a pompé cette phase du lecteur ou du rédacteur qui s'endort !)... Oui ! La mouche, ou "Bzzzzz" en Zaïrois, c'est surement l'un des films de Cronenberg qui traite le plus largement la question de la chair et de son altération par l'homme. Sexe, drogue, force, nutrition, mental, reproduction, tous les sujets y sont traités (t'as oublié le vomi aussi), voilà de quoi attiser notre curiosité. Seulement, la mouche de Cronenberg n'a rien d'héroïque. C'est au contraire un film d'horreur Bio (c'est bon, c'est bio, c'est Cronenbiorg) et comme c'est dans l'air du temps et que le film a quelque peu vieilli (comme tout bon camembert qui se respecte), nous vous encourageons à (re)découvrir La Mouche.

PS : Bon anniversaire à Jeff Goldblum qui soufflera ses 58 bougies le 22 octobre. Il ne nous connait pas, mais nous oui. (ouais, salut Jeff !) T'inquiète chouchou, je suis sûre qu'il lit notre blog de toute façon...

19 octobre 2010

Brazil (Final Cut) - Terry Gilliam - 1985

Alors Brazil, c'est l'histoire d'une tête de tib, qui est burolier chez Big Brother. Chaque nuit, il rêve d'être le preux chevalier ailé d'une nymphe blonde emprisonnée. Entre la réalité aliénante de son travail pour l'état policier, sa mère accro à la chirurgie esthétique et ses nuits torrides déguisé en ange, il a tout juste le temps de rentrer au Palacio (pas la boite, la cité de Noisy-le-Grand, véridique, vous pouvez checker Wikipédia) où se trouve son home sweet home, bientôt pris d'assaut par des réparateurs fous et un saboteur cocasse. Bref, Brazil, c'est surtout l'occasion d'imaginer ce que pouvait être en 1985 un monde très proche de 1984 (quelle drôle d'idée). Le film a d'ailleurs vraiment bien vieilli, entre autres grâce à un visuel barré qui le rend proprement intemporel. Gilliam marque donc de son empreinte le film, tout en empruntant à de célèbres visionnaires comme Jules Verne, Jacques Tati, Fritz Lang, l'architecte honteux du Palacio de Noisy le grand et j'en passe. L'ex-monty python nous conte là un cauchemar poétique qui se voulait être LE film inspiré (à défaut d'adapté) d'Orwell et réussit là où Michael Radfort se viande littéralement malgré sa mention adaptation officielle.

Brazil est en quelque sorte l'équivalent au cinéma d'un Alice au pays des merveilles. L'univers est tellement étrange que la question "est-ce logique ?" nous importe peu. Seules les émotions comptent. Du pur cinéma. Nous n'avons aucune info sur le lieu, ni l'époque exacte, on ne nous laisse qu'un simple : "à un moment du XXème siècle" chacun se laissera donc porter par son imagination ou son dictateur local pour situer cette histoire, malheureusement d'actualité. Comme tout classique, Brazil a influencé de nombreux films, Matrix, Dark City (on me dit dans l'oreillette que je me répète), Cypher, Loft Story et la moitié du programme électoral de Nicolas "Piccolo" Sarkozy. Une œuvre qui a fait date en somme.

11 octobre 2010

Apocalypto - Mel Gibson - 2006

Alors, Alopaclypo c'est l'histoire de petits pygmées dans la jungle. Ils vivent de chasse et de cueillette et passent leur temps à se charrier ou à se percer les oreilles. Ils construisent des pièges à tapirs et se frottent le kiki avec des plantes épicées (encore une mauvaise blague entre hommes).

Jusqu'au jour où Mel Gibson, le réalisateur, leur envoie des méchants. Les mêmes pygmées qu'eux, mais en plus féroces, en plus avides, en plus tatoués, en plus percés, en mieux armés. Ces vils gredins viennent raser notre village de gentils chasseurs pour faire des prisonniers et les emmener à la grande mégalopole maya. C'est une raffle pour faire court. Parmi ces prisonniers, Patte Jaguar, jeune chasseur accompli qui va apprendre à... courrir. Oui c'est 2h20, de course à pied et c'est plus jouissif qu'un 100m d'Husein Bolt.

Et pourquoi est-ce jouissif ? Parce que la vie à l'état naturel, son innocence, la proximité des hommes et la force des valeurs qu'ils transmettent sont touchants et mettent en évidence le décalage existant avec notre vie "moderne". Parce que l'on découvre la reconstitution d'une civilisation perdue, à son apogée, juste avant l'arrivée des colons européens marquant sa décadence. Parce que la mégalopole maya, noyée sous la jade et les fastes des cérémonies sacrificielles au dieu solaire, entre coulées de sang et peinture turquoise des sacrifiés est d'une beauté saisissante. Et parceque la dernière partie est un petit joyau de cinéma. Notre héros, Patte Jaguar transcende le mythe de l'homme Jaguar et dans sa fuite effrénée, il va faire courir ses assaillants à leur plus grande perte... La fin de leur civilisation.

Mythe local, drame historique (qui en rappelle tant d'autres), rite initiatique, passion, haine, rivalité, lutte pour la survie... tous les ingrédients sont réunis et font de ce film un classique, rien de moins. Ce film reste méconnu, depuis sa sortie, car l'aura sulfureuse de son réalisateur l'a précédé et que les choix jusqu'auboutistes, que nous saluons au passage, d'imposer une V.O en Maya n'ont pas attiré un plus large public (encore trop mou et habitué à la bouillie de chat du doublage).

