Bon. Comment dire.
A en croire la jaquette du DVD, "Kinshasa is calling" et en plus elle nous appelle pour voir le "Meilleur film africain de l'année des MTV Awards". Je suis franchement pas experte en cinéma africain, mais disons que l'absence d'une réelle industrie cinématographique dans l'ensemble de ces pays est directement responsable de la qualité des films produits. Alors c'est pas la peine de me citer District 9 ou Highjack stories qui sont des cas vraiment à part (car sud-africains) ou encore les quelques réalisateurs dont on entend parler une fois par an (Mahamat Saleh Haroun, Abderrahmane Sissako...). Faut le dire, généralement, un film tourné et produit en Afrique, ça donne encore de nos jours ça ou bien ça, enfin bref, vous m'avez comprise.
Du coup, oui, Viva Riva! peut concourir dans la catégorie du meilleur film africain de l'année. La photo est franchement pas dégueu, super colorée et certains pourront éventuellement y trouver une ressemblance avec La cité de Dieu, genre au niveau du crépi décrépit...
Et alors donc, de quoi s'agit-il ? D'une histoire d'amour sur fond de Kinshasa en proie à une pénurie d'essence, de mafieux angolais qui recherchent notre héros, Riva, jeune beau gosse avec une espèce de tête ronde à la Usher, pas mal de cran et beaucoup d'assurance (qu'il tire des liasses de billets qu'il a gagnées en rapportant de l'essence d'Angola, justement). Il tombe amoureux d'une belle métisse aux cheveux rouges, qui sort avec le loubard local. Va y avoir de l'action. Voilà le film est terminé.
Sérieux, l'intrigue est super fine et les personnages pas très creusés. On y retrouve comme souvent le bolosse de service, le meilleur ami de Riva, qui met sa chemise saumon et sa cravate pour aller voir les putes, y a aussi un méchant qui se prend pour Snoop Dogg. Ah si quand même, il faut dire que les scènes de cul sont plutôt créatives : elles sont peu nombreuses mais toujours réussies (c'est pas une blague).
Le film ne durait qu'1h38, mais on a presque réussi à s'ennuyer. Pourtant c'était pas à défaut de gags sur les fonctionnaires corrompus, la pénurie de taxis et les imbéciles en tout genre.
Allez, j'irai tout de même pas jusqu'au Tib en berne, je mets un Juste tib pour l'effort.
Tib est une contrepitrerie. Tib-O-Rama est un cinéblog, écrit par une cinétibe peu avertie qui défend ou dégomme les films qu'elle croise. Souvent sans arguments, d'ailleurs...
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1 mai 2012
28 avril 2012
I wish - Hirokazu Kore-Eda - 2012
Autant annoncer de suite la couleur, ce film n'a à mon avis pas grand intérêt en termes stylistique ou scénaristique. Disons cependant qu'il est plus intéressant d'un point de vue sociétal. C'est un peu comme mater un documentaire sur le Japon contemporain, quoi. On y voit le quotidien d'un couple séparé, chacun ayant la charge d'un de leurs deux garçons. Enfin c'est plutôt le quotidien des gosses qu'on voit. Et il faut le dire, ils sont trop mignons et jouent vraiment bien, à la différence de certains...
Les deux frères, Goichi et Ryoonosuke, souffrent un peu de l'éloignement, mais chacun a choisi la parent avec lequel il voulait vivre. Ils se passent des coups de fil en sortant de la piscine municipale tout en bouffant des glaces. Goichi le bouboule vit pépèrement avec sa mère chez ses grands-parents tandis que Ryoonosuke vit chez son père, le beatnik rockeur pas capable de faire une lessive.
Outre l'histoire un peu cucu du Shinkansen qui réaliserait les rêves, I wish est surtout l'occasion pour nous spectateurs occidentaux de zyeuter un peu plus dans la société japonaise, la banale, celle où les mecs chelous déguisés en poupées, les yakuzas, la technologie et autres centrales radioactives n'ont pas trop de raison d'être visibles.
On y découvre la vie dans une petite province calme du pays, parmi des papis pâtissiers qui veulent se faire un peu de beurre pour l'arrivée du TGV. Tout tourne autour de la famille, visiblement un thème récurrent chez Kore-Eda, qui avait sorti Still walking en 2008. Ce joli film traitait lui aussi des liens de famille et de l'évolution de chacun de ses membres, de la tradition culinaire et des traditions culturelles japonaises en général.
En bref, c'est un petit film gentil. Si vous devez choisir, regardez plutôt Still walking.
Les deux frères, Goichi et Ryoonosuke, souffrent un peu de l'éloignement, mais chacun a choisi la parent avec lequel il voulait vivre. Ils se passent des coups de fil en sortant de la piscine municipale tout en bouffant des glaces. Goichi le bouboule vit pépèrement avec sa mère chez ses grands-parents tandis que Ryoonosuke vit chez son père, le beatnik rockeur pas capable de faire une lessive.
Outre l'histoire un peu cucu du Shinkansen qui réaliserait les rêves, I wish est surtout l'occasion pour nous spectateurs occidentaux de zyeuter un peu plus dans la société japonaise, la banale, celle où les mecs chelous déguisés en poupées, les yakuzas, la technologie et autres centrales radioactives n'ont pas trop de raison d'être visibles.
On y découvre la vie dans une petite province calme du pays, parmi des papis pâtissiers qui veulent se faire un peu de beurre pour l'arrivée du TGV. Tout tourne autour de la famille, visiblement un thème récurrent chez Kore-Eda, qui avait sorti Still walking en 2008. Ce joli film traitait lui aussi des liens de famille et de l'évolution de chacun de ses membres, de la tradition culinaire et des traditions culturelles japonaises en général.
En bref, c'est un petit film gentil. Si vous devez choisir, regardez plutôt Still walking.
16 avril 2012
My week with Marilyn - Simon Curtis - 2012
My week with Marilyn raconte une semaine de la vie de Marilyn Monroe et de son coup de cœur du moment, le futur documentariste Colin Clark, à l'époque 3e assistant sur un film qu'elle tournait en Angleterre. Le présent film est une adaptation du bouquin de Clark, dans lequel il racontait cette aventure avec la superstar de l'époque. Voilà pour le scénario.
Côté réalisateur, Simon Curtis a, d'après mes tablettes, une filmographie pleine de séries TV et de téléfilms, et disons que ça se ressent. Le film ici présent est loin d'être raté, disons qu'il est très explicatif et démonstratif, propret, tiède, sans plus, moué. Oui, les années 60 c'est super à la mode en ce moment, mais ça suffit pas. La réalisation, c'est torché, misons plutôt sur les personnages, Simon !
Et là, heureusement que le casting met un peu d'étoiles dans les yeux, parce que sinon j'aurais frôlé l'ennui. Le choix des acteurs est à base de rosbif, vu que ledit film de Laurence Olivier, Le prince et la danseuse, était tourné en Angleterre. On va même y retrouver la meuf d'Harry Potter qui n'était pas à son avantage et... aurait dû rester à Poudlard.
Les deux acteurs principaux tiennent le film. Point barre. Y a aussi Kenneth Branagh en Laurence Olivier mais bon, heu, moué, bof.
On a d'un côté le pimpant, fringant, croquant Eddie Redmayne. Putain quel charme. Who putain, pourtant les peaux laiteuses, c'est pas mon rayon. Vous l'avez peut-être chopé sur Canal dans les Piliers de la terre (où il était question de bâtir des cathédrales et d'un clergé véreux et cupide). Il y jouait un fils de sorcière à la tête de feu. Et d'ailleurs My week with Marilyn est l'un de ses rares rôles dans un costume moderne (sans cotte de maille, j'entends). Le Moyen-Age faut croire que ça colle à la peau. Ou alors, c'est qu'il a une pure tête de mec du moyen-age, je sais pas...
De l'autre côté, c'est Michelle Williams qui incarne Marilyn. Ivre ou défoncée aux calmants, yeux de biche, sourire ingénu, tout y passe, on retrouve bien la star. Dans sa jeunesse, Michmich est allée à l'école de Dawson's Creek, puis elle a joué la femme éperdue dans Le secret de Brokeback Mountain (y avait de quoi !), et après aussi dans Shutter Island, bref, c'était une gentille abonnée aux seconds rôles de pleurnicharde.
Attention, minute féministe ! En même temps, tout le monde sait bien que les femmes sont les seconds rôles de la vie, hein...
Oui bon, et donc tout ça pour dire, comme on est tombé d'accord avec ma bande du ciné, c'était pas le film de l'année, mais c'était quand même sympa.
Côté réalisateur, Simon Curtis a, d'après mes tablettes, une filmographie pleine de séries TV et de téléfilms, et disons que ça se ressent. Le film ici présent est loin d'être raté, disons qu'il est très explicatif et démonstratif, propret, tiède, sans plus, moué. Oui, les années 60 c'est super à la mode en ce moment, mais ça suffit pas. La réalisation, c'est torché, misons plutôt sur les personnages, Simon !
Et là, heureusement que le casting met un peu d'étoiles dans les yeux, parce que sinon j'aurais frôlé l'ennui. Le choix des acteurs est à base de rosbif, vu que ledit film de Laurence Olivier, Le prince et la danseuse, était tourné en Angleterre. On va même y retrouver la meuf d'Harry Potter qui n'était pas à son avantage et... aurait dû rester à Poudlard.
Les deux acteurs principaux tiennent le film. Point barre. Y a aussi Kenneth Branagh en Laurence Olivier mais bon, heu, moué, bof.
On a d'un côté le pimpant, fringant, croquant Eddie Redmayne. Putain quel charme. Who putain, pourtant les peaux laiteuses, c'est pas mon rayon. Vous l'avez peut-être chopé sur Canal dans les Piliers de la terre (où il était question de bâtir des cathédrales et d'un clergé véreux et cupide). Il y jouait un fils de sorcière à la tête de feu. Et d'ailleurs My week with Marilyn est l'un de ses rares rôles dans un costume moderne (sans cotte de maille, j'entends). Le Moyen-Age faut croire que ça colle à la peau. Ou alors, c'est qu'il a une pure tête de mec du moyen-age, je sais pas...
De l'autre côté, c'est Michelle Williams qui incarne Marilyn. Ivre ou défoncée aux calmants, yeux de biche, sourire ingénu, tout y passe, on retrouve bien la star. Dans sa jeunesse, Michmich est allée à l'école de Dawson's Creek, puis elle a joué la femme éperdue dans Le secret de Brokeback Mountain (y avait de quoi !), et après aussi dans Shutter Island, bref, c'était une gentille abonnée aux seconds rôles de pleurnicharde.
Attention, minute féministe ! En même temps, tout le monde sait bien que les femmes sont les seconds rôles de la vie, hein...
Oui bon, et donc tout ça pour dire, comme on est tombé d'accord avec ma bande du ciné, c'était pas le film de l'année, mais c'était quand même sympa.
1 mars 2012
Bullhead - 2012 - Michael R. Roskam
Ce film était en compétition aux Oscars dans la catégorie Meilleur film en langue
étrangère. Il y côtoyait d'ailleurs La guerre est déclarée (heureusement
que Tib-O-Rama était en sommeil lors de sa sortie, sinon y aurait
encore du vomi et de la salive plein le blog), Omar m'a tuer ou Une séparation (la vainqueur).
Fin de la parenthèse glamour, mettez votre smoking au placard et enfilez vos bottes.
Rundskop est un film belge, issu de la branche flamande de la famille, donc pas de sympathiques gaufrrres, pas de frrrites, pas de Une fouè au portillon. De ce côté, on va plutôt trouver des putes dans des boites rouges et du bœuf aux hormones.
Pour ce qui est de l'ambiance visuelle, il suffit de regarder la page des photos du film sur Imdb et vous aurez immédiatement le cafard. Si j'en crois les films des frères Dardenne et le fait de n'avoir jamais mis le pied en Belgique, je commence à me dire que le soleil n'y brille simplement jamais et que le Plat pays n'a juste pas encore accès à la couleur. Tout ça pour dire que la photo est franchement beige/grise avec une pointe de verni mat et désaturé, le tout aidant à sentir la chape de merde que le héros porte sur ses épaules.
A travers un portrait de l'élevage intensif et de la mafia des hormones locale, plutôt tentaculaire et bien installée, le réalisateur aborde en parallèle le besoin vital de faire partie de la communauté des Hommes. Aimer et être aimé, comme tout un chacun. Ce qui est d'autant plus difficile quand on est Jacky Vanmarsenille, le personnage principal, un gros balèze qui a subi un épisode plus que traumatique dans son enfance et se shoote à la testostérone pour ne pas avoir l'air d'une anguille. Comme il élève lui-même des vaches à viande de manière peu naturelle, comme le faisait déjà son père, disons que c'est une sorte d'Obélix tombé dans la marmite aux hormones. Jacky est un inadapté, il a l’œil torve, le nez pété, le torse gonflé, il bouillonne de violence comme une vieille cocotte minute pleine de waterzooï. C'est bien ça qui nous le rend si attachant, quand-même, il faut le dire.
Au final, si le film équilibre plutôt bien les deux trames de l'histoire (embrouille de mafieux/trajectoire du gentil golgoth entrainé malgré lui dans leur spirale infernale), le tout reste quand même plombant et pas très joli.
Tout ce que je dirai, c'est que c'était mieux que la bande-annonce ne me le laissait penser...
Fin de la parenthèse glamour, mettez votre smoking au placard et enfilez vos bottes.
Rundskop est un film belge, issu de la branche flamande de la famille, donc pas de sympathiques gaufrrres, pas de frrrites, pas de Une fouè au portillon. De ce côté, on va plutôt trouver des putes dans des boites rouges et du bœuf aux hormones.
Pour ce qui est de l'ambiance visuelle, il suffit de regarder la page des photos du film sur Imdb et vous aurez immédiatement le cafard. Si j'en crois les films des frères Dardenne et le fait de n'avoir jamais mis le pied en Belgique, je commence à me dire que le soleil n'y brille simplement jamais et que le Plat pays n'a juste pas encore accès à la couleur. Tout ça pour dire que la photo est franchement beige/grise avec une pointe de verni mat et désaturé, le tout aidant à sentir la chape de merde que le héros porte sur ses épaules.
A travers un portrait de l'élevage intensif et de la mafia des hormones locale, plutôt tentaculaire et bien installée, le réalisateur aborde en parallèle le besoin vital de faire partie de la communauté des Hommes. Aimer et être aimé, comme tout un chacun. Ce qui est d'autant plus difficile quand on est Jacky Vanmarsenille, le personnage principal, un gros balèze qui a subi un épisode plus que traumatique dans son enfance et se shoote à la testostérone pour ne pas avoir l'air d'une anguille. Comme il élève lui-même des vaches à viande de manière peu naturelle, comme le faisait déjà son père, disons que c'est une sorte d'Obélix tombé dans la marmite aux hormones. Jacky est un inadapté, il a l’œil torve, le nez pété, le torse gonflé, il bouillonne de violence comme une vieille cocotte minute pleine de waterzooï. C'est bien ça qui nous le rend si attachant, quand-même, il faut le dire.
Au final, si le film équilibre plutôt bien les deux trames de l'histoire (embrouille de mafieux/trajectoire du gentil golgoth entrainé malgré lui dans leur spirale infernale), le tout reste quand même plombant et pas très joli.
Tout ce que je dirai, c'est que c'était mieux que la bande-annonce ne me le laissait penser...
21 février 2012
La Taupe - Tomas Alfredson - 2012
J'ai rarement vu un film vu un dimanche ressembler autant lui-même à un dimanche (en Allemagne avec un Derick à la téloche).
Me suis fait chier.
Je sais pas si c'est l'image poussiéreuse jaunie spéciale années 70 ou si c'est les pattes d'eph et les coupes de merde desdites années qui m'ont plongée dans une douce léthargie (sans parler de mon voisin de chambrée qui a carrément récupéré de sa courte nuit dans les fauteuils du MK2) mais, maintenant, c'est sûr, la Guerre froide m'a tuer.
Un petit résumé du film pour ceux qui aimeraient tout de même le voir vu la pub qu'on lui fait autour de la prestation de Gary Oldman.
La patron du MI6 (John Hurt, à ne pas confondre avec Gandalf qui lui ressemble grââve) se fait virer après une petite boucherie dans un pays de l'Est. Son fidèle bras droit, Georges Smiley (Gary Oldman) est cependant réembauché par le Prime Minister qui pense que René la Taupe a creusé des galeries sous les locaux des services secrets de sa Majesté. Smiley mettra 2h à débusquer la taupe, mais il finira par l'emporter, après plusieurs revirements de situation et grâce à l'arrivée de Ricky Tarr, joué par un Tom Hardy peu mis en valeur en termes capillaires. Mais Tom, je te le pardonne, parce que d'une part c'est la faute à la costumière et puis en plus je t'aime bien.