30 août 2010

Les 7 Samouraïs - Akira Kurosawa - 1954

Il était une fois sept chinois qui aimaient l'art de la guerre. Sachant manier la sabre avec verve et maîtrisant les techniques ancestrales du plan de bataille, ils avaient été appelés par un village de bouffeurs de riz qui zavaient personne pour les défendre contre les loubards du coin... Point de blouson noir, mais de la cotte de maille à lamelles et du casque type chapka sans fourrure.

Minute Capello : un Samouraï est un membre de la classe guerrière qui a dirigé le Japon féodal durant près de 700 ans.

Ce sont donc 6 samouraïs altruistes et 1 tombé du camion qui va apprendre aux villageois à se défendre, qui va amuser les enfants et prouver à ses comparses qu'il est un vrai samouraï. En plus de 3h, il n'y a pas 300 péripéties et encore moins de péripatéticiennes sur le périphérique. Mais du recrutement à la bataille finale, on découvre la culture nippone et quelques astuces pour dénicher un bon samouraï... On sait jamais, vous pourriez en avoir besoin si dans votre quartier sévit un Yamakasi cambrioleur.

9 août 2010

Inception - Christopher Nolan - 2010

Christopher Nolan est célèbre pour certains, pour d’autres il se cache derrière sa mention « PAR LE RÉALISATEUR DE THE DARK KNIGHT ». C’est bon vous situez ? (non, y a vraiment qu'à toi que ça parle ce genre de références) ... bon je vais faire une brève (attention, tout est relatif) présentation du bonhomme. Donc, Chris Nolan (pour les cool d’Hollywood) c’est le mec qui nous fait suivre un cambrioleur gentleman du nom de Cobb (et non pas Arsène) dans The Following, un film tellement indépendant que personne ne l’a vu. C’est celui qui colle des antisèches sur la peau d’un ex-agent d’assurance dans Memento (là en principe tout le monde dit « J’ai vu ! ») (non, pas plus que l'autre). Il a filé des nuits blanches à Al Pacino en l’envoyant dans le Grand Nord en plein été (soit 90 jours… de jour) dans Insomnia. Il a démaquillé Batman (cf. Batman & Robin) pour lui redonner une jeunesse et un timbre viril (c'est surtout cette petite pédale de Robin qui en aurait besoin...) avec Batman Begins, puis fait des tours de passe-passe entre Wolverine et le « chauve qui sourit » (hein ?) dans The Prestige (abracadabra, UGC vous a fait disparaître 13 euros, potcorn compris !) , pour devenir un des kings du Box office avec son fameux Chevalier noir et enfin jouer au Dédale (genre t'utilises des références mythologiques, attention) avec son dernier casse-tête, Inception.

Les casse-têtes il aime ça, le petit Christopher, et Inception pourrait être un smoothie (ou un gaspacho...) avec du Blade Runner, du Matrix, du Total Recall, du Ubik, du Ghost in The Shell, du… on peut en citer plein ça ne vous aidera pas à comprendre d’avantage (comme 80% des gens, d’après l’institut TibSos (Ah oui, je connais, ils sont très fiables). Un rubix cube 100% SF quoi ! Donc sur cette pellicule (Des pellicules ? Cliquez ici pour essayer gratuitement Head & Shoulders !), Léo DiCaprio interprète Cobb (tiens j’ai déjà entendu ce nom) un maître en extraction d’information noctambule (Maître Cappello pense qu'onirique serait plus approprié et pour te qualifier il utiliserait+ simiesque). En clair, il vous vole vos idées pendant vos rêves (les cons peuvent donc dormir sur leurs deux oreilles). Sauf que là, le problème s’inverse. On lui propose de faire germer une idée pendant le rêve de quelqu’un, opération nettement plus délicate. En échange de quoi Roman Polanski pourra retourner aux États-Unis voir ses petits enfants (ho ho).

Dans cette lourde tache, il sera accompagné d’Arthur le bras armé, d’Ariadne, le fil rouge (ça sert toujours dans un labyrinthe), d’Eames, le faussaire, de Saito, le touriste japonais qui prend des photos (bondour !), de son père, pour l’encourager (comme dirait Stomy Bugsy hou oui, c'est une affaaaaaaire, une affaire de famille, ça c'est Doc Gyneco...), de son ex-femme, pour l’emmerder (je ne vois pas de quoi tu parles) et de Yusuf le dealer de somnifère (bah oui, un Arabe quand y en a un ça va, c'est quand... enfin bref, là il n'y en a qu'un donc tout va bien). Rien n’est laissé au hasard donc, restez concentrés car vous en prendrez plein les yeux, plein la tête, ces montagnes russes se suffisent, pas besoin de looping on est suffisamment remué et on ne fait déjà plus la différence entre le rêve et le réel. Phillip (Morris ?), Edgar (Hoover ?) et Sigmund (j'en connais pas d'autre) (n’en déplaise à Onfray) sont ici accessibles pour toutes les tibes : des essais, des romans (des œuvres entières ?) transcendées en un film, une scène, une image. Ça force le respect et ça nous rappelle, ici au pays des frères Lumière (mais aussi des frères Sarkozy et Bogdanov), l’essence même du cinéma : « une pure création » dixit Ariadne (pas la femme de Rémi des musclés, vous vous en doutez).

En bon gentleman, M. Nolan ne joue pas dans la surenchère, car il maitrise son médium et nous livre ici un pur divertissement cérébral et sans lunettes 3D, ce qui n’est pas monnaie courante. N’allons pas crier au bijou cinématographique pour autant, il y a encore de nombreuses marches à gravir avant de s’assoir à côté de Stanley. Mais on peut saluer la finesse, l’aisance et la force d’Inception malgré un plan final téléphoné.

Le dernier paragraphe vous est offert par la rédaction de TibMovies, un magazine sérieux. En espérant que comme nous vous allez faire semblant d'avoir compris ce film, surtout après avoir lu cet article.