J'en ai déjà bien assez dit.
A plus, ma tib !
Me suis fait chier.
Je sais pas si c'est l'image poussiéreuse jaunie spéciale années 70 ou si c'est les pattes d'eph et les coupes de merde desdites années qui m'ont plongée dans une douce léthargie (sans parler de mon voisin de chambrée qui a carrément récupéré de sa courte nuit dans les fauteuils du MK2) mais, maintenant, c'est sûr, la Guerre froide m'a tuer.
Un petit résumé du film pour ceux qui aimeraient tout de même le voir vu la pub qu'on lui fait autour de la prestation de Gary Oldman.
La patron du MI6 (John Hurt, à ne pas confondre avec Gandalf qui lui ressemble grââve) se fait virer après une petite boucherie dans un pays de l'Est. Son fidèle bras droit, Georges Smiley (Gary Oldman) est cependant réembauché par le Prime Minister qui pense que René la Taupe a creusé des galeries sous les locaux des services secrets de sa Majesté. Smiley mettra 2h à débusquer la taupe, mais il finira par l'emporter, après plusieurs revirements de situation et grâce à l'arrivée de Ricky Tarr, joué par un Tom Hardy peu mis en valeur en termes capillaires. Mais Tom, je te le pardonne, parce que d'une part c'est la faute à la costumière et puis en plus je t'aime bien.
J'en ai déjà bien assez dit.
A plus, ma tib !
14 février 2012
J. Edgar - Clint Eastwood - 2012
Je ne peux pas dire que je connaissais la vie de l'homme sur le bout des doigts, ce serait mentir, et le mensonge, c'est très mal... donc on va se fier à la version de Clint sur ce coup.
John Edgar Hoover est donc l'inventeur du premier aspirateur à sac, nan c'est une mauvaise blague destinée aux anglophones...
John Edgar Hoover a été le directeur du FBI pendant 6 présidents américains (Kennedy compris), il menait une petite vie tranquille aux côtés de sa mère, il n'avait ni femme ni enfants, pour cause d'homosexualité sous-jacente et détestait les communistes par-dessus tout.
Mû par la volonté de bouter ces cocos hors des États-Unis d'Amérique ainsi que de défendre la veuve et l'orphelin des bandits à mitraillettes qui sévissaient à l'époque, le modèle d'intégrité J.E. Hoover savait aussi poser des micros pour faire chanter les hauts dignitaires adultères, déformer la vérité, ranger sa parole derrière sa cravate et monter des coups tordus en partant du principe que la fin justifie toujours les moyens.
Les Américains doivent donc à Hoover la création et la pérennité du FBI en instaurant à coups d'inscriptions dans la loi le port d'arme pour les agents, la centralisation des fichiers d'identité fédéraux ou la naissance de la police scientifique (sans lui, point de NCIS, CSI, Julie Lescaut et autres Cold Case).
Le décor est planté. Grosse pièce, quoi.
Pour les nécessités du scénario proposant un aller retour entre les années 60 où Hoover rédige ses mémoires et le passé, de ses débuts au département de la justice (dans les années 20) et sa montée en grade, les personnages principaux ont été vieillis (+ 40 ans). Naomie Watts, la fidèle secrétaire, s'en sort plutôt bien pendant que Di Caprio se retrouve tout bouffi et Armie Hammer complètement engoncé dans sa cagoule en plastoc (avec supplément taches de vieillesse à gogo). J'ai pas du tout accroché, je dirais même que j'attendais impatiemment la fin de ces passages là pour retrouver les agents pimpants et fringants se faire tailler des costards en laine.
La relation amoureuse de Hoover avec son numéro 2, Clyde Tolson, est assez subtilement abordée, l'histoire est vraiment jolie et la prestation de Armie Hammer (qui jouait les cyborgs jumeaux Winklevoss dans The Social Network) n'y est pas pour rien (en même temps, je suis pas sure d'être totalement objective, vu le capital sympathie que je concède à cet acteur).
Et donc au final, bah je me suis fait un peu chier... Vu le nombre de fois où on a tenté d'aller le voir (genre 4, toujours soldées par un échec aux motifs divers), c'est quand même ballot.
La photo sépia est belle et léchée, mais si l'étoffe du personnage a de quoi capter l'attention, la réalisation reste à mon goût un peu trop pépère et académique.
Au suivant !
John Edgar Hoover est donc l'inventeur du premier aspirateur à sac, nan c'est une mauvaise blague destinée aux anglophones...
John Edgar Hoover a été le directeur du FBI pendant 6 présidents américains (Kennedy compris), il menait une petite vie tranquille aux côtés de sa mère, il n'avait ni femme ni enfants, pour cause d'homosexualité sous-jacente et détestait les communistes par-dessus tout.
Mû par la volonté de bouter ces cocos hors des États-Unis d'Amérique ainsi que de défendre la veuve et l'orphelin des bandits à mitraillettes qui sévissaient à l'époque, le modèle d'intégrité J.E. Hoover savait aussi poser des micros pour faire chanter les hauts dignitaires adultères, déformer la vérité, ranger sa parole derrière sa cravate et monter des coups tordus en partant du principe que la fin justifie toujours les moyens.
Les Américains doivent donc à Hoover la création et la pérennité du FBI en instaurant à coups d'inscriptions dans la loi le port d'arme pour les agents, la centralisation des fichiers d'identité fédéraux ou la naissance de la police scientifique (sans lui, point de NCIS, CSI, Julie Lescaut et autres Cold Case).
Le décor est planté. Grosse pièce, quoi.
Pour les nécessités du scénario proposant un aller retour entre les années 60 où Hoover rédige ses mémoires et le passé, de ses débuts au département de la justice (dans les années 20) et sa montée en grade, les personnages principaux ont été vieillis (+ 40 ans). Naomie Watts, la fidèle secrétaire, s'en sort plutôt bien pendant que Di Caprio se retrouve tout bouffi et Armie Hammer complètement engoncé dans sa cagoule en plastoc (avec supplément taches de vieillesse à gogo). J'ai pas du tout accroché, je dirais même que j'attendais impatiemment la fin de ces passages là pour retrouver les agents pimpants et fringants se faire tailler des costards en laine.
La relation amoureuse de Hoover avec son numéro 2, Clyde Tolson, est assez subtilement abordée, l'histoire est vraiment jolie et la prestation de Armie Hammer (qui jouait les cyborgs jumeaux Winklevoss dans The Social Network) n'y est pas pour rien (en même temps, je suis pas sure d'être totalement objective, vu le capital sympathie que je concède à cet acteur).
Et donc au final, bah je me suis fait un peu chier... Vu le nombre de fois où on a tenté d'aller le voir (genre 4, toujours soldées par un échec aux motifs divers), c'est quand même ballot.
La photo sépia est belle et léchée, mais si l'étoffe du personnage a de quoi capter l'attention, la réalisation reste à mon goût un peu trop pépère et académique.
Au suivant !
4 février 2012
Detachment - Tony Kaye - 2012
Comment dire... Je me suis pas franchement ennuyée (idem pour mon acolyte qui n'est pourtant pas du genre à supporter ce genre de facéties) parce que le sujet du film, ses acteurs et son rythme sont plutôt bons. Mais j'ai rarement vu de film aussi prétentieux en termes de mise en scène et de réalisation. Ça gâche tellement tout putain ! Unbelibobeul.
Rien que par exemple la scène de la photo là, les deux personnages se retrouvent, discutent et finissent pas sortir du cadre, vers la gauche et la caméra zoom où ? sur le mur... Mais c'est quoi cette idée pourrie ? C'était trop moche !
Et encore je parle pas des flous/net/flou, des fausses interviews de profs et du journal d'Adrian Brody face caméra, on dirait qu'il nous parle en live de son placard genre éclairé à la bougie, des inserts de photos en noir et blanc (censées être celles de la petite élève grosse qui est mal dans sa peau à cause que son papa comprend pas sa fibre artistique) qui ne servent à rien et n'ont aucun intérêt esthétique... Bref, j'ai des idées de mise en scène pas top et je les mets toutes dans mon film, comme ça en vrac et en plus je me regarde filmer quoi ! Pour la dernière partie, on dirait quasi du Valérie Donzelli.
Du coup pour ce qui est du sujet, c'est l'histoire d'un prof de littérature remplaçant en (ce qu'on appellerait nous) ZEP, en banlieue de New York. Célibataire et Saint-Bernard au bon cœur, il n'aime pas la société de Big Brother dans laquelle il vit et essaie d'en faire prendre conscience à ses petits élèves l'espace d'un mois de cours. Son papi perd un peu la boule et est à l'hospice.
Ce professeur, Henry Barthes (à prononcer Barce, mais on a bien compris qu'il était à deux doigts de s'appeler Roland), est interprété par Adrian Brody. Beaucoup disent qu'il n'a pas été aussi 'magistral' depuis Le Pianiste... Hum, entre nous, l'envergure des deux films rend toute comparaison impossible (le contexte, le sujet et le traitement du Pianiste sont déjà de qualité 1000 fois supérieure à Detachment), donc heu, perso je dirais qu'il est égal à lui même et qu'il a bien la gueule de l'emploi avec sa tête de teckel dépressif (mais je l'aime beaucoup, hein, c'est pas contre lui).
A travers le portrait du lycée dans sa globalité (encadrants, élèves, parents et état) et du professeur dans sa vie à l'extérieur (fricotage avec Christina Hendricks, sauvetage de bébé pute - un mélange rapide de Jodie Foster version Taxi Driver et Nathalie Portman version Léon), le réalisateur aborde des thèmes dans l'air du temps et relativement intéressants. Violence familiale (pédophilie, maltraitance physique et morale), relation de l'état/élèves/parents/profs à l'institution école et formatage imposé par la société sont les principaux.
A la différence d'Esprits Rebelles (souvenez-vous du tube de Coolio sur fond de clip avec Michelle Pfeiffer), le but du jeu n'est pas ici de remettre les élèves dans le droit chemin à la fin du film, mais plutôt de se débrouiller pour leur faire entendre un bout de message sous le gros tas de merde qui recouvre tout et tout le monde.
JE N'AI TOUJOURS PAS VU DE BON FILM
Rien que par exemple la scène de la photo là, les deux personnages se retrouvent, discutent et finissent pas sortir du cadre, vers la gauche et la caméra zoom où ? sur le mur... Mais c'est quoi cette idée pourrie ? C'était trop moche !
Et encore je parle pas des flous/net/flou, des fausses interviews de profs et du journal d'Adrian Brody face caméra, on dirait qu'il nous parle en live de son placard genre éclairé à la bougie, des inserts de photos en noir et blanc (censées être celles de la petite élève grosse qui est mal dans sa peau à cause que son papa comprend pas sa fibre artistique) qui ne servent à rien et n'ont aucun intérêt esthétique... Bref, j'ai des idées de mise en scène pas top et je les mets toutes dans mon film, comme ça en vrac et en plus je me regarde filmer quoi ! Pour la dernière partie, on dirait quasi du Valérie Donzelli.
Du coup pour ce qui est du sujet, c'est l'histoire d'un prof de littérature remplaçant en (ce qu'on appellerait nous) ZEP, en banlieue de New York. Célibataire et Saint-Bernard au bon cœur, il n'aime pas la société de Big Brother dans laquelle il vit et essaie d'en faire prendre conscience à ses petits élèves l'espace d'un mois de cours. Son papi perd un peu la boule et est à l'hospice.
Ce professeur, Henry Barthes (à prononcer Barce, mais on a bien compris qu'il était à deux doigts de s'appeler Roland), est interprété par Adrian Brody. Beaucoup disent qu'il n'a pas été aussi 'magistral' depuis Le Pianiste... Hum, entre nous, l'envergure des deux films rend toute comparaison impossible (le contexte, le sujet et le traitement du Pianiste sont déjà de qualité 1000 fois supérieure à Detachment), donc heu, perso je dirais qu'il est égal à lui même et qu'il a bien la gueule de l'emploi avec sa tête de teckel dépressif (mais je l'aime beaucoup, hein, c'est pas contre lui).
A travers le portrait du lycée dans sa globalité (encadrants, élèves, parents et état) et du professeur dans sa vie à l'extérieur (fricotage avec Christina Hendricks, sauvetage de bébé pute - un mélange rapide de Jodie Foster version Taxi Driver et Nathalie Portman version Léon), le réalisateur aborde des thèmes dans l'air du temps et relativement intéressants. Violence familiale (pédophilie, maltraitance physique et morale), relation de l'état/élèves/parents/profs à l'institution école et formatage imposé par la société sont les principaux.
A la différence d'Esprits Rebelles (souvenez-vous du tube de Coolio sur fond de clip avec Michelle Pfeiffer), le but du jeu n'est pas ici de remettre les élèves dans le droit chemin à la fin du film, mais plutôt de se débrouiller pour leur faire entendre un bout de message sous le gros tas de merde qui recouvre tout et tout le monde.
JE N'AI TOUJOURS PAS VU DE BON FILM
15 décembre 2011
Shame - Steve McQueen - 2011
L'acteur américain Steve McQueen est mort en 1980. Il s'est réincarné en réalisateur noir et dodu. Bon. Steve McQueen 2.0 fait un film et prend pour acteur principal Michael Fassbender, la réincarnation de Rainer Werner Fassbinder, le réalisateur allemand mort en 1982. Si les deux étaient morts plus tôt, on aurait presque pu y croire...
Trêve de plaisanterie, alors il est comment ce Shame ?
Bah il part d'une bonne idée mais il m'a laissée comme un petit goût d'inachevé et comme des fourmis au cul. Si à ça on ajoute la dame malade qui se raclait 3 kg de mucus toutes les 3 minutes deux rangs devant, ça fait long la séance...
Brandon Sullivan vit à New York, il mate des vidéos pornos au petit-déjeuner comme au travail, invite des putes chez lui, multiplie les conquêtes et les regards lubriques dans le métro. Sa queue, c'est son GPS, quoi.
Brandon Sullivan a des petits airs de Patrick Bateman (le héros d'American Pshycho) la boucherie en moins : beau gosse irrésistible, un peu maniaque, imberbe et sportif, il bosse en costard cintré dans une grosse boite et sort boire des verres et rencontrer ses coups d'un soir. Bon. Mais encore ?
Brandon Sullivan est accro au sexe comme on peut l'être au jeu ou à l'alcool. Si l'addiction semble peu perturber sa vie, cette dernière a tout de même comme un petit goût merdique. Il vit seul, bouffe des restes de chinois (la cuisine, pas la personne), subit sa sœur (Carey Mulligan) pot de colle et paumée avec qui il a une relation un peu tendancieuse, se fait mettre à l'amende par son boss et perd sa trique devant une femme dont il pourrait tomber amoureux (la jolie fille de la photo, là).
Ce beau film à l'image léchée est plutôt agréable à regarder, il est centré sur l'humain et la difficulté d'assumer ses pulsions, mais bon... ça reste malheureusement un peu chiant quoi.
Trêve de plaisanterie, alors il est comment ce Shame ?
Bah il part d'une bonne idée mais il m'a laissée comme un petit goût d'inachevé et comme des fourmis au cul. Si à ça on ajoute la dame malade qui se raclait 3 kg de mucus toutes les 3 minutes deux rangs devant, ça fait long la séance...
Brandon Sullivan vit à New York, il mate des vidéos pornos au petit-déjeuner comme au travail, invite des putes chez lui, multiplie les conquêtes et les regards lubriques dans le métro. Sa queue, c'est son GPS, quoi.
Brandon Sullivan a des petits airs de Patrick Bateman (le héros d'American Pshycho) la boucherie en moins : beau gosse irrésistible, un peu maniaque, imberbe et sportif, il bosse en costard cintré dans une grosse boite et sort boire des verres et rencontrer ses coups d'un soir. Bon. Mais encore ?
Brandon Sullivan est accro au sexe comme on peut l'être au jeu ou à l'alcool. Si l'addiction semble peu perturber sa vie, cette dernière a tout de même comme un petit goût merdique. Il vit seul, bouffe des restes de chinois (la cuisine, pas la personne), subit sa sœur (Carey Mulligan) pot de colle et paumée avec qui il a une relation un peu tendancieuse, se fait mettre à l'amende par son boss et perd sa trique devant une femme dont il pourrait tomber amoureux (la jolie fille de la photo, là).
Ce beau film à l'image léchée est plutôt agréable à regarder, il est centré sur l'humain et la difficulté d'assumer ses pulsions, mais bon... ça reste malheureusement un peu chiant quoi.
26 novembre 2011
In time (Time out) - Andrew Niccol - 2011
Commençons par le commencement : c'est pas trop absurde d'adapter le titre original In time en Time out ? Si on considère que les Français manient moyennement l'anglais et n'aiment pas spécialement la VO, dans tous les cas ils ne voient pas la différence. D'un point de vue linguistique, c'est vrai que Time out colle mieux à l'idée du scénario, mais de quel droit on change les titres ? Dans ce cas là renommons Les petits mouchoirs en Les bobos à la plage et 127 heures en Éboulis mortels.
Sinon pour ce qui est du film, bah, on a eu ce qu'on attendait.
Sur le papier, Andrew Niccol est le scénariste du Truman show et réalisateur de Bienvenue à Gattaca, autant dire que c'est plutôt la classe quoi. Bien que la bande-annonce ne sente d'emblée pas le chef-d’œuvre, le postulat de base d'une nouvelle uchronie était alléchant :
Dans un monde ultra-libéral ou l'argent est en fait du temps de vie, les riches vivent retranchés de peur qu'on ne les braque (il suffit de se serrer la pince pour voir ses secondes transférées au mec d'en face). On arrête de vieillir à l'âge de 25 ans, majorité à partir de laquelle on peut commencer à échanger, gagner, dépenser son temps et après laquelle il ne reste théoriquement plus qu'une année en stock (enfin surtout pour les pauvres). Chacun porte un compteur phosphorescent sur le bras, ça brille dans la nuit, un peu comme ce portable si utile quand tu as besoin de faire pipi dans la forêt, tiens d'ailleurs le portable n'existe pas dans ce monde.
Comme souvent dans les films du genre, l'époque est difficilement identifiable, ici légèrement rétro (voitures, téléphones et méchantes brutes entre T-Birds de Grease et Sharks de West Side Story), mais moderne dans les vêtements, la conception et la gestion planétaire de la nouvelle richesse, le temps (évolution et transferts à l'échelle mondiale), pas du tout futuriste, mi-figue mi-raisin quoi, Niccol n'a pas voulu se mouiller. Ou peut-être qu'il n'a pas eu le budget, toute les subventions étant passées dans la luxueuse villa des Weis et du coup y avait plus que 12 dollars pour le reste des décors...
Dans le 'ghetto', la population vit au jour le jour, soumise à un travail aliénant, grosses usines et uniformes rappelant très vaguement d'autres grands frères plus ambitieux (Soleil vert ou l'indétrônable Brazil).
L'avantage de mettre au scénario qu'on arrête de vieillir à 25 ans (mais pourquoi ??), c'est aussi de pouvoir se goinfrer avec toutes les nouvelles têtes à la mode. Justin Timberlake porte un rôle qui lui va bien et qu'il joue correctement, on aurait alors pu s'attendre à voir son complice de Disney Ryan Gosling qui a tellement le vent en poupe en ce moment, mais non, on y verra plutôt Vincent Kartheiser et son insupportable petite bouche rubiconde et humide, à l'identique de son rôle de Prout Campbell dans Mad Men, ou le Robert Fischer d'Inception, alias Cillian Murphy. Y a aussi une fille avec des yeux globuleux, Amanda Seyfried (blop, blop, bulle).
Et sinon dans le fond ? Dans le fond, ce film américain hautement socialiste (oui, c'est possible !) fait l'apologie de la redistribution des richesses et de la mixité sociale, les capitalistes manquent d'humanité et rien de mieux que de sortir avec une racaille pour comprendre c'est quoi la vie en vrai : tout est question de choix, ne pas profiter de son temps de peur de risquer sa vie ou courir follement après pour voir un nouveau jour, même pourri, se lever sur son ghetto.
C'est donc l'amour et l'humain qui gagnent dans ce film plein de bons sentiments. Houuu aux chiottes les méchants capitalistes. On s'est pas fait chier parce que le concept est intéressant, mais c'était tout juste (parce que les prises de position sont un poil molles) !
P.S. : merci au réalisateur de ne pas avoir fait tomber la fille lors des courses poursuites, ça change. Quelles cruches ces filles.
Sinon pour ce qui est du film, bah, on a eu ce qu'on attendait.
Sur le papier, Andrew Niccol est le scénariste du Truman show et réalisateur de Bienvenue à Gattaca, autant dire que c'est plutôt la classe quoi. Bien que la bande-annonce ne sente d'emblée pas le chef-d’œuvre, le postulat de base d'une nouvelle uchronie était alléchant :
Dans un monde ultra-libéral ou l'argent est en fait du temps de vie, les riches vivent retranchés de peur qu'on ne les braque (il suffit de se serrer la pince pour voir ses secondes transférées au mec d'en face). On arrête de vieillir à l'âge de 25 ans, majorité à partir de laquelle on peut commencer à échanger, gagner, dépenser son temps et après laquelle il ne reste théoriquement plus qu'une année en stock (enfin surtout pour les pauvres). Chacun porte un compteur phosphorescent sur le bras, ça brille dans la nuit, un peu comme ce portable si utile quand tu as besoin de faire pipi dans la forêt, tiens d'ailleurs le portable n'existe pas dans ce monde.
Comme souvent dans les films du genre, l'époque est difficilement identifiable, ici légèrement rétro (voitures, téléphones et méchantes brutes entre T-Birds de Grease et Sharks de West Side Story), mais moderne dans les vêtements, la conception et la gestion planétaire de la nouvelle richesse, le temps (évolution et transferts à l'échelle mondiale), pas du tout futuriste, mi-figue mi-raisin quoi, Niccol n'a pas voulu se mouiller. Ou peut-être qu'il n'a pas eu le budget, toute les subventions étant passées dans la luxueuse villa des Weis et du coup y avait plus que 12 dollars pour le reste des décors...
Dans le 'ghetto', la population vit au jour le jour, soumise à un travail aliénant, grosses usines et uniformes rappelant très vaguement d'autres grands frères plus ambitieux (Soleil vert ou l'indétrônable Brazil).
L'avantage de mettre au scénario qu'on arrête de vieillir à 25 ans (mais pourquoi ??), c'est aussi de pouvoir se goinfrer avec toutes les nouvelles têtes à la mode. Justin Timberlake porte un rôle qui lui va bien et qu'il joue correctement, on aurait alors pu s'attendre à voir son complice de Disney Ryan Gosling qui a tellement le vent en poupe en ce moment, mais non, on y verra plutôt Vincent Kartheiser et son insupportable petite bouche rubiconde et humide, à l'identique de son rôle de Prout Campbell dans Mad Men, ou le Robert Fischer d'Inception, alias Cillian Murphy. Y a aussi une fille avec des yeux globuleux, Amanda Seyfried (blop, blop, bulle).
Et sinon dans le fond ? Dans le fond, ce film américain hautement socialiste (oui, c'est possible !) fait l'apologie de la redistribution des richesses et de la mixité sociale, les capitalistes manquent d'humanité et rien de mieux que de sortir avec une racaille pour comprendre c'est quoi la vie en vrai : tout est question de choix, ne pas profiter de son temps de peur de risquer sa vie ou courir follement après pour voir un nouveau jour, même pourri, se lever sur son ghetto.
C'est donc l'amour et l'humain qui gagnent dans ce film plein de bons sentiments. Houuu aux chiottes les méchants capitalistes. On s'est pas fait chier parce que le concept est intéressant, mais c'était tout juste (parce que les prises de position sont un poil molles) !
P.S. : merci au réalisateur de ne pas avoir fait tomber la fille lors des courses poursuites, ça change. Quelles cruches ces filles.
14 février 2011
The King's Speech - Tom Hooper - 2010
B'b'b'b'b'b'b'b'bBonjour! J'j'j'j'j'j'j'je parle c'c'c'c'comme une harley c'c'c'c'c'c'coincée dans les bouchons, j''j'j'j'j'j'j'j'j'je suis ?
Alors King's Speech c'est l'histoire de Don King qui monte sur le ring. Mais avant d'enfiler ses gants, il fait un speech. Nan, c'est pas vrai.
En vrai, King's Speech, c'est un nouveau sandwich à la langue de chez Burger King. Nan, c'est pas vrai.
Pour de vraiment vrai, The King's Speech, c'est l'histoire de l'arrière-grand-père par alliance de Kate Middleton, alias l'arrière-papi de William d'Angleterre, le papa de madame la Reine pastel qui fait des coucous à la plèbe depuis son balcon. Et donc le papa de la Momie était bègue, parce que son propre papa n'était pas sympa, sa mère un peu rèche et son frère, l'héritier proclamé du trône, ouvertement allergique aux protocoles royaux.
Propulsé au pouvoir tel un suppositoire intra-muros, Bertie le bègue se voit contraint de "consulter". Heureusement que pendant ce temps, sa petite femme écume les pages jaunes de Londres pour trouver le thérapeute capable de résoudre le défaut d'élocution de sa tendre moitié. Et ce thérapeute, c'est une sorte de David Lynch sans les cheveux blancs. Ses origines australiennes l'autorisent à faire le foufou et à être légèrement décadent, contrastant ainsi avec la rigor mortem de la famille royale et de son entourage. Son bureau est très joli mais mal entretenu.
King's speech est il un film intéressant ? Non, à peine sympathique (quand même, t'y vas un peu fort, je trouve). On s'ennuie sec malgré les déconnades du roi des bègues et son thérapeute. Pourquoi s'ennuie-t-on ? Parce que le film ne tient pas ses promesses et la première, pourquoi le roi bégaie, n'est pas creusée et n'apporte rien au récit. La réponse n'est pas creusée mais bâclée. On a une vague idée du poids du protocole sur le bégaiement du roi. Les liens familiaux semblent jouer sur son malaise, mais il n'en sort pas grand chose. Le roi George VI reste aux talons de son frère pour guetter le faux pas et prendre le trône (dit comme ça, on pourrait croire qu'il y a du suspens mais non, c'est l'histoire, c'est déjà écrit), comme ça il a un peu de travers. Sinon, il s'est fait un nouvel ami, son thérapeute, un homme du peuple et tout le monde est content.
Excusez-moi de me contredire, dans un billet je précisais que je n'irais pas voir ce film. Le problème c'est que lorsque l'on est siamois, ce que va voir l'un, l'autre le voit aussi. Bref, épargnez-vous le déplacement. Le baratin, les oscars, etc... c'est juste pour remplir les cérémonies.
18 janvier 2011
Mon Oncle - Jacques Tati - 1958
Du haut de mes 10 ans et de ma petite vie bien rangée par ma grosse maman femme au foyer, mon oncle est un bel hurluberlu. Il n'a pas de voiture comme nous et tous les autres nouveaux heureux consommateurs des années 50, mais un vélo (un solex) avec lequel il se faufile dans le trafic. Il ne vit pas dans une maison froide et cubique et tellement design avec tout un tas de gadgets tellement complexes qu'ils en sont inutilisables, mais dans une vieille bicoque tordue dans un recoin de la ville qui sent bon la vieille France. Et puis il n'a pas de travail, c'est pas comme papa, n°1 d'une boite qui chie du tube en plastique à n'en plus savoir qu'en faire.
Chez Tati, il est souvent question de railler les petits travers d'une société qui s'ouvre à la modernité, à la consommation, qui aime se montrer, que tout soit parfait, que les apparences soient sauves (voir la scène récurrente de la fontaine que l'on met en route uniquement lorsque des étrangers passent le portail !).
Le film suit donc les aller-retour de l'oncle (Tati lui-même) de chez lui à chez sa sœur (la dondon de la maison Le Corbusier), en passant par l'école du petit Georges, l'usine de papa et le quartier franchouillard où les enfants font des crasses aux passants. Toujours est-il que sous la comparaison sympatoche, le portrait sociétal, bah on se fait un peu chier. On baille aux corneilles, même. Tati a beau être cité et récité à tort et à travers (chez Jeunet, Ozon, dans les Triplettes de Belleville ou plus récemment l'Illusionniste) son œuvre sent la poussière de grenier. Il n'en reste qu'une poésie naïve, centrée sur M. Hulot, qui fait sourire souvent, rire parfois. Mais le discourt franchouillard et manichéen du Frigidaire VS la cave à vin laisse de marbre. L'absence de péripéties (c'est du 100% cinéma français, j'vous le garantis ma p'tite dame) laisse le récit creux et le spectateur loin des préoccupations des personnages (mais en ont-ils d'ailleurs ?).
Mon oncle et l'œuvre de Tati dans l'ensemble restent à découvrir (les dimanche de pluie en faisant du tricot), au moins pour son audace visuelle, ce qui le démarque de beaucoup de ces semblables.
30 novembre 2010
The Inside Job - Charles Ferguson - 2010
Si vous avez loupé les cours de finance de votre cursus universitaire CIPAV+5 et que vous souhaitez vous informer d'une nouvelle manière dont les gros poissons nous bouffent, nous les petites crottes de l'océan, The Inside Job est un résumé très concis de la vie de requin en milieu financier. Mis à part de sombres tableaux tentant de m'expliquer le fonctionnement des CDO et autres créances toxiques basées sur du vide, j'ai personnellement pas mal apprécié de savoir qu'Obama a repris exactement les mêmes mecs (présents depuis 30 ans) que les gouvernements précédents, oui, ceux qui ont œuvré pour que le marché ne soit surtout pas régulé et qui sont pour certains les anciens dirigeants des boites incriminées... Sick sad world, yes we can ! (ça peut être pratique pour ceux qui ne lisent pas la bonne presse... tout le monde... ah merde... tu m'étonnes qu'on en soit arrivé là)
Inutile de vous dire que y avait du costard à tous les étages et de la cravate rayée à foison parmi les intervenants, comme cette parfaite tête de tib que vous pouvez voir ci-contre. La bafouille, le cafouillage, le déni, la suée du front, la langue de bois, le mensonge pur et simple ou le détour grotesque vers un autre sujet étaient de rigueur face aux questions directes du réalisateur, ce qui facilitait grandement l'aversion envers les méchants.
Ensuite, pour changer de sujet, tout en restant dans la même bassine d'eau croupie, j 'ai entendu ce matin aux infos que le déficit de l'Etat français est noté AAA (indice de sécurité le plus élevé sur les marchés financiers, indiquant qu'on peut investir sans craindre de perdre ses billes en or), mais il se trouve que, hasard des coïncidences, The inside Job nous montrait justement combien les organismes de certification étaient verreux comme des vieilles pommes flapies et totalement en bizbiz avec les boites qui se faisaient du fric sur des créances pourries (comprendre alors un déficit français pourri?).
A part ça, DSK et Christine Lagarde font vraiment honneur à la langue de Shakespeare, ça change du nabot gesticulant si franco-français-doyouwantmetogobacktomyplane-casse-toi-pauv'con. Passées ces quelques éloges, The Inside Job se présente, formellement, comme un vulgaire powerpoint de congressiste en nœuds serrés pour neuneu wannabe smart butiwillvotesarkozyagain. La musique omniprésente est encore plus saoulante qu'un concert d'ascenseur de Richard Kledermann et la pauvreté en images d'archive se voit compensée par des plans en hélico sur les tours de verre de la finance américaine (sur deux heures, ça finit par gonfler). Le seul point fort du film est que le réal est si bien documenté qu'il ne se fait avoir par aucun de ses interlocuteurs ; autrement les informations powerpoint sont si lourdes en sigles et le parcours fléchés sinueux qu'à la sortie on ne retient rien... Ah si, "ils sont tous pourris". Car finalement c'est la seule motivation du réalisateur : nous dresser un portrait racoleur de ces financial dumbs, façon Zone interdite. "EN EXCLUSIVITE": une maquerelle de wall street se confie..." pour nous dire quoi ? Les banquiers et les traders dépensent des fortunes en putes, coke et gogo gadgets... Quel scandale... C'est pour cela qu'ils ont fait joujou avec l'argent. Encore une fois, Ferguson était si bien préparé qu'il pouvait se passer de ce détail. Il nous explique à nous les Européens (entre autres) que nous avons su appliquer les mesures adéquates face à la crise, contrairement à Obama. Ferguson a rêvé, mais il y croit. Puis enfin il tente de nous ramener sur le campus des grandes facs américaines pour dénoncer la corruption des profs, qui touchent des "à côté" astronomiques et mettent de la merde dans la tête des étudiants les plus favorisés. Contrairement aux pauvres (que l'on entend peu dans le film) qui ne peuvent plus aller à l'école.
Alors pour nous consoler avec un plan tournoyant (à la Michael Bay) sur la Statue de la liberté au levé du jour, Charles Ferguson nous rappelle, assisté de la voix pleine d'espoir de Matt Damon, qu'en s'accrochant on va y arriver et que c'est un combat qui vaut la peine d'être mené... Oui... mais lequel ? Et comment ?...
Alors pour nous consoler avec un plan tournoyant (à la Michael Bay) sur la Statue de la liberté au levé du jour, Charles Ferguson nous rappelle, assisté de la voix pleine d'espoir de Matt Damon, qu'en s'accrochant on va y arriver et que c'est un combat qui vaut la peine d'être mené... Oui... mais lequel ? Et comment ?...
4 octobre 2010
Hors la Loi - Rachid Bouchareb - 2010
Hors la loi c'est une saga familiale, un peu comme Le château des Oliviers ou Tramontane. Sauf qu'en fait, rien à voir.Ça commence en Algérie où le french colon refuse l'indépendance demandée par le peuple. Les manifestations sont réprimées dans le sang et le papa de l'histoire meurt. Restent trois fils. Comme les trois petits cochons, chacun s'est construit sa maison : Abdelkader (Sami miam Bouajila) l'intellectuel au regard de braise derrière ses lunettes a la plus robuste, celle construite avec les idées et l'intégrité (en plus il fait de la prison, tu parles d'une maison robuste !). Le second, Messaoud (Roschdy miam Zem) s'est engagé dans l'armée pour combattre en Indochine des ennemis qui ne sont pas les siens (Contrairement à Mohamed Ali). Sa maison de bois, il l'a construite avec ses muscles et des idéaux de fraternité, d'ordre et de soumission (?) envers la France. Le dernier, Saïd (joué par Jamel Theuriau) s'est vite-fait monté une cabane en paille, entre deux matches de boxe qu'il a organisé. C'est d'ailleurs lui, le petit débrouillard un peu borderline, qui rejouera à peu de chose près une scène du Parrain.
Chacun des frères représente donc un degré d'engagement politique, d'intégrité, de respect des lois ou d'opportunisme qui changera pas du début à la fin du film. Qui s'affirmera même une fois arrivés en France, dans les cahutes du bidonville de Nanterre. Chacun campera sur ses positions, au risque d'y perdre la vie ou de trahir ses frères.
Pour en revenir à l'actualité, ce film n'a absolument rien d'anti-français : venant d'un réalisateur français et de comédiens français, c'est quand même une insinuation absolument débile (un peu de critique assainit l'esprit d'une nation, c'est évident). Il raconte seulement un épisode de l'histoire, sanglant et violent dans chacun des deux camps. D'ailleurs Bouchareb rappelle qu'entre le terrorisme et la résistance, il n'y a très souvent qu'une question de point de vue. Les nazis rappelaient aux peuples occupés que les résistants étaient des terroristes... ça laisse à réfléchir sur le martelage d'aujourd'hui : les jeunes de banlieue ("ben oui dans le Droit de savoir, ils l'ont bien dit") ; les musulmans ("Mon dieu un Quick'n'Toast Hallal !"; "Quoi? Une mosquée près de ground zéro? Je vais bruler des Cor'an le jour de l'aïd el fitr !") ; les libanais ("Rasons des maisons, ils ont deux de nos soldats !"), les Palestiniens ("Contre un jet de pierre, je réplique au missile !"), Al Quaida (heu... mauvais exemple).
Malgré sa longueur évidente et une réalisation manquant parfois de relief, on ne peut pas nier la qualité du scénario et des comédiens. A en juger par la très belle scène au parloir entre Sami Bouajila et Chafia Boudraa (énorme dans son rôle de mère des 3 petits cochons), qui est surement ma préférée du film. Malgré tout, Bouchareb perd parfois ses personnages en route. La conviction d'Abdelkader (Bouajila) conduit le film ; "la vie de rêve" de Tony Montana (Debbouze) n'appartient qu'à l'exposition, il ne sera là que lorsque l'on aura besoin de lui ; alors que la nouvelle vie de Messaoud (ZemZem comme la fontaine) entre père de famille et bras armé du FLN reste floue et se contente de deux croisements dans les rues du bidonville de Nanterre du type :
"Salut chérie, je viens de tuer 2/3 français et toi, tu fais quoi ?... Ah, tu accouche de mon fils ?... bon ben je ne vais pas trop te déranger alors, je repasse."
et
"Salut chérie, t'as fait à bouffer? J'ai la dalle, je viens de butter un inspecteur dans un commissariat, j'suis plus fort que Terminator, hein?... Ah bon, mon fils sais marcher... j'suis content de l'apprendre. A bientôt."
Oui "Hors la loi" n'est pas un chef d'œuvre mais ils parvient très bien à nous faire oublier le téléfilm larmoyant pour le samedi 20h30 de France 3 que fut... je ne connait plus le titre du film... désolé.
24 septembre 2010
The Town - Ben Affleck - 2010
Décidément, Boston est une ville chère à Ben Affleck. Après Gone Baby Gone, la première ville de la Boswash (à googleliser) est le théâtre du 2ème long métrage du DareDevil mou dans son cuir.Exit la cité ouvrière, c'est direction Charlestown, quartier de Boston réputé pour être une ruche à braqueurs. The Town est à nouveau une adaptation, c'est la nouvelle de Chuck Hogan "Prince of Thieves" qui passe à la casserole de l'oncle Ben (y a quoi en accompagnement, du riz ? ahahah).
Une bande de quatre jeunes braqueurs, dont Ben est le cerveau, dévalise une banque et prend en otage la "Bank Manager" (tu connais pas le terme en français ou quoi ? Tu veux retourner en Roumanie, toi aussi ?), une sublime trentenaire (si les conseillères du CIC la villette pouvaient toutes être comme ça... Je demanderais plus d'agios) (ah oui, t'es sûr ? Je vais te couper les cordons de la bourse, moi). Seulement le cerveau du groupe en pince pour elle. Chargé de la surveiller après le casse, il va entretenir une très étroite filature.
Idée bien intéressante, mais le premier pépin c'est Ben, le prince des braqueurs. Imaginez Casimir dans le rôle de Tony Montana...(impossible, Casimir est trop gros pour porter des chemises disco !) l'exagération est voulue mais l'idée est là.
Deuxième pépin (genre pépin de citrouille Halloween) (Allo, Win ? Ici Trouille), Benny nous rappelle explicitement que nous sommes à l'ère des Experts et induit une certaine connaissance des procédures d'investigation chez le spectateur ; seulement il commet lui même la "monumentale erreur". Miss Bank Job (tu voulais pas écrire hand job ?) (non, blow job!) se voit relâchée dans la nature après son interrogatoire par le FBI (elle est considérée comme complice), où elle précise que son permis est dans la poche des braqueurs, donc il savent où elle vit et qui elle est... Bien entendu le brave Benny vient la surveiller mais pas un Fedz à l'horizon. Il faudra attendre la troisième partie pour que John "Mad Men" Hamm (oh ouiiiiiii, Doooooon Drapeeeeer !) se penche sur son dossier (ouais mais attend, c'est pas de sa faute, il a un deuxième job dans une agence de pub, il doit être fatigué, moi je lui pardonne !) pour avoir le déclic.
Ainsi Affleck parvient à conserver la seule réussite dramatique du film, la romance entre le voyou et la brune en tailleur (chabadabada avec un lambda en lada). Car si les flics tombaient directement sur le bandit en filature... y aurait pas de romance (ha oui, ce serait ballot, c'est quand même la moitié du film). Le manque certain de connaissances du milieu qu'il dépeint se ressent dans ce choix cornélien. Un principe dramatique dit (quand il est invité à dîner en ville) qu'une bonne maitrise du réel suffit pour faire tenir une histoire. Donc, Oui ! Affleck manque de ressources pour assumer son ambition de naturisme (hoo, elle est bonne, le naturalisme en prend un coup dans les dents ). Des erreurs de détails comme celle-ci, le film en compte bien d'autres : les jumelles depuis la fenêtre pour mater une maison quadrillée par le FBI... donc dispositif anti-sniper (le reflet des lentilles...) (rhoo, ça c'est clair, avec ses pauvres jumelles en plastoc, le Ben allait faire des reflets de mille mégawatts...) ; Ben Afflask qui échappe aux tirs d'un agent à moins de 10 mètres, planqué dans un blindé (qui aurait pu donc s'appliquer un minimum) etc. Des détails certes, mais le plus gros n'est pas là (ha, ça me rassure, maître Capello du détail policier).
Benny croque un triangle amoureux avec sa girl next door (shootée avec un mouflet sur les bras) et sa brunette de banquière qui ne mène nulle part. Une paternité pour le héros pas très évidente, un amour de jeunesse (la tib d'à côté) qui dès le début assume ce statut. Elle apparait d'ailleurs au début du film dans une sex-scène aussi hardante que Liliane Tibancourt dans playboy (quel connaisseur ! C'est l'histoire du gode en or qui te fait dire ça ?). Benny The Tib acceptant l'avance de sa fuck-friend, la prend assis sur son fauteuil, lui en T-shirt et elle n'a même pas le soutif défait (je vais t'en foutre moi des soutibs défaits, sale pervers)... UN PEU DE DÉSIR MERDE, il tib un coup quand même, c'est pas des vieux ! Hop, la fille de mauvaise vie ressurgit après avoir été éclipsée durant tout le second acte pour nous dire: "Hey tib you si the love triangle?".
Que dire de son postulat de départ ? Il est inséré par des cartons où il nous explique qu'à Charlestown, on est braqueur de père en fils. C'est bien, surtout avec un personnage principal qui a des comptes à régler avec son père taulard (et Ben, tu crois qu'il en veut à son père ?). Seulement là encore, on nous donne un os à ronger et le plus triste c'est de voir le réalisateur s'excuser, via un carton de fin, d'avoir fait un film sur les braqueurs de Boston. Il ne veut contrarier personne (il doit trop regarder le Grand Journal de Canal, c'est tout !).
C'est ça le problème avec Affleck, comme dans son jeu, sa mise en scène n'a aucune force dramatique, sauf lorsqu'il enfonce des portes ouvertes avec sa love story (à la vue du plan final, la salle s'est mise à rire) (ouais, et s'il avait été là, ça l'aurait blessé le pov').
Cela dit The Town n'as pas que des défauts. Jeremy Renner (Démineurs) confirme son talent en frère ennemi nihiliste qui dérape dans la violence. Le lien entre Doug et Jem (Ben & 'Remy's) (oh ! je l'ai comprises qu'en deuxième lecture celle-là !) rappelle Will Huntib. L'un des points forts d'Affleck est de privilégier des acteurs qui ont une gueule d'américain moyen, Rebecca Hall, Renner et surtout Pete Postlethwaite, allez voir Gone Baby Gone pour vous en convaincre.
C'est vrai ! Ce type possède un univers. Mais surtout, le point fort de The Town c'est l'action, rythmée et haletante (oui, j'ai effectivement haleté d'ennui à un moment). Elle offre quelques moments de bravoure au réalisateur malgré une mise en scène confuse par moments (gun-fight dans les sous-sol du stade).
Beaucoup citeront (citron) Heat pour les fusillades sur des flics dépourvus (de... ?) ou la cavale sans issue certaine des bandits ; mais Affleck n'a ni l'esthétisme, ni la force dramatique et ni l'envergure d'un Michael Mann. Bien qu'ayant des points communs avec la chaleur du grand Manitou, Oncle Benny se veut plus classique (à la Clint mais en catégorie débutant). Donc de The Town on retiendra la course poursuite des nones aux fusils d'assaut, un Jeremy Renner plein de promesse et une histoire d'amour plutôt originale qui ne dépassera pas nos espérances (ah je comprends, t'as pas pu voir son cul alors t'es dégoûté, hein, petit cochon !). Continue Benny continue tu tiens ton trèfle à 4 feuilles.
23 septembre 2010
Notre jour viendra - Romain Gavras - 2010
Ode aux cheveux de feu (pour le plaisir de Brice Hortefeux). Raillés pour leur pilosité orange, leur peau laiteuse, leurs taches rousses, leur soi-disant odeur, les roux s'en sont toujours pris plein la gueule (sauf sûrement dans le United Kingdom of Red heads) (là où Brice aimerait les envoyer). Si en plus de ça, on est une pauvre victime du ch'nord, inhibée par des années de maltraitance, aussi bien sociale que familiale, ça n'arrange pas les choses.Rémy la victime au tapis capillaire blond vénitien quitte donc son foyer et croise la route le Patrick, roux repenti que les années ont transformé en carotte poivre et sel. Les combattants sont sur le ring, la cloche a sonné. Rémy la serpillère contre Patrick le tout puissant. Rémy le fœtus face à Patrick l'initiateur, qui va l'ouvrir à ce que peut-être la vie quand on s'assume et qu'on la prend en main au lieu de subir.
Barthélémy le mou, le fade, le forcé, n'arrivant même pas au genou de Cassel (C'est gentil s'il dépasse la cheville), l'immense. Sur ce postulat de départ, le première moitié du flim est plutôt agréable, entre les Valseuses (tiens, encore ?) et Orange mécanique (elle est un peu tibée par les cheveux celle-là). L'initiateur enfonce les portes, l'initié suit, passif, découvre, se retranche, puis fait caca dans une station essence (c'est le pivot du film). Les rôles s'inversent alors. Et là commence l'interminable fin, où l'on se veut totalement déglingos. L'initié prend les rennes, prophète à l'aube d'un nouveau règne, en route pour la terre promise, l'Irlande. Sur le chemin, c'est la vendetta sanglante, aveugle, aléatoire, (la recherche de l'identitib sexuelle, offre un passage sympa) mais au final, c'est plutôt du n'importe quoi (et c'est la même fin que le bruit des glaçons.... rhoooo Tiiiiiib).
Cela dit, il est difficile de cracher pleinement (on aimerait bien mais il n'est pas français comme les autres ce film) sur un film comme Notre jour viendra, qui a tout de même le mérite de ne pas trop se regarder le nombril, de ne pas être tourné à Paris, de ne pas avoir Kad Merad au casting et de présenter un postulat de départ plutôt original (bien que familier).
31 août 2010
The Expendables - Sylvester Stallone - 2010
Ce billet est sponsorisée par la NRA.Un homme aux pommettes fraîchement roses, aux paupières incroyablement liftées et à la bouche semi-pendante s'approche :
Bonjour, je suis Sylvester Stallone, vous m'avez sans doute déjà vu dans Rocky XIII, Rambo VIII, Arrête ou ma mère va tiber ou encore Tibhanger...
Un papi en complet beige tout claudiquant, s'approche :
Bonjour, je suis Arnold Schwarzenegger, je suis actuellement gouverneur de Californie, mais vous avez dû me voir dans la peau de Mr Univers en 75, ou dans des films tels que Tibminator, Total recall ou La course au jouet...
Un vieux rockeur méga bouffi aux cheveux filasses s'approche :
Bonjour, je suis Mickey Rourke, je suis maintenant ravagé par l'alcool et la chirurgie, mais vous devez m'avoir admiré dans Rustib James, 9 semaines et tib et plus récemment dans The wrestler...
S'approchent de concert Jason Statham (encore trop jeune et sexy pour sembler sur le retour de la dernière chance), Bruce Willis (rien à dire), Jet Li (un chinois avec les joues vérolées), Dolf Lundgren (version flappie), et Randy Couture (qui ferait mieux de se faire retaper les oreilles) .
Bonjour, nous sommes les Expendables !
A dos de moto ou d'hélico, les expendables s'en prennent aux voyous du monde entier. Amitié virile, fusils mitrailleurs, pépée exotique et motos sont au programme, histoire d'envahir les salles de ciné de testostérone parfumée au pot d'échappement. Le film a le mérite d'être assumé, même si avec tant de rides et de muscles flapis au final on se dit, bah dis donc, il est temps de s'arrêter les mecs ! Mais bon, ça faisait au moins 15 ans que l'on attendait, alors pourquoi s'en priver. Un film fait pour nous les hommes ! Avec nos héros d'enfance et la nouvelle garde du cinéma d'action, c'est tout un trip de cinéphile en culotte courte qui nous revient et dès que l'on sort de la salle on se met à revivre nos moments préférés en les mimant ou en se chamaillant sur qui est le plus fort, certainement pas St Yore !
Tatoo, soirée fléchettes autour d'une bière, ballade en deux roues après une mission bien remplie et quand une ex pour qui on en pince se fait molester par son nouveau compagnon... on lui casse les dents ! Voilà à qui s'adresse The Expendables, aux mecs et aux donzelles à qui ça plait. Pour celle qui préfère les crevettes en jean slim qui s'épilent et qui se balladent le dimanche au parc de Vincennes avec un pull over sur les épaules, il vous reste l'Arnacoeur ou des films de métrosexuels avec Jennifer Aniston et Jude Law.
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